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Des initiatives pour maintenir le lien et soutenir les plus fragiles

Depuis le 16 mars 2020, la France est confinée, en standby dans quasiment tous les secteurs d’activité et nous réduisant à l’isolement les uns des autres. Plus le droit de sortie sans justificatif, plus de visite autorisée, plus de célébrations religieuses avec assemblées ni de rassemblement, et télétravail obligatoire quand cela est possible. La lutte contre la propagation du Coronavirus a bouleversé nos habitudes et notre quotidien a dû s’inventer autrement.

Les difficultés liées à cette pandémie sont particulièrement éprouvantes pour les malades eux-mêmes, ceux touchés de plein fouet par le Covid-19. Directement impactés aussi, les professionnels de la santé mis à rude épreuve et plus spécialement encore dans les régions fortement touchées. Mais nous avons vite pris conscience des conséquences dramatiques et véritablement douloureuses pour des millions de personnes en situation de fragilité : les personnes âgées dépendantes et les résidents d’Ehpad ; les personnes seules et isolées, les personnes déjà malades et nécessitant des soins journaliers ; mais aussi les personnes incarcérées, les sans domicile fixe, les personnes en grande précarité, celles et ceux qui ont perdu leur travail, celles et ceux qui ont perdu un proche…

Mais…

Mais dans la nuit des ces personnes éprouvées, endeuillées, angoissées, des initiatives – grandes ou petites – ont constellé l’obscurité de lueurs d’espoir. Un peu partout, nous avons pu être témoins d’actions diverses pour se voir autrement, prendre des nouvelles de personnes seules, maintenir le contact, faire des courses pour ceux qui ne le peuvent pas, faire rire, coudre des masques, partager un plat, offrir un don, prier…

Très modestement, nous avons voulu recueillir quelques témoignages de ce qui s’est mis en place sur notre diocèse. Cette rubrique n’est pas exhaustive, mais invite à nous arrêter et à apprécier ces gestes de charité, de foi et d’espérance.

 

 

 

Evénement

Message de Pâques de Mgr Benoît Bertrand

Frères et sœurs,
Chers amis,

Vous seriez nombreux à la cathédrale et dans les églises de Lozère le jour de Pâques car vous êtes nombreux à prendre au sérieux ce rendez-vous célébrant la résurrection du Seigneur. Mais, cette année, notre Pâques sera marquée par l’inédit, l’impensable, l’inimaginable ! Nos liturgies seront domestiques… Les prêtres seront seuls dans des églises vides. Je célébrerai à la cathédrale sans peuple ! Tous, nous sommes confinés. Quelle épreuve.

Dans le monde blessé par la pandémie, partout de Wuhan à Londres, de Bergame à New-York, de Ziguinchor à Mende, partout le récit de la résurrection nous appelle à croire en la Vie. Lorsque les femmes se rendent au tombeau « de grand matin » nous dit l’évangéliste, « il fait encore sombre », le jour n’est pas levé. La douceur de la lumière du Ressuscité se donne mais au milieu des ténèbres, presque en catimini. Sans doute, elle aussi, Marie-Madeleine, dans la nuit, marchait-elle, la mort dans l’âme. Elle s’attendait certainement à buter contre l’énorme pierre qui fermait le tombeau creusé dans la colline. Soudain, stupeur. La pierre a été roulée, le tombeau est vide !

Je vous invite, de grand cœur, à célébrer Pâques à domicile mais dans l’Espérance ! Nos attentes ne manquent pas : l’espérance de voir enfin cette pandémie s’arrêter comme on se réveille d’un cauchemar, l’espérance pour les personnels soignants de pouvoir souffler et se reposer, l’espérance de nous retrouver en famille et de pouvoir nous embrasser, l’espérance de reprendre l’école ou le travail au plus vite, l’espérance de pouvoir célébrer ensemble le Christ ressuscité chaque dimanche dans nos églises… L’Espérance de vivre, vivre vraiment du Christ Vivant et pour toujours !

Cette Espérance qu’ouvre la foi de Pâques n’est pas seulement une petite espérance individuelle, une espérance « pour moi ». Il s’agit d’« espérer pour tous » selon le titre d’un des livres d’un grand théologien, Urs von Balthasar. Il s’agit d’espérer aussi pour le monde qui fait corps avec l’humanité. La véritable Espérance chrétienne exclut le repli sur soi. Nous vivons assurément confinés mais non pas repliés. La résurrection du Christ, fondement de notre Espérance, est en effet promesse de Vie éternelle pour tous.

Cette Espérance est aussi traversée par l’épreuve. Elle ne peut faire l’impasse sur la mort, notre propre mort, la mort du Seigneur sur la croix. Cela veut donc dire que notre Espérance n’est pas naïve ou mièvre. L’avenir ouvert ne supprime ni les incompréhensions, ni les épreuves, ni les nuits… Notre Espérance a un coût, elle est onéreuse. La croix est bien plantée au cœur de nos hôpitaux et de nos vies, au cœur aussi de notre Espérance !

Cette espérance est encore à partager. C’est l’appel de l’apôtre Pierre : « Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous demandent compte ». Nous vivons dans un contexte de tolérance qui a ses valeurs mais aussi ses limites : la principale étant que toute conviction est considérée comme une simple opinion qui n’appelle ni discussion ni questionnement. Comment ne pas partager cette Espérance avec audace, humilité et joie ? En ces temps éprouvants, nous ne pouvons pas garder pour nous ce que nous expérimentons comme une Bonne Nouvelle sans manquer gravement à l’amour pour nos frères et sœurs.

Au bout du compte, ce dont disposent les chrétiens pour espérer, c’est d’une promesse, une promesse de Vie, de ré-surrection garantie par la résurrection de Jésus lui-même. Nous ne venons pas du chaos. Nous n’allons pas vers le néant. Notre vie, fragile et vulnérable, n’est pas le simple fruit des forces du hasard. La mort ne déchire pas la vie, comme on déchire une feuille de brouillon pour la mettre à la poubelle. Notre vie, toute notre vie, avec ses ombres et ses lumières, peut être qualifiée, orientée, dynamisée par cette Bonne Nouvelle de Pâques. Et cela change tout !

En cette Pâques 2020, je vous redis, chers amis, mon ardente communion fraternelle.

Notre-Dame, Saint Privat et Saint Roch, priez pour nous.

+ Benoit BERTRAND
   Évêque de Mende