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Information Communiqué final Assemblée plénière 2019 des évêques à Lourdes - Diocèse de Mende

Conférence des évêques de France

Communiqué final Assemblée plénière des évêques de France
2-5 avril 2019

L’Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France (CEF) s’est achevée ce vendredi 5 avril. Réunis à huis clos depuis le mardi 2 avril à Lourdes, les évêques de France ont travaillé sur différents sujets.

Discours d’ouverture

Dans son discours d’ouverture, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a souligné la situation douloureuse dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Eglise et ses différents membres. Il a aussi relevé les contextes troublés dans notre pays et les incertitudes européennes et internationales. Insistant sur la fraternité à cultiver, Mgr Georges Pontier a invité à l’espérance qui se fonde sur la parole du Christ. Il nous a invités à emprunter le chemin de la foi à la suite du Christ, « chemin de vie et de bonheur ».

Les évêques ont commencé ensuite leur rencontre par un échange sur l’actualité de l’Église et de la société.

Intelligence artificielle

Une part importante de leurs travaux a porté sur l’intelligence artificielle. Quatre forums ont d’abord permis aux évêques d’échanger après avoir entendu les interventions d’experts sur les thèmes : « Une intelligence artificielle à l’usine : cinq histoires », « Que peut attendre la médecine de l’intelligence artificielle », « L’usage de l’intelligence artificielle et le droit », « Industrie 4.0 ; le mythe de la ré-industrialisation ». Lors de deux séquences plénières, ils ont entendu les exposés de Jean-Gabriel Ganascia (fin de l’humanité et/ou renouveau des humanités et de l’humanisme à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle) et de Pierre Giorgini (La crise de la joie. Ces métamorphoses qui pourraient sauver le monde).

Lutte contre la pédophilie

Les évêques ont fait un point sur la lutte contre la pédophilie lors de deux séquences. Ce fut l’occasion pour Mgr Georges Pontier de rapporter les enseignements et interpellations entendues lors de la Rencontre sur la protection des mineurs (présidents de Conférences épiscopales du monde réunis par le Pape François au Vatican du 21 au 24 février 2019). Mgr Luc Crepy, président de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie, a fait un bilan des travaux de la cellule, insistant notamment sur la persévérance à garder, la vigilance à exercer et la confiance à accroître. Mgr Eric de Moulins-Beaufort enfin a décrit l’avancement des travaux sur les quatre domaines décidés lors de l’Assemblée plénière de novembre 2018 : le travail mémoriel, la prévention, le geste financier envers les personnes victimes et l’accompagnement des clercs coupables.

Dans chacune de leurs interventions et sur chaque thématique traitée, les évêques intervenants ont insisté sur le rôle que devaient avoir les personnes victimes pour l’avancée des travaux.

La possibilité de pouvoir présenter des dispositifs à l’Assemblée de novembre a été soulevée. Ces séquences ont aussi été l’occasion d’échanges et de questionnements entre les évêques.

Christus vivit

Après le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel (octobre 2018), les journées mondiales de la jeunesse de Panama (janvier 2019), est parue l’exhortation apostolique Christus vivit (Il vit, Christ !) le 2 avril 2019. Mgr Laurent Percerou, Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes (CPEJ) et Mgr Bertrand Lacombe, membre du CPEJ, ont présenté l’exhortation et les enjeux que le Pape François y pose pour l’Église. Le Père Vincent Breynaert, directeur du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations, a présenté douze pistes d’orientation pastorale.

Avenir des églises

Le groupe de travail animé par Mgr Jacques Habert sur « les églises, un nouvel enjeu pastoral » a proposé aux évêques une réflexion sur l’avenir des églises. Madame Anne-Violaine Hardel, directrice juridique de la CEF et Madame Maud de Beauchesne, responsable du Département d’art sacré de la CEF, ont abordé deux questions : celle de l’élargissement de l’utilisation des églises et celle de la désaffectation. Dans le contexte actuel, les évêques souhaitent réfléchir au sujet délicat de l’entretien des églises (d’avant 1905) dont la charge devient de plus en plus lourde pour les communes et dont la desserte de plus en plus problématique pour l’Église.

