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Mendiants du salut

« Nous sommes ici pour mendier le salut ». Ainsi s’est exprimé le Pape François, au cours de son homélie pour la 2ème journée mondiale des pauvres, le 18 novembre dernier. Mendier, c’est « tendre la main », non pas tant pour recevoir une pièce que pour vivre une rencontre et se sentir appartenir à la même humanité.

« Les pauvres sont l’Église », disait déjà le Père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement Aide Toute Détresse Quart-Monde. Quand nous rencontrons en vérité des très pauvres, quand nous nous laissons déranger et évangéliser par eux, nous nous découvrons plus humbles et plus humains. Avec eux, nous tendons la main vers Dieu. Avec eux, nous désirons être sauvés d’un système qui nous pousse au repli égoïste et à l’indifférence.

Dans nos ténèbres, les lumières de l’Avent vont peu à peu nous conduire vers ce Dieu qui, le premier, nous tend la main. Pour les mendiants du salut que nous sommes, retentira bientôt cette nouvelle dans la nuit : « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur ! ».

Préparons-nous donc ! Préparons nos familles, nos églises et nos communautés à l’accueillir.

François Durand
Administrateur diocésain

 

Evénement

Un nouveau film exceptionnel sur le pontificat du Pape François
réalisé par Wim Wenders

Deux séances spéciales organisées avec les cinémas de Marvejols et de Mende

  • Le mercredi 3 octobre 2018, à 20h30 au cinéma Trianon de Marvejols :
    Projection du nouveau film de Wim Wenders suivie d’un échange-débat animé par le père François Durand, Administrateur diocésain et en présence du père Jacques Rodier, Curé modérateur de la paroisse Saint-Frézal de Marvejols.
    (Entrée bénéficiant du tarif groupe à 6,50€ la place)
  • Le jeudi 4 octobre 2018, à 20h30 au Ciné-Théâtre de Saint-Chély d’Apcher.
    La projection sera suivie d’un débat animé par Père Pierre-Yves Girod de la paroisse Saint-Jacques de Saint Chély d’Apcher.
  • Le dimanche 7 octobre 2018, à 17h15 au cinéma Trianon de Mende :
    Projection du nouveau film de Wim Wenders suivie d’un échange-débat animé par le père François de Froberville de la paroisse Saint-Privat de Mende.

Découvrir la bande annonce

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19577607&cfilm=256396.html

 

Documentaire/ Italien, 1h36 / Réalisé par Wim Wenders

Le film, plus qu’une biographie ou un documentaire, est un voyage initiatique dans l’univers du Pape François qui s’articule autour de ses idées et de son message, afin de présenter son travail, aussi bien que les réformes et les réponses qu’il propose face à des questions aussi universelles que la mort, la justice sociale, l’immigration, l’écologie, l’inégalité de revenus, le matérialisme ou le rôle de la famille.

SYNOPSIS

Le 13 mars 2013, le Cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devient le deux cent soixante-sixième Souverain Pontife de l’Église Catholique. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Évêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Église à avoir choisi le prénom de François d’Assise (1181-1226), un des saints catholiques les plus révérés, qui avait dédié sa vie à soulager les pauvres et éprouvait un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre qu’il considérait comme la mère suprême.

LE PAPE FRANÇOIS – UN HOMME DE PAROLE, est écrit et réalisé par Wim Wenders, cinéaste maintes fois cité aux Oscars. Le film, plus qu’une biographie ou un documentaire, est un voyage initiatique dans l’univers du Pape François. Fait assez exceptionnel, le film est co-produit par le Vatican et s’articule autour des sujets aussi universels que la mort, la justice sociale, l’immigration, l’écologie, l’inégalité de revenus, le matérialisme ou le rôle de la famille.

Cette symphonie de questions est le cœur du film. Mais la caméra suit également le pape dans ses nombreux voyages aux quatre coins du globe, à travers des scènes où l’on observe Sa Sainteté s’adresser aux Nations Unies, au Congrès américain, se recueillir avec la foule sur le mémorial du World Trade Center, Ground Zero, ou encore à Yad Vashem, le monument commémoratif mondial de l’Holocauste à Jérusalem. On le voit également discuter avec des détenus en univers carcéral et des réfugiés dans des camps méditerranéens. On le suit à travers le monde, de la Terre Sainte, en Israël et en Palestine, à l’Asie, en passant par l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Tout au long du film, le Pape François nous fait découvrir sa vision de l’Église, à quel point il est préoccupé par la pauvreté, son engagement en matière d’écologie et de justice sociale ainsi que son appel à la paix dans les conflits armés et les guerres de religions. La présence de Saint François d’Assise plane également sur le film, rappelant l’origine du nom que s’est choisi le Pape, à travers certaines scènes emblématiques de la vie du saint homme réformateur et écologiste.

