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Information © N.BOTTOU - Mgr Benoît Bertrand

Message de Mgr Bertrand

L’Église de la rencontre…

Depuis son ordination épiscopale du 3 mars dernier, votre nouvel évêque part à la rencontre… La rencontre, tout d’abord, des prêtres… C’est tout à fait normal, ils sont ses premiers collaborateurs ; rencontre des diacres permanents et de leur famille, rencontre des consacrés, des laïcs en mission d’Église et des principaux responsables de l’Église diocésaine… Durant les dimanches de carême, j’ai découvert avec bonheur les cinq paroisses lors des messes dominicales. Ce n’est qu’un tout premier contact mais quelle grâce ! J’ai souhaité aussi, assez rapidement, aller me présenter à quelques responsables de la société civile à Mende et en Lozère. Partout, je suis fort bien accueilli. Merci à tous, de votre disponibilité et de votre hospitalité.

« Partir », « sortir », ces verbes reviennent à de nombreuses reprises, dans les textes du pape François. La pastorale ordinaire doit être, dit-il : « Plus expansive, ouverte, qu’elle mette les agents pastoraux en constante attitude de sortie ». Il s’agit donc d’aller à la rencontre avec au cœur une grande qualité d’attention, de dialogue, d’entrer dans une conversation en réalisant ce que le pape appelle « la révolution de la tendresse ».

Dans son exhortation apostolique La joie de l’Évangile, il précise encore : « L’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse». Mais cette rencontre missionnaire suppose, bien sûr, l’autre rencontre primordiale avec le Christ. Celle-ci nous conduit « au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai. Là se trouve la source de l’action évangélisatrice ».

Au seuil de cet épiscopat pour vous, une conviction m’anime. C’est en étant profondément humains, fraternels et amicaux que les cœurs s’ouvrent à l’Evangile. Que ce temps du carême nous donne aussi d’en faire l’expérience heureuse, humble et audacieuse. Tous, je vous invite pour la messe chrismale en notre cathédrale à Mende, le mardi 16 avril à 18h. Nos rencontres prennent origine en Celui qui nous appelle et nous envoie. Belle route vers Pâques.

 

+ Benoit BERTRAND
   Évêque de Mende

 

Flash Conférence des évêques de France

Conférence des évêques de FranceParis, le 12 mars 2019
MESSAGE DU CONSEIL PERMANENT

 

Déclaration du Conseil permanent de la CEF

Chers frères et sœurs baptisés, fidèles de l’Église catholique présente en France,

Réunis comme tous les mois, évêques membres du Conseil permanent, nous souhaitons vous adresser un message au début de ce temps de carême qui est un temps de conversion. Le jour du mercredi des Cendres, en nous marquant le célébrant nous a dit : « Convertis-toi et crois à l’Évangile. »

Nous sommes, ensemble, très affectés et troublés par les révélations faites au sujet des actes parfois criminels commis par ministres ordonnés ou des consacrés sur des mineurs ou même des adultes dans l’Église universelle et chez nous aussi. Ces comportements immoraux nous scandalisent et atteignent notre confiance dans l’Église, dans ceux et celles qui pourtant ont consacré leur vie à Dieu. Des personnes victimes, souvent membres de nos communautés, ont révélé ce qu’elles ont subi et leur profonde blessure qu’elle soit psychologique, spirituelle ou corporelle. Nous les remercions d’avoir osé parler. Grâce à leur témoignage, une profonde prise de conscience s’est réalisée. Une grande opération-vérité s’est ouverte. Dans notre foi, la parole du Christ « La vérité vous rendra libres » (Jn 8,32) est à l’œuvre. C’est douloureux car le mal est profond. Avec le Pape François, nous disons qu’il s’agit d’abus de pouvoir, de conscience et d’abus sexuels.

Nous savions que l’Église est sainte de la sainteté de Dieu, mais qu’en elle se trouvent aussi des hommes et des femmes pécheurs, appelés pourtant par Dieu à être cette communauté qui, dans le temps de l’histoire, porte l’espérance des hommes et rend témoignage à sa bonté. Il est à l’origine de toute vie et par son Fils Jésus Il nous sauve du mensonge de nos vies et nous libère du poids du péché, de celui de la violence faite aux autres. Nous avons confiance en Lui et en son Église.