Unité du presbytérium

Issu d’une demande du Comité études et projets, le groupe de travail sur l’unité du presbyterium, présidé par Mgr Jean-Louis Balsa, a fait état de la synthèse du travail en Province qui avait été demandé. Il en ressort notamment que « l’essoufflement des prêtres » met en péril l’unité du presbyterium et qu’il appelle au développement d’une pastorale de la rencontre et à une accentuation de la vie spirituelle. La diversité des provenances des prêtres soulève l’enjeu de cultiver une théologie de l’Eglise locale marquant l’appartenance à un peuple et celui de considérer le diocèse comme une terre d’aventure et de mission. Les questions spécifiques du ministère des prêtres dans les communautés nouvelles et les préfigurations qu’elles peuvent constituer ont aussi été abordées. A été soulignée la nécessité de porter une vision et des projets diocésains pour susciter des formes nouvelles du ministère presbytéral. Enfin, le rôle majeur de l’évêque comme clef de voûte du presbyterium a été réaffirmé.

Ratio nationalis

Depuis 18 mois, la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) travaille à l’écriture d’une ratio nationalis (complément pour l’Eglise de France de la ratio fundamentalis parue en 2017).

Après le rapport d’étape effectué à l’Assemblé plénière de novembre 2018, un travail en Province a été lancé. Il est en cours. Tout en faisant un état des séminaires et lieux de formation en France, la CEMOLEME synthétise les questions remontant des provinces et des équipes de formateurs en vue de la rédaction de la ratio nationalis. Au nombre de ces questions, on trouve, par exemple, celles concernant la pastorale des vocations, les propédeutiques, les critères de discernement, le fonctionnement du Conseil et le rôle du supérieur…

Économie et finances

Lors d’une séquence consacrée aux questions économiques et financières, les évêques ont été notamment sensibilisés à la nouvelle démarche prospective à 5 ans sur les finances diocésaines ; démarche visant à optimiser la gestion financière.

Votes et élections

Au cours de cette assemblée, se sont déroulées plusieurs élections dont :

La présidence de la CEF

Ont été élus (pour une prise de fonction au 1er juillet 2019) :

Président de la CEF, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims ;
Vice-président de la CEF, Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard ;
Vice-président de la CEF, Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens.

Des membres du Conseil permanent (pour une prise de fonction au 1er juillet 2019) :
pour un deuxième mandat de 3 ans :

Mgr Jean-Pierre BATUT, évêque de Blois, représentant un diocèse de moins de 500 000 habitants ;
Mgr Philippe MOUSSET, évêque de Périgueux et Sarlat, évêque ayant entre 5 et 10 ans d’ancienneté dans l’épiscopat ;
Mgr Pascal WINTZER, archevêque de Poitiers, représentant un diocèse de 500 000 à 1 million d’habitants.
pour un premier mandat de 3 ans :
Mgr Jean-Marc EYCHENNE, évêque de Pamiers, évêque ayant moins de 5 ans d’ancienneté dans l’épiscopat ;
Mgr Dominique LEBRUN, archevêque de Rouen, évêque ayant plus de 10 ans d’ancienneté dans l’épiscopat ;
Mgr Matthieu ROUGÉ, évêque de Nanterre, représentant un diocèse de plus d’1 million d’habitants.

Présidence de Comité, Commissions et Conseils

Ont été élus :

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, président du Comité étude et projet pour un premier mandat ;
Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors, Président de la Commission doctrinale pour un premier mandat ;
Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint Claude, Président de la commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat, pour un premier mandat ;
Mgr Denis Moutel, évêque de Saint Brieuc, Président de la Commission financière et du Conseil pour les affaires économiques, sociales et juridiques ;
Mgr François Fonlupt, évêque de Rodez, Président du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles ;
Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint Denis, Président du Conseil pour la solidarité ;
Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, Président du Conseil pour l’enseignement catholique.