NOTE D’INTENTION DU RÉALISATEUR WIM WENDERS

« Le 13 Mars 2013 a été une journée exaltante pour deux raisons : Nous avions un nouveau Pape et le 266e Souverain Pontife de l’Église Catholique était le Cardinal de Buenos Aires Jorge Mario Bergoglio. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Évêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Église à avoir choisi le prénom de François. Saint-François d’Assise (1181-1226), est un des saints catholiques les plus révérés, un réformateur qui a dédié sa vie à soulager les pauvres et éprouvait un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre qu’il considérait comme la mère suprême. Comme moi, beaucoup de personnes sur la planète, ont placé les plus grands espoirs en ce Pape qui a choisi un patronyme qui en lui seul constitue déjà une promesse.

LE PAPE FRANÇOIS : UN HOMME DE PAROLE, plus qu’une biographie ou un documentaire, a été pensé comme un voyage initiatique dans l’univers du Pape François. J’ai voulu que les idées du Pape et son message soient au centre de ce documentaire au même titre que son travail, les réformes et les réponses qu’il propose aux problèmes actuels mondiaux.

J’ai imaginé un concept visuel et narratif qui puisse entraîner le spectateur dans un face-à-face avec le Pape, afin de créer un véritable dialogue entre le Très Saint-Père et le monde. À travers les questions de gens de toutes classes et tous horizons, le Pape François peut répondre aux fermiers, aux ouvriers, aux réfugiés, aux enfants, aux personnes âgées, aux détenus, aux résidants de bidonvilles ou de camps de migrants. Cet ensemble de visages et ces voix forment un échantillon de l’humanité saisi en pleine discussion avec le Souverain Épiscopal.

Le Vatican a insisté sur une transparence totale et m’a littéralement laissé carte blanche, un accès aussi précieux qu’illimité à ses archives, en plus de la décision finale au montage. Ils nous ont laissés tourner sans jamais intervenir. Nous avons filmé quatre longues interviews avec le Pape François, sur quatre après-midis disséminées sur deux ans. Trois d’entre elles ont été filmées en intérieur dans différentes salles du palais, et une en extérieur dans les jardins, mais toujours dans l’enceinte du Vatican. On ne peut tout simplement pas installer le Pape dans n’importe quel parc, comme ça, pour le filmer.

Nous avons filmé à plusieurs caméras, dont la principale était face à un « Interrotron », une sorte de téléprompteur inversé, qui permettait au Pape de me voir à l’écran et de me regarder droit dans les yeux pendant qu’il me parlait. Cela lui permettait de s’adresser directement à la caméra et de regarder dans les yeux les futurs spectateurs. Au cours de ces quatre longues conversations, le Pape a été d’une spontanéité exceptionnelle, et a fait preuve d’autant d’ouverture que de simplicité.

En ces temps troublés où la méfiance envers les politiques et le pouvoir est de mise, où règnent la corruption et la désinformation, notre film permet d’aller à la rencontre d’un homme qui vit selon les principes qu’il prêche et qui a su gagner la confiance de gens de tous horizons, toutes cultures et confessions confondues. C’est pourquoi je suis convaincu que LE PAPE FRANÇOIS : UN HOMME DE PAROLE n’est pas un film uniquement réservé aux catholiques ou aux chrétiens. Le Pape ouvre littéralement les bras à tout un chacun ».

Wim Wenders

 

Flash

Lettre du Pape François publiée ce 20 août 2018 :

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26).

Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.

1. Si un membre souffre

Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé, la douleur de nombre de ces victimes nous est parvenue au cours du temps et nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort, les blessures ne connaissent jamais de «prescription». La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. Mais leur cri a été plus fort que toutes les mesures qui ont entendu le réprimer ou bien qui, en même temps, prétendaient le faire cesser en prenant des décisions qui en augmentaient la gravité jusqu’à tomber dans la complicité. Un cri qui fut entendu par le Seigneur en nous montrant une fois encore de quel côté il veut se tenir. Le Cantique de Marie ne dit pas autre chose et comme un arrière-fond, continue à parcourir l’histoire parce que le Seigneur se souvient de la promesse faite à nos pères: «Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides» (Lc 1, 51-53); et nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame.

