Église catholique en Lozère
17 avril 2024 |

« Vous tous qui avez été baptisés… »

« Vous tous qui avez été baptisés… »

 

Dans son éditorial du mois de mars dernier, notre évêque Mgr Benoit BERTRAND, nous a entretenus des « catéchumènes ».

Il m’a semblé intéressant, et ce pour plusieurs raisons, que le vicaire général fasse suite, à sa manière et en continuité, à cette réflexion, en vous entretenant cette fois des « nouveaux baptisés ».

Ceux que la grande Tradition de l’Eglise appelle : néophytes ! C’est à eux, en particulier, que dans l’Eglise ancienne, comme c’est toujours le cas en Orient, s’adressait jusqu’à la Pentecôte l’antienne : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia ». Comme une exultation à vivre un jour, et tous les jours !

Ils sont 9 les catéchumènes de Lozère à être depuis la nuit pascale, des « néophytes », rejoignant ainsi ceux, nombreux, qui en France ont reçu le baptême. 31 % de plus en cette année 2024 que l’année passée.

C’est un motif de joie, d’action de grâce, bien, réelle ! Mais faut-il s’arrêter là ? Non, bien-sûr ! Mais de quelle façon ?

Une réflexion du cardinal Jean-Marc AVELINE, archevêque de MARSEILLE, lors de sa première conférence de carême, il y a quelques semaines comportait cette exclamation au détour d’un paragraphe : « si tous les catéchumènes qui sont baptisés à Marseille chaque année participaient ensuite, régulièrement, à l’Eucharistie dominicale… il faudrait bâtir une nouvelle église année. »

Constat partagé !

Le chemin baptismal de nombre de nouveaux baptisés est régulièrement un peu timide. Teinté d’une pointe d’incertitude. Parfois légèrement « poussif ». Mais, le dynamisme de la grâce ne s’étale-t ’il pas dans le temps ?

Deux axes, ou attitudes, sont peut-être à considérer. D’ordre à la fois, humain, évangélique, missionnaire : se construire ; construire !

Se construire : après le baptême, il reste à construire, nombre de choses, du cœur, mais aussi de l’intelligence. Dans sa Lettre pastorale de 2020, notre évêque en fait un point fort de l’aspect missionnaire : « à quoi Dieu m’appelle-il en termes de formation pour croire avec intelligence ? ». Un baptisé adulte une petite année après son baptême, m’a dit un jour : « j’avais encore faim, sans savoir où m’adresser ! » Ce qui nous parait connu des propositions formatives ne l’est pas, forcement, toujours.

Construire : devenir partie prenante de la mission du Christ à sa place et à sa mesure est essentiel. Il faut y veiller chaque fois, et encore, en proposant que les « nouveaux prennent leur place ». Il est fondamental de ne pas se sentir de trop. « Car Dieu se dit toujours à plusieurs voix… L’esprit-saint donne à chacun en pensant à tous. » Notre évêque a raison. Encore faut-il que chacun ait l’occasion même modeste de l’exprimer. Ces quelques considérations sont écrites en confiant les prénoms de chaque nouveau baptisé de chez nous. Les prononcer, c’est les rejoindre, pour nous rejoindre.

Les voici : Clément, Eugénie, Hechmi, Julie, Léa, Margaux, Marjolaine, Martine, Morgane.

Beau Temps pascal !

 

 + Père Christian Michel
Vicaire général du diocèse de Mende