Membres de comité et commissions

Ont été élus :

Mgr Bruno Valentin, évêque auxiliaire de Versailles, membre du Comité études et projets ;
Mgr Benoît Bertrand, évêque de Mende, membre de la Commission doctrinale ;
Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier, membre de la Commission doctrinale ;
Mgr Alexandre Joly, évêque auxiliaire de Rennes, membre de la Commission doctrinale ;
Mgr Jean Legrez, archevêque d’Albi, membre de la Commission doctrinale.

Observatoire foi et culture

A été réélu :

Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen, pour un second mandat.

Par ailleurs, les évêques ont approuvé par vote :

Que soit érigé l’Institut supérieur de sciences religieuses de Toulouse.

 

Evénement

Les évêques français se retrouveront du mardi 2 au vendredi 5 avril prochain, comme à chaque printemps, pour leur Assemblée plénière à Lourdes.

Cette assemblée plénière s’ouvrira le mardi 2 avril par le discours d’ouverture de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France, à 8h50 retransmis en direct sur KTO.

Une partie de cette Assemblée sera consacrée à l’intelligence artificielle (conférences en hémicycle et temps en forums) mardi 2 et mercredi 3 avril matin. Après la publication de l’exhortation apostolique (attendue début avril), après les JMJ de Panama et le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, les évêques travailleront sur la pastorale des jeunes et des vocations. Enfin, deux séquences seront consacrées à la lutte contre la pédophilie, le jeudi 4 avril : les évêques réfléchiront aux suites à donner à la « Rencontre sur la protection des mineurs » vécue par Mgr Georges Pontier du 21 au 24 février dernier à Rome ; ils avanceront aussi sur le travail décidé à l’Assemblée plénière de novembre dernier concernant les 4 chantiers portés par l’Église de France.

L’Assemblée plénière prendra fin le vendredi 5 avril. Comme lors de chaque Assemblée plénière de printemps, il n’y aura pas de discours de clôture.

Cette Assemblée plénière sera l’occasion d’élections et de votes. Parmi les élections prévues, celle de la présidence ainsi que des présidents de conseils et commissions dont les mandats arrivent à échéance.

CONSEIL PERMANENT DE LA CEF (PRISE DE FONCTION AU 1er JUILLET 2019)

– Président de la CEF (en remplacement de Mgr Pontier en fin du deuxième mandat de 3 ans). Le résultat de cette élection sera communiqué le mercredi 3 ou jeudi 4 avril.
– Vice-présidents de la CEF (en remplacement de Mgr Carré et Mgr Delannoy – fin du deuxième mandat de 3 ans).

– 3 autres membres du Conseil permanent en remplacement de : Mgr Lalanne (évêque d’un diocèse de plus d’1 millions d’habitants), Mgr Fonlupt (évêque ayant moins de 5 ans d’ancienneté dans l’épiscopat) et Mgr Rivière (évêque ayant plus de 10 ans d’ancienneté dans l’épiscopat). Chacun de ces membres arrivant à la fin d’un deuxième mandat de 3 ans.

CONSEILS & COMMISSIONS (PRISE DE FONCTION AU 1er JUILLET 2019)

– Président de la commission doctrinale (Mgr de Moulins-Beaufort, non rééligible)
– Président de la commission financière (Mgr Nahmias, non rééligible)
– Président du comité Études & Projets (Mgr Ulrich, non rééligible)
– Président du conseil pour la solidarité (Mgr Blaquart, non rééligible)
– Président du conseil pour l’enseignement catholique (cardinal Ricard)

 

Evénement © Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes / LACAZE

Interview du père François Durand, administrateur diocésain, au micro de Jean-Claude Astruc pour RCF Lozère et 48info.fr

Le père François revient sur le travail effectué à l’Assemblée plénière d’automne :
 

 

Du 3 au 8 novembre 2018, les évêques de France étaient à Lourdes, pour une session de travail et de réflexion commune.
Dans l’attente d’un nouvel évêque, notre diocèse était représenté à l’Assemblée plénière par l’Administrateur diocésain, le père François Durand.

En direct de Lourdes, le père François nous invite à prendre connaissance du discours d’ouverture de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France (ci-dessous). Son message aborde entre autres le problème des abus sexuels. Il y a d’ailleurs eu en début de session, des témoignages et échanges d’une rare qualité entre les évêques et des victimes d’abus sexuels dans l’Église.