Avec honte et repentir, en tant que communauté ecclésiale, nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions, que nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits. Je fais miennes les paroles de l’alors cardinal Ratzinger lorsque, durant le Chemin de Croix écrit pour le Vendredi Saint de 2005, il s’unit au cri de douleur de tant de victimes en disant avec force: «Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! […] La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri: Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25)» (Neuvième Station).

2. Tous les membres souffrent avec lui

L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. Si par le passé l’omission a pu être tenue pour une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur (Cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.228). Cette solidarité à son tour exige de nous que nous dénoncions tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne. Solidarité qui demande de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle, «car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite: la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque « Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2Co11,14) » (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.165). L’appel de saint Paul à souffrir avec celui qui souffre est le meilleur remède contre toute volonté de continuer à reproduire entre nous les paroles de Caïn: «Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère?» (Gn 4,9).

Je suis conscient de l’effort et du travail réalisés en différentes parties du monde pour garantir et créer les médiations nécessaires pour apporter sécurité et protéger l’intégrité des mineurs et des adultes vulnérables, ainsi que de la mise en œuvre de la tolérance zéro et des façons de rendre compte de la part de tous ceux qui commettent ou dissimulent ces délits. Nous avons tardé dans l’application de ces mesures et sanctions si nécessaires, mais j’ai la conviction qu’elles aideront à garantir une plus grande culture de la protection pour le présent et l’avenir.

Conjointement à ces efforts, il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire et nous pousse à regarder dans la même direction que celle indiquée par le Seigneur. Ainsi saint Jean-Paul II se plaisait à dire: «Si nous sommes vraiment repartis de la contemplation du Christ, nous devrons savoir le découvrir surtout dans le visage de ceux auxquels il a voulu lui-même s’identifier» (Lett. ap. Novo Millenio Ineunte, n.49). Apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur, à être là où le Seigneur désire que nous soyons, à convertir notre cœur en sa présence. Pour cela, la prière et la pénitence nous aideront. J’invite tout le saint peuple fidèle de Dieu à l’exercice pénitentiel de la prière et du jeûne, conformément au commandement du Seigneur1, pour réveiller notre conscience, notre solidarité et notre engagement en faveur d’une culture de la protection et du «jamais plus» à tout type et forme d’abus.

Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie2. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui «annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple»3. Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.

Il est toujours bon de rappeler que le Seigneur, «dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine: Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple» (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.6). Ainsi, le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur.

Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Église ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation. La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Évangile. Car «chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui» (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.11).

Il est essentiel que, comme Église, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. Demandons pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée.

En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience.

De cette façon, nous pourrons rendre transparente la vocation à laquelle nous avons été appelés d’être «le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain» (Conc. OEcum. Vat.II, Lumen Gentium, n.1).

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui », nous disait saint Paul. Au moyen de la prière et de la pénitence, nous pourrons entrer en syntonie personnelle et communautaire avec cette exhortation afin que grandisse parmi nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation. Marie a su se tenir au pied de la croix de son fils. Elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière mais bien en se tenant fermement debout et à son coté. Par cette attitude, elle exprime sa façon de se tenir dans la vie. Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il nous est bon «de donner plus de temps à la prière» (S. Ignace de Loyola, Exercices Spirituels, 319), cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Église. Elle, la première disciple, montre à nous tous qui sommes disciples comment nous devons nous comporter face à la souffrance de l’innocent, sans fuir et sans pusillanimité. Contempler Marie c’est apprendre à découvrir où et comment le disciple du Christ doit se tenir.

Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage.

Du Vatican, le 20 août 2018.

FRANÇOIS

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1- «Mais cette sorte de démons ne se chasse que par la prière et par le jeûne» (Mt 17,21).

2- Cf. Lettre au peuple de Dieu en marche au Chili, 31 mai 2018.

3- Lettre au Cardinal Marc Ouellet, Président de la Commission Pontificale pour l’Amérique Latine, 19 mars 2016.