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Communiqué de Mgr Benoît Bertrand, évêque de Mende, concernant la célébration du dimanche en période de confinement pour lutter contre l’épidémie du Coronavirus

Frères et sœurs,

Chers amis,

Le vent mauvais de la pandémie se répand sur notre planète mais aussi, peu à peu, dans notre département. Devant la propagation du virus, les défis se multiplient. Face à l’obligation de vivre confinés dans nos maisons ou appartements, il en est un qui me préoccupe : comment allons-nous, selon nos vocations, âges et états de vie, célébrer le dimanche ? Comment allons-nous vivre les dimanches à venir dans ce contexte si éprouvant pour tous ? Comment nourrir notre vie intérieure sans ce rendez-vous dominical à l’église ?

Il s’agit, tout d’abord, de tenir ce que nous pourrions appeler l’exigence du devoir d’état : garder sérieusement le confinement, être attentifs aux mesures d’hygiène indiquées par les autorités de santé, servir la fraternité là où nous vivons, se donner une règle de vie personnelle ou familiale, soigner les relations par les réseaux sociaux avec des personnes âgées, isolées, handicapées, nous nourrir correctement, faire quelques pas pour prendre l’air, jardiner, lire, jouer avec les enfants, nous tenir au courant de l’évolution de la situation sanitaire, ne pas nous laisser fasciner par certaines émissions de télévision, garder un peu de recul vis-à-vis des commentaires ou des analyses dépressiogènes… De nombreuses préoccupations peuvent très légitimement nous troubler pour notre avenir proche ou lointain, personnel ou collectif. Rappelons-nous que nous sommes dans la main de Dieu et que sa main est solide ! J’aime ce chant de Taizé repris par les jeunes, souvent dans la nuit d’une veillée : « Nada te turbe, nada te espante, solo Dios basta… Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, Dieu seul suffit. »

Les chrétiens ont aussi à sanctifier le dimanche, c’est le Jour du Seigneur. « L’Eucharistie dominicale est source et sommet de la vie chrétienne », dit le Concile Vatican II. Notre participation à la célébration de la messe est donc structurante et constitutive pour nos vies de baptisés-confirmés. Mais le Code de droit canonique ajoute : « Si la participation à la célébration eucharistique est impossible, il est vivement recommandé que les fidèles s’adonnent à la prière pendant un temps convenable, seuls ou en famille » (CIC 1248). Les propositions alors ne manquent pas : messes radio-télévisées (Le Jour du Seigneur sur France 2, KTO, France Culture, RCF…), méditation des textes liturgiques avec les livrets liturgiques (Prions en Eglise, Magnificat...) ou sur les sites internet du diocèse de Mende ou celui de la Conférence des évêques de France… Pourquoi ne pas vivre, en famille, la liturgie de la Parole avec une méditation de l’Evangile du dimanche et ceci en communion avec les communautés religieuses de notre diocèse ? Un acte de communion spirituelle ou de désir vous est aussi proposé.

Bien sûr, les prêtres du diocèse célébreront la messe en privé. Ils prieront pour vous, en particulier pour les malades et les soignants, les défunts et leurs familles. Mais tous, nous avons à célébrer le dimanche. C’est une heureuse invitation, dans l’attente de pouvoir nous retrouver, dans une église ou à la cathédrale, pour célébrer ensemble le Christ ressuscité. Cette période peut être aussi une occasion favorable pour redécouvrir le sens profond de l’Eucharistie.

J’ajoute, enfin, que le Saint pape Jean-Paul II, dans une magnifique Lettre apostolique Dies Domini publiée en 1998, précisait aussi : « L’Eucharistie est un événement de fraternité et un appel à vivre la fraternité… Si c’est un jour de joie, il faut que le chrétien dise par ses attitudes concrètes qu’on ne peut être heureux ’tout seul’. Il regarde autour de lui, pour découvrir les personnes qui peuvent avoir besoin de son sens de la solidarité. Il peut arriver que, dans son voisinage ou dans le cercle de ses connaissances, il y ait des malades, des personnes âgées, des enfants, des immigrés, qui, précisément le dimanche, ressentent plus vivement encore leur solitude, leur pauvreté, la souffrance liées à leur condition. A leur égard, l’engagement ne peut certainement pas se limiter à des initiatives dominicales sporadiques, mais pourquoi, sur le fond de cette attitude d’engagement plus global, ne pas donner durant le jour du Seigneur une place plus grande au partage » (DD, 72). Nous ne pouvons séparer les tables de la Parole de Dieu, de l’Eucharistie et celle du frère. Et, de façon curieuse, avec l’épidémie, la charité envers nos frères et sœurs, passe par le confinement ! Comment allons-nous vivre, par la force de la communion spirituelle, l’isolement sans qu’il soit un repliement ? Il n’y a pas d’Eglise possible sans assemblée… Rattachons-nous, spirituellement et par le désir, à notre communauté chrétienne, notre paroisse. Nous continuons, ensemble, de célébrer la mort et la résurrection du Seigneur.