De sa première participation à une Assemblée plénière, le père François Durand poursuit :

« C’est une belle expérience qui dit vraiment la beauté de notre Église et le travail de l’Esprit Saint. C’est plein d’espérance. (…) Nous avons eu de belles interventions sur l’Europe mais aussi sur les nouvelles ritualités civiles. L’intervention de Mgr Paul Desfargues, évêque de Constantine et d’Hippones en Algérie a été un beau moment. Il a présenté la prochaine béatification des témoins martyrs de l’amour en Algérie.»

Mercredi, Le père François rapporte : « En dépit des responsabilités nombreuses et difficiles que les évêques de France ont à assumer, je suis témoin de la maturation des travaux et questions en cours dans une ambiance éminemment respectueuse et très fraternelle. C’est plein d’espérance pour notre Église en France.
Avec Mgr Jacolin, notre ancien évêque, et Mgr Bestion, notre ancien vicaire général, je confie notre diocèse, particulièrement les prêtres et chacune de nos familles, à l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame de Lourdes. »

Que notre diocèse soit lui aussi uni en prière pour les évêques et nos prêtres.

Propos recueillis par Nolwenn Bottou

 

 

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Discours de clôture de Mgr Georges Pontier

Discours de clôture de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France à Lourdes le samedi 3 novembre 2018.

 

 

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Assemblée plénière novembre 2018 : Discours d’ouverture par Mgr Georges Pontier

Discours d’ouverture de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France à Lourdes le samedi 3 novembre 2018.

 

3 novembre 2018 : Les évêques de France ont accueilli pour la première fois une dizaine de victimes de prêtres pédophiles. De gauche à droite Mgr Antoine HEROUARD, évêque auxiliaire de Lille, Mgr Luc CREPY, évêque du Puy-en-Velay et président de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie, Véronique GARNIER, l'une des victimes, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et Pdt de la Conférence épiscopale, et Olivier SAGINAC, autre victime, lors de la conférence de presse donnée à l’issue de cette rencontre, Lourdes (65), France.

Lutter contre la pédophilie : Déclaration introductive des témoins aux forums

Au début des forums, comme un accord, les témoins ont souhaité adressé le message suivant aux évêques, le samedi 3 novembre 2018, à Lourdes.

 

 

Logo CEF

Lutte contre la pédophilie : une commission indépendante et de nouvelles mesures pour l’Église de France

Cette Assemblée plénière des évêques de France a été marquée par l’accueil et l’écoute de personnes victimes d’actes de pédophilie, samedi 3 novembre dernier. Cet événement s’inscrivait dans la suite de plusieurs années de travail et de réflexions sur les mesures à mettre encore en œuvre dans la lutte contre la pédophilie.

 

 

Capture

Prendre conscience des ritualités civiles nouvelles

Lors de leur assemblée plénière de printemps en mars 2018, les évêques avaient entamé une réflexion sur les nouvelles ritualités civiles. Ils la poursuivent ce mardi 6 novembre avec une intervention du théologien Arnaud Join-Lambert, présentée par Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix, président du Groupe de travail « Ritualités civiles nouvelles ».

 

24 février 2016 : Card. Pietro PAROLIN, secrétaire d'Etat du Vatican. Bibliothèque vaticane, Vatican, Rome, Italie. February 24, 2016: Card. Pietro PAROLIN, Vatican secretary of state. Vatican Apostolic Library, Vatican.

Message du Pape François aux évêques de France

Message du Pape François aux évêques de France, le 29 octobre 2018 pour l’Assemblée plénière de novembre 2018.

