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Suite à l’incendie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes le 18 juillet 2020, Mgr Benoît Bertrand, évêque de Mende, exprime sa profonde communion envers les Nantais, au micro de Jean-Claude Astruc, journaliste de RCF Lozère.

L’évêque de Mende,  Mgr Benoît Bertrand,  a été très choqué par l’incendie de la Cathédrale de Nantes. Ordonné prêtre pour le diocèse de Nantes le 29 juin 1991, puis nommé vicaire général du diocèse de Nantes en 2010, Mgr Bertrand connaît bien ce monument dont certaines parties ont été ravagées par les flammes.   

« Ce sont des pertes colossales, c’est aussi un choc pour tous les chrétiens ! »

Mgr Bertrand, comment avez-vous vécu l’incendie de la cathédrale de Nantes ?

« Avec les Français et les Nantais, j’ai été médusé devant les images de la cathédrale de Nantes saisie par les flammes. Les dommages sont beaucoup moins importants qu’à Notre-Dame de Paris, mais j’ai vraiment été ahuri devant cet incendie, d’autant que c’est en ce lieux que j’ai été ordonné prêtre en juin 1991. J’y ai célébré à de nombreuses reprises de grands évènements de la vie diocésaine, et c’est aujourd’hui l’incompréhension. Une enquête est en cours, la justice est au travail. Est-ce un acte de malveillance ? Est-ce un court-circuit généralisé avec trois départs de feu ? L’enquête le dira.

Je veux dire ma profonde reconnaissance envers les pompiers qui ont véritablement sauvé la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul, comme envers les membres du gouvernement qui ont fait preuve d’attention et de délicatesse en venant rapidement sur les lieux. Je dis aussi ma profonde communion envers les Nantais, mon ancien diocèse est toujours en attente d’un évêque. C’est pour la communauté catholique de Nantes une lourde épreuve. »

Vous aviez vu en 1972 le premier incendie de cette cathédrale ?

« Oui, j’avais douze ans à l’époque… Le 28 janvier 1972, un incendie considérable de près de huit heures avait embrasé la toiture de chêne de la cathédrale. J’ai aussi été le témoin de l’incendie de la basilique Saint-Donatien -toujours à Nantes- en juin 2015, la toiture en pin a été détruite en 25 minutes. Ces incendies répétitifs nous invitent à une extrême prudence lors de travaux et posent évidemment la question de la sécurisation des lieux de culte. J’espère de tout mon cœur n’avoir jamais à vivre un pareil drame en notre cathédrale à Mende ! »

 Comment voyez-vous la  sécurisation des cathédrales ?

« Nous sommes les affectataires et c’est l’État qui est propriétaire des cathédrales. Je vais, de nouveau, me mettre en contact avec les responsables de la préfecture pour voir comment avancent les travaux de sécurisation de notre cathédrale. Nous sommes en collaboration étroite les uns avec les autres : DRAC, ABF, pompiers… Je sais que des rencontres sont programmées sur ces questions de sécurité incendie… C’est pour le curé de la cathédrale et pour moi une priorité : la sécurisation des lieux doit être optimale ! On le sait, 95% des incendies naissent au cours de travaux ; cela nous engage tous à la plus grande vigilance. À Nantes, un orgue de quatre siècle a été détruit par le feu, ainsi qu’un tableau d’Hippolyte Flandrin, un des plus grands peintres religieux du XIXe siècle, « Saint Clair guérissant les aveugles ». L’œuvre se trouvait dans le bras droit du transept, tout proche du tombeau de François II. La toile monumentale  était placée au-dessus d’une armoire électrique qui a complétement brulé.

Tout cela a disparu. Ce sont des pertes colossales, c’est aussi un choc pour les chrétiens. Comment être davantage attentifs à ces joyaux cultuels et culturels que sont nos cathédrales ? Elles sont comme des sentinelles de la transcendance au cœur de nos villes. Elles sont, bien sûr, des lieux d’accueil et de prière, de silence, de célébration et de veille au cœur de nos cités. Nos cathédrales élèvent nos esprits vers le haut ! Elles sont le symbole de notre communion fraternelle et universelle qu’il s’agit de préserver absolument. »

Propos recueillis par Jean-Claude Astruc, pour RCF Lozère

 

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Paris, le 28 avril 2020
COVID_19

Communiqué du Conseil permanent suite aux annonces du premier ministre concernant le déconfinement

Le Premier Ministre a annoncé ce 28 avril 2020 que les célébrations avec assemblées ne pourraient reprendre qu’à partir du 2 juin, même si les lieux de cultes pourraient rester ouverts comme ils le sont aujourd’hui, que la liturgie des obsèques pourrait toujours être célébrée, tant dans les églises que dans les cimetières, en limitant le nombre de participants à 20.