Je vous redis, chers amis, ma profonde communion fraternelle.

Notre-Dame, Saint Privat et Saint Roch, priez pour nous.

+ Benoit BERTRAND
   Évêque de Mende


Acte de communion spirituelle

Seigneur Jésus, chaque dimanche,
nous sommes invités à nous rassembler pour célébrer ta mort et ta résurrection.
A chaque messe, tu nous redis ta présence dans ta Parole,
dans l’assemblée qui célèbre, chante, prie, écoute.
Tu es présent dans le prêtre qui, en ton nom, préside.
Tu es là présent, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques.

En ces jours, où nous sommes confinés pour nous protéger et combattre le virus,
nous ne pouvons pas nous rassembler dans une église.
Ce jeûne eucharistique est, pour moi, un manque.
Qu’il me donne faim de te recevoir réellement avec ton Corps et ton Sang.

Seigneur Jésus, je crois, de tout mon cœur, en ta Présence.
J’ai le désir ferme d’écouter ta Parole et d’en témoigner.
J’ai le désir ferme de communier à ta Vie, à ta mission
et à ta Présence aimante au milieu de nous.
Viens, en ce dimanche, me visiter spirituellement par ta grâce.
Viens me fortifier dans l’épreuve que nous traversons.
Donne-moi de marcher à ta suite.
Viens Seigneur Jésus. Viens.
  Amen +

Notre Père…

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit…

 

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Mobilisation fraternelle et spirituelle

Frères et sœurs, Chers amis,

Des mesures de mobilisation générale viennent d’être annoncées par le Chef de l’Etat. L’ennemi est là ! Le COVID-19 est chez nous en France et en Lozère. C’est une réalité immédiate et pressante. Des mesures de protections exceptionnelles sont prises. Nous allons donc devoir rester dans nos maisons ou nos appartements… Il est assurément de la plus haute importance, que chacun et chacune, respecte cette décision à la fois grave et inédite. Je demande notamment aux prêtres, aux diacres, aux salariés et aux bénévoles du diocèse de rester chez eux. La maison diocésaine et les accueils paroissiaux sont ainsi fermés à partir d’aujourd’hui.

Entendons aussi le cri des soignants : nécessité des « mesures barrières », de confinement, de restriction de circulation et de contacts. Je le redis, cette épidémie nous oblige, comme citoyen et comme chrétien, à la responsabilité personnelle et collective. Ces décisions vont donc avoir un impact fort sur nos vies individuelles, familiales, ecclésiales, sociales et économiques.

Nous prierons, chaque jour, pour les malades et leurs proches. Nous confierons, chaque jour, au Père des miséricordes les défunts, ceux de nos familles et les très nombreuses victimes du virus à travers le monde. Il nous faut aussi être exceptionnellement reconnaissants envers les personnels soignants. Ils se battent, jours et nuits, pour sauver des vies. Peut-être, dans quelques heures, la nôtre ! Des médecins, infirmières ou aides-soignants vont probablement payer ce combat d’un prix fort, par leur engagement admirable.

Durant cette période si particulière, « que demeure l’amour fraternel » (Hébreux 13,1). Prenons le temps de communiquer avec nos proches, jouer avec les enfants, travailler au jardin, nous occuper des animaux, prier, lire et nous cultiver… Gardons le lien entre nous : téléphone, réseaux sociaux, service, prière… Au cœur de ce carême 2020, j’invite tous les catholiques à mettre l’Essentiel au cœur de l’urgence ! Que notre prière personnelle et familiale soit intense et profonde, une prière nourrie de la Parole de Dieu. Cette Parole veut nous encourager et nous apaiser, nous réconforter et nous convertir. Notre mobilisation doit être aussi spirituelle.