La fête de l’appel des catéchumènes, ce premier dimanche de carême, nous a fait vivre la fécondité de l’Église. Elle a accompagné l’œuvre de l’Esprit dans le cœur d’hommes et de femmes qui ont reconnu sa présence et se sont tournés vers elle pour être accompagnés dans leur expérience nouvelle. Les communautés chrétiennes les ont accueillis et guidés. De nombreux prêtres, des diacres, des consacrés, des fidèles laïcs leur ont donné le meilleur d’eux-mêmes, c’est-à-dire la Parole de Dieu, le témoignage sur Jésus, la vie en communauté, le souci des petits et des pauvres et encore la manière de trouver Dieu dans la prière du cœur et dans l’assemblée chrétienne !

Le message de Pâques déjà nous éclaire : « Ne craignez pas, c’est moi. La Paix soit avec vous ! ». Nous ne sommes pas abandonnés, nous sommes purifiés. Nous sommes remis devant notre vocation de baptisés !

Poursuivons notre mission de porteurs d’espérance. Nous allons continuer notre effort de conversion dans les domaines où certains ont péché. Nous allons poursuivre notre écoute des personnes victimes et travailler avec elles. Nous aurons besoin de chacun pour être des acteurs de vérité, pour apporter ses compétences pour rendre notre Église plus sainte dans la vie de tous ses membres et dans sa manière de vivre.

Oui, chers Frères et Sœurs, le Seigneur nous aime. Il nous renouvelle dans notre mission de baptisés. Entendons son appel : « Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48).

Bon Carême, bonne montée vers Pâques à la suite du Christ-Sauveur.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

Evénement

Le pape François a convoqué une nouvelle assemblée générale du Synode des évêques sur le thème de « la jeunesse, la foi et le discernement vocationnel, du 3 au 28 octobre 2018, à Rome. Annoncé en octobre 2016, ce synode rassemble aujourd’hui à Rome, plusieurs centaines d’évêques, invités, experts ou encore auditeurs. « L’Église a décidé de s’interroger sur la façon d’accompagner les jeunes à reconnaître et à accueillir l’appel à l’amour et à la vie en plénitude » (cf. document préparatoire du synode).

 

Les objectifs du Synode*

1. « Prendre soin » des jeunes n’est pas une tâche facultative pour l’Église, c’est une part substantielle de sa vocation et de sa mission dans l’histoire. C’est cela qui est à la racine de l’enjeu spécifique du prochain Synode : comme le Seigneur a marché avec les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35), l’Église est invitée à accompagner tous les jeunes, sans exception, vers la joie de l’amour.

Les jeunes peuvent, par leur présence et leur parole, aider l’Église à rajeunir son visage. Un fil rouge relie le Message aux jeunes du Concile Vatican II (8 décembre 1965) et le Synode des jeunes (3-28 octobre 2018), comme le Saint-Père l’a explicité dans son introduction de la Réunion Pré-synodale : « Il me vient à l’esprit le splendide Message aux jeunes du Concile Vatican II. […] C’est une invitation à chercher de nouveaux chemins et à les parcourir avec audace et confiance, en gardant le regard fixé sur Jésus et en s’ouvrant à l’Esprit Saint pour rajeunir le visage même de l’Église », en accompagnant les jeunes dans leur parcours de discernement vocationnel en ce « changement d’époque ».

* Introduction du document de travail « Instrumentaum Laboris. Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel », pour la XVème Assemblée générale ordinaire du synode des évêques.

 






FAQ (Foire aux questions) sur le synode

 

Qu’est-ce que le synode ?

Le synode des évêques a été créé par le bienheureux Paul VI le 15 septembre 1965 avec le Motu Proprio Apostolica Sollicitudo.

Le 8 décembre 1966 a été promulgué l’Ordo Synodi Episcoporum celebrandae et le 20 août 1971 l’Ordo Synodi Episcoporum celebrandae recognitus et auctus. Ensuite une édition révisée de l’Ordo Synodi Episcoporum a été publiée le 6 octobre 2006.