 

Pour en savoir plus, retrouver le dossier réalisé sur le site de l’Église en France : https://eglise.catholique.fr/actualites/dossiers/assemblee-pleniere-de-novembre-2018/

Information

Nous devons tous pouvoir réfléchir le plus sereinement possible à la fin de vie. En apportant leur éclairage, les 118 évêques de France signent une Déclaration « Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité ! », ce jeudi 22 mars 2018. Ils expriment leur compassion envers leurs frères et sœurs en fin de vie et saluent les professionnels de santé qui leur procurent une réelle qualité de vie avec une fin de vie la plus apaisée possible. Ils déplorent les disparités d’accès aux soins palliatifs sur le territoire national, ainsi que l’insuffisance des formations proposées aux personnels soignants, car cela engendre des souffrances tragiques. Ce sont elles qui occasionnent les demandes de légalisation d’assistance au suicide et d’euthanasie.

Avec ces constats, les évêques de France avancent six raisons éthiques majeures pour s’opposer à cette légalisation qui, à nouveau, troublerait profondément notre société. Ils appellent leurs concitoyens et leurs parlementaires à un sursaut de conscience pour que s’édifie une société fraternelle où nous prendrons individuellement et collectivement soin les uns des autres.

Les 118 évêques signataires insistent : « Ne nous trompons donc pas d’urgence ! »


 

Quelles que soient nos convictions, la fin de vie est un temps que nous vivrons tous et une inquiétude que nous partageons. Chacun doit donc pouvoir y réfléchir le plus sereinement possible, en évitant les écueils des passions et des pressions.

Nous voulons avant tout exprimer notre pleine compassion envers nos frères et sœurs en « fin de vie », comme l’Église a toujours essayé de le faire. Ils se présentent dans leur faiblesse, parfois extrême. Leur existence est un appel : de quelle humanité, de quelle attention, de quelle sollicitude ferons-nous preuve envers eux qui vivent au milieu de nous ?

Nous saluons les professionnels de santé qui leur procurent une qualité de vie dans une fin de vie la plus apaisée possible, grâce à leur compétence technique et à leur humanité, aussi bien dans le suivi quotidien que dans les situations d’urgence. Certains d’entre eux sont engagés, souvent avec de fortes convictions personnelles, en soins palliatifs. Grâce à eux et à l’effort de déploiement de ces soins, nombre de nos concitoyens vivent de manière apaisée leur fin de vie.

Cependant, ces soins ne sont pas suffisamment développés et les possibilités de soulagement de la souffrance sous toutes ses formes ne sont pas assez connues. Il est urgent de combattre cette ignorance, source de peurs qui ne sont jamais bonnes conseillères et dont s’abreuvent les sondages.

Ancrés dans l’ensemble du territoire, nous déplorons les disparités d’accès aux soins palliatifs ainsi que l’insuffisance de formations proposées au personnel médical et soignant, ce qui engendre des souffrances parfois tragiques. C’est pourquoi l’urgence consiste à poursuivre le développement des soins palliatifs pour que toute personne en ayant besoin puisse, selon la loi du 9 juin 1999, y avoir accès quel que soit son lieu de vie, y compris dans les EHPAD et dans les maisons de retraite.

En raison de ces carences et de la médiatisation de certains cas, plusieurs réclament un changement de la loi par la légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie. Face à cette réclamation, nous affirmons notre opposition éthique pour au moins six raisons :

1. La dernière loi a été votée récemment, le 2 février 2016. Dans la suite de celle du 22 avril 2005 – dont le retentissement fut international –, elle poursuit l’effort d’une prise en charge responsable et collégiale de la part des soignants pour garantir une fin de vie apaisée. Son application est encore largement en chantier et demande une formation appropriée. Apprécier, au cas par cas, comment accompagner au mieux chaque personne en grande vulnérabilité demande temps, discernement et délicatesse. Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps.

