Église catholique en Lozère
16 mai 2026 |

Vœux de Mgr Pelletier pour l’année 2026

Bonjour à tous… Merci d’avoir répondu à cette invitation… Heureux de vivre ce moment convivial ensemble… Présenter mes vœux est une première pour moi comme évêque de Mende.

Il est une belle tradition que d’offrir des vœux au seuil d’une année nouvelle… Vœux à chacune et chacun d’entre vous personnellement, santé et paix de l’âme et du corps… vœux pour vos proches, … vœux de paix pour notre monde, vœux pour nos communautés chrétiennes, vœux de communion, de bienveillance … vœux de bonté et de sainteté pour tous.

A plusieurs reprises l’année passée, ma maman qui va avoir 90 ans cette année, me demandait avec inquiétude si toutes ces guerres, catastrophes, ne sont pas l’annonce de la fin, en faisant référence au livre de l’Apocalypse ! Il est vrai : les nouvelles et les évènements de notre monde sont anxiogènes ! Notre monde n’est pas serein : les changements climatiques, le malaise du monde agricole, de nombreux lieux de conflits, le droit de la force qui semble prendre le dessus sur le droit international, un droit qui protège les plus faibles,.. autant de sources d’inquiétudes qui alimentent un climat diffus de peur. 

Je vous invite à deux attitudes complémentaires : « avoir confiance » et « ne pas avoir peur ».

Dans l’évangile d’hier, nous pouvions entendre cette parole de Jésus : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ! ». Je vous rappelle le contexte : Jésus a renvoyé la foule qu’il vient de nourrir en multipliant les pains. Il oblige les disciples à prendre la barque pour aller sur l’autre rive pendant que lui se retire pour prier. En fin de nuit, Jésus s’approche de la barque en marchant sur les eaux. Les disciples ont peur, pensant avoir affaire à un fantôme. Or c’est Jésus qui les rejoint et leur dit : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ! ». « N’ayez pas peur ! », c’est ce que je vous souhaite pour cette année, « N’ayez pas peur » et CONFIANCE.

Pour beaucoup d’entre nous, nous nous souvenons de cette première parole du pape Jean-Paul II venu de l’autre coté du rideau de fer : « N’ayez pas peur », « N’ayez pas peur, ouvrez grandes les portes au Christ » disait-il en s’adressant particulièrement aux jeunes. Benoît XVI l’a repris à l’homélie de l’ouverture de son pontificat : « N’ayez pas peur du Christ, il n’enlève rien et il donne tout ! ». Le pape François aussi a invité à ne pas avoir peur.

Je vous invite à entendre cet appel comme un vœu pour cette année : non pas une affirmation que l’on se répète pour se rassurer et s’en convaincre, telle la méthode Coué. Non pas en ce sens.

L’invitation à ne pas avoir peur, parce que le Christ nous assure de sa présence : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ». Le Christ n’a pas promis à ses disciples l’absence de difficultés, mais il a promis sa présence et sa joie. « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et qu’elle soit parfaite » (Jn 15,11).

La peur est mauvaise conseillère et elle nous isole. En effet, la peur peut être contagieuse. Les peurs provoquées par les images de guerre, de violence urbaine, nous rendent méfiant, en particulier vis-à-vis de l’autre : une méfiance, voire une défiance s’installe et fait apparaître l’autre comme une personne dont je dois me méfier. « N’ayez pas peur », « N’ayons pas peur » !

Le pendant à cela c’est la confiance : « « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur » dit Jésus aux disciples dans la barque.

Un autre appel évangélique à la confiance, qui m’est cher puisque c’est ma devise épiscopale : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle ». Ce qui est intéressant ici et que je veux souligner : cette parole dans l’évangile de Marc au chapitre 10 n’est pas de Jésus, mais de la foule. C’est la foule qui s’adresse à Bartimée, ce fils de Timée, aveugle. Or cette foule est celle qui, quelques versets plus tôt, voulait faire taire les cris de cet aveugle qui dérangent. Que s’est-il passé ?  Jésus a entendu le cri de Bartimée et il demande à la foule de lui amener cet aveugle ! Ainsi par l’intervention de Jésus, cette foule passe de l’agacement, pour ne pas dire du rejet …. à l’encouragement, à l’invitation à la confiance. La confiance de Jésus est contagieuse. Ecouter le Christ est une invitation à la confiance pour nous et pour ceux que nous côtoyons !

Puissions nous recevoir du Christ cet appel à la confiance et à être des incitateurs à la confiance.

Je profite de ce temps pour donner quelques nouvelles concernant des chantiers de notre diocèse et quelques points pour l’année qui vient de commencer :

  • La Maison diocésaine : les travaux effectués par le diocèse sont presque finis, il ne reste plus que la chapelle dont on peut espérer la réouverture courant le premier trimestre, du moins d’ici juin.
  • « Habitat et Humanisme » va commencer les travaux courant février avec l’aménagement de 32 logements.
  • Le projet IFSI, l’implantation de l’école d’infirmières, est actuellement au point mort. Nous espérons avoir des nouvelles de la Région durant ce premier semestre.

Autre chantier : l’Ermitage Saint Privat qui a été rénové par la mairie concernant la partie de l’hébergement. Il reste à finir pour le diocèse l’aménagement de la chapelle et des deux grottes. Cela devrait se faire avant l’été. Nous prévoyons un temps de célébration à la réouverture de la chapelle.

Les visites pastorales des paroisses vont se poursuivre : début février celle de Florac, en mars Saint-Chély, en avril Marvejols et Langogne. J’envisage une lettre pastorale d’ici fin 2026.

Je souhaite vous remercier, tous et chacun, pour vos engagements divers : prêtres, diacres, consacrés, LEME, membres des EAP, des ELA, des services diocésains, administratifs. Nous ne pouvons rien faire les uns sans les autres. Nous avons à cultiver la synodalité, et sans cesse la faire grandir.

Je termine ces vœux par une citation de notre pape lors de son voyage en Turquie le 29 novembre dernier : « Nous vivons dans un monde où, trop souvent, la religion est utilisée pour justifier les guerres et les atrocités. Mais nous savons nous autres que, comme l’affirme le Concile Vatican II, « la relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Écriture dit : « Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jn 4, 8) ». C’est pourquoi nous voulons marcher ensemble, en valorisant ce qui nous unit, en démolissant les murs des préjugés et de la méfiance, en favorisant la connaissance et l’estime réciproque, pour donner à tous un message fort d’espérance et une invitation à devenir des « artisans de paix » (Mt 5, 9). »

Cultivons ensemble l’estime réciproque !

+ Mgr Jean PELLETIER,
évêque de Mende