Le Synode des Évêques est une assemblée d’évêques venant de toutes les régions du monde qui se réunissent à une période donnée pour favoriser une union plus étroite entre le Pontife romain et les évêques et aussi aider le Pape dans sa mission de sauvegarder et accroître la foi et les coutumes, observer et consolider la discipline ecclésiastique et étudier les problèmes concernant l’activité de l’Église dans le monde (can. 342). Il appartient au Synode des évêques de discuter des questions proposées et d’exprimer leurs désirs, cependant, mais pas d’ériger des décrets à leur sujet, sauf dans certains cas. Le Pontife Romain, qui est responsable dans ce cas de ratifier la décision du Synode, a le pouvoir décisionnel (canon 343). Le synode des évêques peut se réunir en assemblée générale, ordinaire ou extraordinaire, dans laquelle sont traitées des questions qui concernent directement le bien de l’Église universelle; ou il peut se réunir en assemblée spéciale, au cours de laquelle sont traitées des questions qui concernent directement une ou plusieurs régions spécifiques (can 345). Le synode des évêques s’est réuni lors de la première assemblée générale du 29 septembre au 29 oct. 1967. La date 23 mars. 1970, bienheureux Paul VI, acceptant le vote exprimé par la première Assemblée extraordinaire, qui a eu lieu du 11 au 28 octobre 1969 qui a décidé d’instituer le Conseil Conseil du Secretariat General du Synode des Évêques, composé de 15 membres, dont 12 élus par l’Assemblée synodale et trois nommés directement par le Saint-Père. Le mandat qui leur est confié a pour durée la période entre l’une et l’autre Assemblée générale (canon 348 § I). À la suite des assemblées spéciales, des conseils ont été créés pour chacun d’eux.

(Source Annuaire pontifical 2017)

 

La liste des participants au Synode des jeunes 2018

Les réseaux sociaux pour le #Synod2018

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Information

Changer notre regard sur les migrants :
Mieux comprendre pour mieux accompagner
Jeudi 7 Juin 2018

Une étude qui montre des positions mesurées chez les catholiques ; une campagne mondiale pour favoriser la culture de la rencontre

Logo-pastorale-migrantsEn réponse aux appels répétés du Pape François à promouvoir « une authentique culture de la rencontre », soucieux d’aider les chrétiens à dépasser leurs réticences vis-à-vis des migrants et ainsi à mieux contribuer à la qualité de l’accueil, le service national de la Pastorale des Migrants (Conférence des évêques de France), le CCFD – Terre Solidaire, JRS – France et le Secours Catholique – Caritas France expriment leur engagement commun à travailler dans la durée à la sensibilisation.   

Une étude d’opinion élaborée par notre partenaire More in Common* France montre que, loin de certaines idées reçues, les chrétiens, dans leur ensemble, expriment à l’égard de l’accueil des positions plutôt mesurées. Globalement, les craintes qu’ils expriment n’empêchent pas la bienveillance et peuvent même cohabiter avec un engagement concret, une expérience de la rencontre, une expression de solidarité. Là où une vision rapide pourrait laisser craindre un blocage complet, une compréhension plus fine des motifs de crainte laisse entrevoir chez tous des possibilités d’évolution. Ces enseignements renforcent notre volonté d’être à l’écoute de toutes les peurs, de toutes les pauvretés, afin d’aider chacun à recevoir l’autre comme une richesse et non une menace.

Nous saluons l’engagement de nombreux chrétiens pour l’accueil et l’intégration des migrants. Ensemble, nous les encourageons à s’engager en faveur du changement de regard en préférant toujours, au jugement qui enferme, l’écoute et le dialogue qui ouvrent un chemin, notamment avec ceux qui, fragilisés par la pauvreté, la précarité ou l’insécurité culturelle, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’accueillir mais peuvent se laisser toucher. Nous leur demandons aussi d’aider ceux qui montrent des dispositions à l’accueil mais n’ont pas encore franchi le pas de la rencontre à le faire.

Dans les mois à venir, nous allons construire et proposer, dans la dynamique de la campagne mondiale « partager le chemin », un ensemble d’outils, d’actions et de messages destinés à favoriser concrètement cette culture de la rencontre, condition de construction d’une société juste et fraternelle.

Les organisations engagées :

Le Service national de la Pastorale des migrants est un service de la Conférence des évêques de France, placé sous la responsabilité de la commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église et chargé d’animer le réseau des délégués diocésains à la pastorale des migrants et des aumôneries catholiques de la migration. Au quotidien, il cherche à humaniser la rencontre avec l’étranger, soutenir la communion au sein des communautés chrétiennes et servir la fraternité dans la société.