2. Fort de la fraternité qu’il proclame, comment l’État pourrait-il, sans se contredire, faire la promotion – même encadrée – de l’aide au suicide ou de l’euthanasie tout en développant des plans de lutte contre le suicide ? Ce serait inscrire au cœur de nos sociétés la transgression de l’impératif civilisateur : « Tu ne tueras pas. » Le signal envoyé serait dramatique pour tous, et en particulier pour les personnes en grande fragilité, souvent tiraillées par cette question : « Ne suis-je pas un poids pour mes proches et pour la société ? » Quelles que soient les subtilités juridiques recherchées pour étouffer les problèmes de conscience, le geste fratricide se dresserait dans notre conscience collective comme une question refoulée et sans réponse : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

3. Si l’État confiait à la médecine la charge d’exécuter ces demandes de suicide ou d’euthanasie, des personnels soignants seraient entraînés, malgré eux, à penser qu’une vie ne serait plus digne d’être vécue, ce qui serait contraire au Code de déontologie médicale : « Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. » Selon Paul Ricœur reprenant la tradition hippocratique, la relation de soin est par nature un « pacte de confiance » qui unit soignés et soignants et qui interdit à ces derniers, au nom de cette dignité, de faire volontairement du mal à autrui et encore moins de le faire mourir. Tuer, même en prétendant invoquer la compassion, n’est en aucun cas un soin. Il est urgent de sauvegarder la vocation de la médecine.

4. Même si une clause de conscience venait protéger les soignants, qu’en serait-il des personnes vulnérables ? Dans leur autonomie, elles ont besoin de confiance et d’écoute pour confier leurs désirs, souvent ambivalents. Quelle serait la cohérence de l’engagement médical si, dans certains lieux, des soignants étaient prompts à accéder à leurs désirs de mort chimiquement provoquée, tandis que dans d’autres, ils les accompagnaient, grâce à l’écoute patiente et au soulagement des différentes souffrances, vers une mort naturelle paisible ? La vulnérabilité de personnes – jeunes et moins jeunes – en situation de dépendance et de fin de vie appelle non un geste de mort mais un accompagnement solidaire. La détresse de celles qui demandent parfois que l’on mette fin à leur vie, si elle n’a pu être prévenue[1], doit être entendue. Elle oblige à un accompagnement plus attentif, non à un abandon prématuré au silence de la mort. Il en va d’une authentique fraternité qu’il est urgent de renforcer : elle est le lien vital de notre société.

5. Les tenants de l’aide au suicide et de l’euthanasie invoquent « le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin ». Ils prétendent que « l’exercice de ce droit n’enlève rien à personne. C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui ». Mais qu’est-ce qu’une liberté qui, au nom d’une illusoire autonomie souveraine, enfermerait la personne vulnérable dans la solitude de sa décision ? L’expérience atteste que la liberté est toujours une liberté en relation grâce à laquelle le dialogue se noue afin que le soignant soit bienfaisant. Nos choix personnels, qu’on le veuille ou non, ont une dimension collective. Les blessures du corps individuel sont des blessures du corps social. Si certains font le choix désespéré du suicide, la société a avant tout le devoir de prévenir ce geste traumatisant. Ce choix ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire.

6. Réclamer sous quelque forme que ce soit une « aide médicale à mourir », c’est imaginer, comme c’est le cas dans des pays voisins, des institutions spécialisées dans la mort. Mais alors quelles institutions ? Et avec quel financement ? Ou bien, c’est conduire notre système de santé à imposer à nos soignants et à nos concitoyens une culpabilité angoissante, chacun pouvant être amené à s’interroger : « Ne devrais-je pas envisager un jour de mettre fin à ma vie ? » Cette question sera source d’inévitables tensions pour les patients, leurs proches et les soignants. Elle pèserait gravement sur la relation de soin.

Ne nous trompons donc pas d’urgence !

Face aux troubles et aux doutes de notre société, comme le recommande Jürgen Habermas, nous offrons le récit du « bon Samaritain » qui prend en charge « l’homme à demi-mort », le conduit dans une « auberge » hospitalière et exerce la solidarité face à la « dépense » qu’occasionnent ses « soins ». À la lumière de ce récit, nous appelons nos concitoyens et nos parlementaires à un sursaut de conscience pour que s’édifie toujours plus en France une société fraternelle où nous prendrons individuellement et collectivement soin les uns des autres. Cette fraternité inspira l’ambition de notre système solidaire de santé au sortir de la Seconde guerre mondiale. Que ferons-nous de cette ambition ? La fraternité relève d’une décision et d’une urgence politiques que nous appelons de nos vœux.