Le Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France, au nom de tous les évêques, prend acte avec regret de cette date qui est imposée aux catholiques et à toutes les religions de notre pays. Nous partageons le souci du Gouvernement de limiter au maximum la circulation de l’épidémie, mais nous voyons mal que la pratique ordinaire de la messe favorise la propagation du virus et gène le respect des gestes barrières plus que bien des activités qui reprendront bientôt. La dimension spirituelle et religieuse de l’être humain contribue, nous en sommes persuadés, à la paix des cœurs, à la force dans l’épreuve, à la fraternité entre les personnes, et à toute la vie sociale. La liberté de culte est un élément constitutif de la vie démocratique. C’est pourquoi les évêques souhaitent rencontrer les pouvoirs publics, nationaux ou locaux, pour préparer la reprise effective du culte.

Les catholiques ont respecté et respecteront les consignes du Gouvernement. Le Conseil Permanent des évêques de France encourage vivement les familles qui seraient frappées par un deuil à ne pas renoncer aux obsèques religieuses, même si tous les membres de leur famille ne peuvent pas se réunir. Elle encourage aussi les fidèles à se rendre dans les églises pour y prier individuellement ; elle recommande aux diocèses et aux paroisses de continuer à proposer les moyens nécessaires à leur vie de foi. L’Église de France évaluera par ailleurs comment ce cadre nouveau permet la reprise de certaines activités caritatives étant données les situations de précarité dont elle est témoin.

La fête de la Pentecôte devrait marquer, sauf reprise de l’épidémie, la fin du confinement sévère en matière de vie liturgique et sacramentelle. Le Conseil Permanent des évêques de France invite les catholiques à vivre le mois de mai comme un mois « au Cénacle » dans une prière instante pour le don de l’Esprit Saint et comme un mois marial.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la CEF,
Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, vice-président de la CEF,
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, vice-président de la CEF,
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois,
Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers,
Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen,
Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux,
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre,
Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers.

 

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Déclaration œcuménique du jour de Pâques par le Conseil des Églises chrétiennes en France (CECEF)

COMMUNIQUÉ DU CÉCEF Pâques 2020

Matthieu 28,5-7

« Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n’est pas ici, car Il est ressuscité comme Il l’avait dit ; venez voir l’endroit où Il gisait. Puis, vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité des morts et voici qu’Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. »
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En ce jour de Pâques, alors que les chrétiens célèbrent la Résurrection du Christ Jésus, le Conseil d’Églises Chrétiennes en France, en lien avec les hommes et les femmes de toutes les Églises, œuvres et mouvements chrétiens dans leur grande diversité, exprime son soutien à chacune et à chacun dans la prière et l’espérance.

Le monde est entré depuis plusieurs mois dans la lutte contre le coronavirus. Nos pensées et nos prières vont vers les malades et tous ceux qui ont perdu un parent ou un proche. Cette pandémie révèle le courage et le dévouement des médecins, des infirmières, des infirmiers, de tout le personnel des hôpitaux, des EHPAD, des cabinets médicaux, des chercheurs. Nous saluons aussi celles et ceux qui, par leur présence au travail et leurs gestes de solidarité, répondent aux besoins de tous, rendent de multiples services, font vivre l’économie de notre pays, permettent notre approvisionnement et assurent la cohésion de notre société.

Nous n’oublions pas ceux qui vivent dans la rue, ainsi que les migrants dans notre pays et aux portes de l’Europe.
Nous prions instamment aussi pour les autorités de notre pays et les dirigeants de toutes les nations, pour que sagesse et discernement guident leurs décisions et pour que les forces soient données à tous de mener leur mission.

Après les jours de la Passion, cheminons avec le Christ ressuscité ! Cette année, nous ne pourrons pas nous rassembler pour célébrer Pâques. Cependant notre regard n’est pas « confiné » sur cette crise sanitaire ni sur nous-mêmes. Au cœur de cette épreuve, nous proclamons ensemble notre espérance.
Jésus-Christ nous précède et vient à notre rencontre, Il nous accompagne et suscite en nous la paix et la persévérance. Il renforce en nous et entre nous la fraternité, Il ouvre en nous la joie du partage et de l’attention aux autres.