Première ONG française de développement, le CCFD-Terre Solidaire créé il y a plus de 55 ans, est aux côtés de celles et ceux qui luttent quotidiennement contre toutes les causes de la faim. Rompant avec les pratiques d’assistance, il soutient 697 projets dans 66 pays. Le CCFD-Terre Solidaire les accompagne avec son expertise d’acteur international, à la fois financièrement et humainement. Ces projets, qui couvrent un large spectre (agriculture familiale, économie solidaire, dérèglements climatiques…), sont mis en œuvre par des organisations partenaires locales qui refusent de subir et ont choisi d’inventer des solutions pour maîtriser leur destin. Consultant auprès du Conseil économique et social des Nations unies, le CCFD-Terre Solidaire agit pour faire changer les politiques auprès des décideurs et décideuses aux niveaux national et international vers plus de justice et de solidarité. Reconnu d’utilité publique en 1984, il s’appuie sur un réseau de 15 000 bénévoles investi·e·s pour sensibiliser les Français·e·s à la solidarité internationale et à la citoyenneté mondiale. ccfd-terresolidaire.org

L’association JRS France lutte contre l’isolement et l’exclusion sociale des personnes déplacées de force de leur pays d’origine. Le principe fort qui dirige nos actions est de « Donner priorité aux situations où les besoins sont les plus grands ». Notre vocation et d’accompagner les demandeurs d’asile et les réfugiés, de les servir et de défendre leurs droits, au travers de programmes concrets fondés sur l’action de terrain mise en œuvre par nos antennes régionales : solutions effectives d’hospitalité et d’hébergement temporaire, des solutions d’accompagnement juridique et d’intégration culturelle et professionnelle. Chaque jour, tous les acteurs de JRS France montrent que la rencontre efface la crainte de l’étranger au profit de la confiance et de la fraternité.

Au Secours Catholique-Caritas France, plus de 67 000 bénévoles et près de 1000 salariés agissent contre la pauvreté et en faveur de la solidarité, en France et dans le monde. En tant que service de l’Église catholique qui a pour mission de soutenir les plus fragiles, l’association – créée en 1946 – se mobilise sur le territoire hexagonal et outre-mer et apporte son soutien dans plus de 70 pays et territoires en lien avec le réseau mondial Caritas Internationalis.
Le Secours Catholique s’attaque à toutes les causes de pauvreté, d’inégalités et d’exclusion. L’association interpelle l’opinion et les pouvoirs publics et propose des solutions dans la durée. Elle place au cœur de son action la participation des personnes accompagnées et le renforcement de la capacité de tous à agir ensemble.

Notre démarche

Chacun constate, via son expérience personnelle ou les médias, que les phénomènes d’accueil comme de rejet des migrants sont au cœur de l’actualité. La capacité des français à tendre la main, comme la montée des peurs à l’égard ces personnes cherchant un meilleur avenir, sont des faits largement constatés. L’Eglise, et globalement les chrétiens ne sont pas épargnés par ces phénomènes et semblent partagés entre accueil et rejet.

Comment résister à cette montée des crispations et des oppositions au sein même de la communauté chrétienne ? C’est à ce défi que nos mouvements, sous l’égide de la Conférence des Evêques de France, ont décidé de s’engager ensemble, dans la durée.

Dans le cadre de la campagne Mondiale « Partager le chemin » initiée par Caritas Internationalis, le CCFD – Terre Solidaire, le Service National de la Pastorale des Migrants, JRS- France et le Secours Catholique-Caritas France ont depuis un an initié un travail de fond.

La première étape a consisté d’abord à comprendre les raisons et les ressorts qui provoquent chez certains un repli et des réactions de fermeture. Les comprendre, sans a priori, sans porter de jugement moral, pour trouver les moyens d’aider les chrétiens à dépasser ces peurs et être en mesure appréhender la question des migrants de façon sereine et dépassionnée. Un partenariat a été sollicité avec More In Common pour être accompagné et conseillé dans cette analyse.

Deux études ont été réalisées en parallèle fin 2017 et début 2018 :

La première, interne à nos réseaux respectifs, a eu pour but de relire et d’analyser ensemble les actions déjà menées par nos équipes et nos délégations, actions dont l’objet pouvait avoir un effet sur le « changement de regard » ;
La seconde étude, réalisée par More In Common avec le concours de l’IFOP, apporte un point de vue statistique et qualitatif d’une grande finesse pour analyser sereinement la façon dont les catholiques, dans leur diversité, perçoivent, ressentent et réagissent face à la question des migrations.
Un séminaire national de travail, les 24 et 25 mai dernier, a rassemblée 140 acteurs de nos mouvements pour croiser ces deux études, en tirer les premiers enseignements, et construire les bases d’une action durable, cohérente, complémentaire pour les années à venir.