Card. Philippe BARBARIN, archevêque de Lyon,
Card. Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux, évêque de Bazas,
Card. André VINGT-TROIS, archevêque émérite de Paris,

Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président de la CEF,
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF,
Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis et vice-président de la CEF,

Mgr Marc AILLET, évêque de Bayonne, Lescar-Oloron,
Mgr Bernard-Nicolas AUBERTIN, archevêque de Tours,
Mgr Gilbert AUBRY, évêque de Saint-Denis de la Réunion,
Mgr Eric AUMONIER, évêque de Versailles,
Mgr Michel AUPETIT, archevêque de Paris,
Mgr Jean-Marc AVELINE, évêque auxiliaire de Marseille,
Mgr Claude AZEMA, évêque auxiliaire de Montpellier,
Mgr Philippe BALLOT, archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et Tarentaise,
Mgr Jean-Louis BALSA, évêque de Viviers,
Mgr Sylvain BATAILLE, évêque de Saint-Etienne,
Mgr Jean-Pierre BATUT, évêque de Blois,
Mgr Jérôme BEAU, évêque auxiliaire de Paris,
Mgr Jacques BENOIT-GONNIN, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis,
Mgr Didier BERTHET, évêque de Saint-Dié,
Mgr Francis BESTION, évêque de Tulle,
Mgr Dominique BLANCHET, évêque de Belfort-Montbéliard,
Mgr Jacques BLAQUART, évêque d’Orléans,
Mgr Yves BOIVINEAU, évêque d’Annecy,
P. Jean BONDU, administrateur diocésain de Luçon,
Mgr Jean-Luc BOUILLERET, archevêque de Besançon,
Mgr Jean-Claude BOULANGER, évêque de Bayeux-Lisieux,
Mgr Pierre-Antoine BOZO, évêque de Limoges,
Mgr Thierry BRAC de la PERRIÈRE, évêque de Nevers,
Mgr Nicolas BROUWET, évêque de Tarbes et Lourdes,
Mgr Jean-Luc BRUNIN, évêque du Havre,
Mgr Laurent CAMIADE, évêque de Cahors,
Mgr Jean-Pierre CATTENOZ, archevêque d’Avignon,
Mgr Raymond CENTENE, évêque de Vannes,
Mgr Philippe CHRISTORY, évêque nommé de Chartres,
Mgr Georges COLOMB, évêque de La Rochelle et Saintes,
Mgr Luc CREPY, évêque du Puy-en-Velay,
Mgr Emmanuel DELMAS, évêque d’Angers,
Mgr Renauld de DINECHIN, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin,
Mgr Laurent DOGNIN, évêque de Quimper et Léon,
Mgr Vincent DOLLMANN, évêque auxiliaire de Strasbourg,
Mgr Christophe DUFOUR, archevêque d’Aix-en-Provence et Arles,
Mgr Jean-Marc EYCHENNE, évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix,
Mgr Bruno FEILLET, évêque auxiliaire de Reims,
Mgr François FONLUPT, évêque de Rodez et Vabres,
Mgr Maurice GARDÈS, archevêque d’Auch,
Mgr François GARNIER, archevêque de Cambrai,
Mgr Maroun Nasser GEMAYEL, évêque de l’Éparchie Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France,
Mgr Olivier de GERMAY, évêque d’Ajaccio,
Mgr Bernard GINOUX, évêque de Montauban,
Mgr Hervé GIRAUD, archevêque de Sens et Auxerre et prélat de la Mission de France,
Mgr Emmanuel GOBILLIARD, évêque auxiliaire de Lyon,
Mgr Hervé GOSSELIN, évêque d’Angoulême,
Mgr Bruno GRUA, évêque de Saint-Flour,
Mgr Borys GUDZIAK, évêque de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand de Paris,
Mgr Jean-Paul GUSCHING, évêque de Verdun,
Mgr Jacques HABERT, évêque de Séez,
Mgr Hubert HERBRETEAU, évêque d’Agen,