Après échanges avec les services de la Préfecture et des entreprises de pompes funèbres, je demande qu’à partir du mardi 17 mars et jusqu’à nouvel ordre, les funérailles chrétiennes ne soient plus célébrées dans les églises de Lozère. Une fiche sera proposée à la famille pour qu’elle puisse conduire elle-même un temps de prière chrétienne au cimetière. Prêtres, diacres et membres des équipes funérailles ne se rendront pas au cimetière. En revanche, une messe sera dite de façon privée (et donc en l’absence de fidèles) pour le défunt et sa famille, par l’un des prêtres de la paroisse, le jour-même de l’inhumation. Dès que les conditions sanitaires le permettront à nouveau, les curés inviteront les familles et les proches des défunts à participer à une messe dominicale. J’ajoute que les prêtres en Lozère, comme vous le savez, sont extrêmement dévoués mais que leur moyenne d’âge est actuellement de 82 ans. Leur santé et leur vie doivent aussi être protégées.

Si je le peux, je me rendrai – seul – en pèlerinage à la crypte de Saint Privat, en notre cathédrale, afin de prier notre Saint Fondateur pour les défunts et les malades mais aussi pour chacun et chacune d’entre vous. Je vous invite, en communion avec votre évêque, à réciter votre chapelet, chaque jour, à midi. Ce sera aussi notre rendez-vous quotidien de communion fraternelle près de Notre-Dame. Je vous demande, chaque dimanche, de suivre la messe à la radio ou à la télévision. La communion de désir ou spirituelle est une magnifique tradition ecclésiale dans l’attente de pouvoir, de nouveau, communier ensemble au Seigneur ressuscité. Des propositions diverses de méditations seront mises à votre disposition sur le site de la Conférence des évêques de France et sur celui du diocèse. Je vous invite à consulter régulièrement ce dernier pour vous tenir informés de l’évolution de la situation.

Que notre mobilisation soit fraternelle et spirituelle.

Je vous redis à tous, frères et sœurs, chers amis, ma profonde communion. Notre-Dame, Saint Privat et Saint Roch, priez pour nous.

Mende, le 16 mars 2020

+ Benoit Bertrand
Évêque de Mende

 

Information

Première Lettre pastorale : « Le Royaume de Dieu s’est approché de vous »

Le 3 mars 2019, il y a tout juste un an, je devenais votre évêque. Depuis, j’ai souhaité partir à votre rencontre, prendre le temps de vous connaître et de découvrir mon nouveau diocèse. Cette période d’apprivoisement mutuel n’est certes pas terminée mais il nous faut, maintenant, avancer ensemble sur le chemin de la foi en faisant mémoire du passé avec reconnaissance, en vivant le présent avec confiance et en nous tournant vers l’avenir avec audace. Comment allons-nous écrire, les uns avec les autres, une page nouvelle des Actes des apôtres en Lozère ?

« Le Royaume de Dieu s’est approché de vous » (Luc 10,9). Tel est le titre de la Lettre pastorale que je vous adresse. Elle veut honorer la nécessité, pour le Christ et son Église, de vivre la proximité avec tous. Elle donne des orientations pastorales pour notre diocèse et définit des repères missionnaires paroissiaux pour les quatre années à venir. Cette réflexion est le fruit d’échanges avec mes collaborateurs mais également de consultations menées dans le cadre des conseils de l’évêque ou encore d’autres dialogues plus informels. Je souhaite aussi exprimer les préoccupations qui m’habitent pour l’annonce de l’Évangile en Lozère. Les paroles de Jésus à ses disciples nous encouragent : « Je suis avec vous tous les jours » (Matthieu 28,20). Elles nous invitent à marcher, ensemble et résolument, vers Dieu et vers le monde.

Une Lettre pastorale est, de la part de l’évêque, un acte important pour la conduite de son diocèse. Tous, nous avons besoin de vision pour répondre à la question : « Où allons-nous ? ». Cette Lettre veut aussi donner un objectif à moyen terme (quatre ans) et présenter un avenir qui suscite audace et enthousiasme dans le cœur des fidèles. Il s’agit, en effet, de poursuivre la mission de salut du Seigneur dans l’environnement qui est le nôtre.

Prêtres et diacres, consacrés, laïcs en mission ecclésiale, membres des Équipes locales d’animation, vous tous, chers amis des paroisses et des mouvements en Lozère, vous allez recevoir cette Lettre pastorale. Merci de l’accueillir, de la lire, d’en parler entre vous et de vous impliquer pour servir l’Évangile de façon renouvelée. Nous allons, maintenant, entrer dans le temps nécessaire de son appropriation. Avec la prière du 1er dimanche du temps ordinaire, j’en confie à Dieu la fécondité : « Donne à chacun la claire vision de ce qu’il doit faire et la force de l’accomplir ».

+ Benoit BERTRAND
    Évêque de Mende