L’étude qui est rendue publique aujourd’hui constitue donc un outil précieux de compréhension. Cette enquête, dont les premiers résultats ont été présentés lors de l’Assemblée plénière des Évêques à Lourdes en mars 2018, donne des informations très stimulantes. L’opinion des catholiques à l’égard des migrants apparaît variable selon les milieux et les profils. Mais il ressort surtout une approche mesurée loin des oppositions binaires trop souvent véhiculées. L’enquête démontre qu’une partie conséquente des chrétiens peut être accompagnée pour que soit renforcée leur disposition à l’hospitalité et la solidarité, si l’on sait écouter et prendre en compte leurs situations et craintes propres.

C’est à cet objectif que nos mouvements décident de s’engager ensemble pour les années à venir. Un programme d’actions et de messages communs et/ou complémentaires sera construit et proposé pour 2019 et 2020, pendant le temps de la Campagne « partager le chemin » lancée par le Pape François en septembre dernier.

Principaux enseignements de l’étude menée en coopération avec More In Common*

  1. Une majorité se dessine en faveur de l’accueil. 61% des catholiques interrogés refusent la fermeture totale des frontières et 71% d’entre eux soutiennent l’intégration par le travail.
  2. L’opinion catholique rejette les solutions à l’emporte-pièce. Ils refusent notamment de trier les migrants : 60% des catholiques rejettent l’idée d’accueillir prioritairement des migrants ayant des niveaux d’éducation et de qualifications supérieurs aux autres. Et ils sont 41% (contre 39% et 19% sans opinion) à penser que les migrants font des efforts pour s’intégrer.
    L’attitude des catholiques à l’égard des migrants ne se résume pas à une lutte des ouverts contre les fermés : elle est plutôt dominée par l’ambivalence. En vérité, chacun d’entre nous est traversé par des questionnements sur ce sujet complexe.
  3. 55% des catholiques sont en désaccord avec l’affirmation selon laquelle « c’est un problème que la majorité des migrants venant en France sont musulmans » et seuls 22% jugent l’islam incompatible avec la société française. De plus, 47 % des catholiques déclarent que les musulmans ont des valeurs similaires aux leurs.
  4. Néanmoins, un tiers des pratiquants se sentent en insécurité culturelle : ils ont le sentiment que l’Islam occupe une place et une influence de plus en plus importante. Mais cette inquiétude ne se traduit pas par une stigmatisation : ils distinguent l’islam, qu’ils connaissent mal, des musulmans, avec lesquels une majorité d’entre eux se sent en communauté de valeurs.
  5. Le débat public sur les questions « culturelles » tend à occulter les questions sociales, notamment parmi les publics les plus fragiles, parfois très éloignés de l’Église, qui se sentent abandonnés par l’État.
  6. Quelles que soient leurs perceptions des migrants, les catholiques donnent du temps, de l’argent ou en nature : leur engagement n’est pas déterminé par leurs attitudes. Un catholique sur deux a fait un don ou une action en faveur des migrants depuis un an. Une proportion qui reste élevée, même parmi les groupes les plus hostiles à l’accueil de l’étranger.
  7. Les catholiques restent attachés à la parole du Pape ; ils sont 61% à être en accord avec ses déclarations sur les migrants. Car, plus on est sûr de ses valeurs, plus on est accueillant. Un travail positif et inclusif sur l’identité catholique dans une société en pleine mutation peut porter ses fruits. L’appel du Pape à aller vers toutes les périphéries a aussi toute sa place dans une démarche de sensibilisation et de changement de regard.

* La volonté de comprendre et d’agir face à la réticence de nos démocraties à offrir leur hospitalité aux réfugiés est à l’origine de More in Common. Le projet More in Common a vu le jour en 2015 dans le cadre de travaux de recherche destinés à mieux comprendre les raisons expliquant cette réticence. Ces enquêtes réalisées dans plusieurs pays se sont intéressées en particulier aux dynamiques de l’opinion publique ainsi qu’aux réponses de la société civile. Aujourd’hui, More in Common est une initiative internationale, présente en France, dont l’ambition est d’immuniser nos sociétés contre la tentation du repli social, identitaire et culturel. More in Common est présente en France, au Royaume Uni, en Allemagne et aux Etats Unis. En France, More in Common est une association de loi 1901 et emploie quatre personnes.   Enquête menée par l’IFOP par téléphone du 11 au 18 décembre 2017 auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population catholique française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les données sur la structure de la population catholique sont issues d’une compilation d’études menées par l’Ifop auprès d’échantillons nationaux représentatifs en 2017 (total de 9 724 interviews).