Mgr Antoine HEROUARD, évêque auxiliaire de Lille,
Mgr Denis JACHIET, évêque auxiliaire de Paris,
Mgr François JACOLIN, évêque de Mende,
Mgr Jean-Paul JAEGER, évêque d’Arras,
Mgr Jean-Paul JAMES, évêque de Nantes,
Mgr Thierry JORDAN, archevêque de Reims,
Mgr Vincent JORDY, évêque de Saint Claude,
Mgr François KALIST, archevêque de Clermont,
Mgr Guy de KERIMEL, évêque de Grenoble – Vienne,
Mgr Christian KRATZ, évêque auxiliaire de Strasbourg,
Mgr Bertrand LACOMBE, évêque auxiliaire de Bordeaux,
Mgr Emmanuel LAFONT, évêque de Cayenne,
Mgr Jean-Christophe LAGLEIZE, évêque de Metz,
Mgr Stanislas LALANNE, évêque de Pontoise,
Mgr Laurent LE BOULC’H, évêque de Coutances et Avranches,
Mgr Patrick LE GAL, évêque auxiliaire de Lyon,
Mgr Robert LE GALL, archevêque de Toulouse,
Mgr Yves LE SAUX, évêque du Mans,
Mgr Jean-Marie LE VERT, évêque auxiliaire de Bordeaux,
Mgr Olivier LEBORGNE, évêque d’Amiens,
Mgr Dominique LEBRUN, archevêque de Rouen,
Mgr Jean LEGREZ, archevêque d’Albi,
Mgr David MACAIRE, archevêque de Saint-Pierre et de Fort-de-France,
Mgr Charles MAHUZA YAVA sds, évêque de Mayotte,
Mgr Armand MAILLARD, archevêque de Bourges,
Mgr Xavier MALLE, évêque de Gap et Embrun,
Mgr André MARCEAU, évêque de Nice,
Mgr Joseph de METZ-NOBLAT, évêque de Langres,
Mgr Pierre-Yves MICHEL, évêque de Valence,
Mgr Roland MINNERATH, archevêque de Dijon,
Mgr Eric de MOULINS-BEAUFORT, évêque auxiliaire de Paris,
Mgr Philippe MOUSSET, évêque de Périgueux et Sarlat,
Mgr Denis MOUTEL, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier,
Mgr Jean-Yves NAHMIAS, évêque de Meaux,
Mgr Jean-Philippe NAULT, évêque de Digne, Riez et Sisteron,
Mgr Christian NOURRICHARD, évêque d’Evreux,
Mgr Pierre d’ORNELLAS, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo,
Mgr Michel PANSARD, évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes,
Mgr Jean-Louis PAPIN, évêque de Nancy et Toul,
Mgr Laurent PERCEROU, évêque de Moulins,
Mgr Alain PLANET, évêque de Carcassonne et Narbonne,
Mgr Luc RAVEL, archevêque de Strasbourg,
Mgr Dominique REY, évêque de Fréjus – Toulon,
Mgr Jean-Yves RIOCREUX, évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre,
Mgr Benoît RIVIÈRE, évêque d’Autun,
P.  Sébastien ROBERT, administrateur diocésain de Chartres,
Mgr Pascal ROLAND, évêque de Belley-Ars,
Mgr Antoine de ROMANET, évêque aux Armées françaises,
Mgr Michel SANTIER, évêque de Créteil,
Mgr Thierry SCHERRER, évêque de Laval,
Mgr Nicolas SOUCHU, évêque d’Aire et Dax,
Mgr Marc STENGER, évêque de Troyes,
Mgr Jean TEYROUZ, évêque de l’Eparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France,
Mgr François TOUVET, évêque de Châlons,
Mgr Norbert TURINI, évêque de Perpignan-Elne,
Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille,
Mgr Thibault VERNY, évêque auxiliaire de Paris,
Mgr Robert WATTEBLED, évêque de Nîmes, Uzès et Arles
Mgr Pascal WINTZER, archevêque de Poitiers,
P. Hugues de WOILLEMONT, administrateur diocésain de Nanterre.

[1] À ce sujet, voir les propositions concrètes données dans le document : Mgr Pierre d’Ornellas et alii, Fin de vie, un enjeu de fraternité, Salvator, 2015, pp. 147-149.