Nous encourageons chaque membre de nos Églises à continuer à inventer ensemble dans cette période de distanciation, des signes visibles de fraternité, une éthique de solidarité, de charité et d’unité : lecture commune de la Bible, temps de prière partagés, chaînes téléphoniques pour prendre soin les uns des autres, etc.
Nous exhortons chacune et chacun à mettre tout en œuvre pour être disponibles auprès de celles et ceux qui en ont le plus besoin, en mutualisant les ressources et les moyens disponibles dans cette situation de confinement.

Nous rendons grâces au Seigneur, en communion les uns avec les autres, pour sa présence agissante dans nos vies, au cœur même des épreuves.

Le Christ met sa lumière dans nos ténèbres : Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité !

Pasteur François Clavairoly, Métropolite Emmanuel, Mgr Eric de Moulins-Beaufort
Co-présidents du CÉCEF

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Mobilisation fraternelle et spirituelle

Frères et sœurs, Chers amis,

Des mesures de mobilisation générale viennent d’être annoncées par le Chef de l’Etat. L’ennemi est là ! Le COVID-19 est chez nous en France et en Lozère. C’est une réalité immédiate et pressante. Des mesures de protections exceptionnelles sont prises. Nous allons donc devoir rester dans nos maisons ou nos appartements… Il est assurément de la plus haute importance, que chacun et chacune, respecte cette décision à la fois grave et inédite. Je demande notamment aux prêtres, aux diacres, aux salariés et aux bénévoles du diocèse de rester chez eux. La maison diocésaine et les accueils paroissiaux sont ainsi fermés à partir d’aujourd’hui.

Entendons aussi le cri des soignants : nécessité des « mesures barrières », de confinement, de restriction de circulation et de contacts. Je le redis, cette épidémie nous oblige, comme citoyen et comme chrétien, à la responsabilité personnelle et collective. Ces décisions vont donc avoir un impact fort sur nos vies individuelles, familiales, ecclésiales, sociales et économiques.

Nous prierons, chaque jour, pour les malades et leurs proches. Nous confierons, chaque jour, au Père des miséricordes les défunts, ceux de nos familles et les très nombreuses victimes du virus à travers le monde. Il nous faut aussi être exceptionnellement reconnaissants envers les personnels soignants. Ils se battent, jours et nuits, pour sauver des vies. Peut-être, dans quelques heures, la nôtre ! Des médecins, infirmières ou aides-soignants vont probablement payer ce combat d’un prix fort, par leur engagement admirable.

Durant cette période si particulière, « que demeure l’amour fraternel » (Hébreux 13,1). Prenons le temps de communiquer avec nos proches, jouer avec les enfants, travailler au jardin, nous occuper des animaux, prier, lire et nous cultiver… Gardons le lien entre nous : téléphone, réseaux sociaux, service, prière… Au cœur de ce carême 2020, j’invite tous les catholiques à mettre l’Essentiel au cœur de l’urgence ! Que notre prière personnelle et familiale soit intense et profonde, une prière nourrie de la Parole de Dieu. Cette Parole veut nous encourager et nous apaiser, nous réconforter et nous convertir. Notre mobilisation doit être aussi spirituelle.

Après échanges avec les services de la Préfecture et des entreprises de pompes funèbres, je demande qu’à partir du mardi 17 mars et jusqu’à nouvel ordre, les funérailles chrétiennes ne soient plus célébrées dans les églises de Lozère. Une fiche sera proposée à la famille pour qu’elle puisse conduire elle-même un temps de prière chrétienne au cimetière. Prêtres, diacres et membres des équipes funérailles ne se rendront pas au cimetière. En revanche, une messe sera dite de façon privée (et donc en l’absence de fidèles) pour le défunt et sa famille, par l’un des prêtres de la paroisse, le jour-même de l’inhumation. Dès que les conditions sanitaires le permettront à nouveau, les curés inviteront les familles et les proches des défunts à participer à une messe dominicale. J’ajoute que les prêtres en Lozère, comme vous le savez, sont extrêmement dévoués mais que leur moyenne d’âge est actuellement de 82 ans. Leur santé et leur vie doivent aussi être protégées.

Si je le peux, je me rendrai – seul – en pèlerinage à la crypte de Saint Privat, en notre cathédrale, afin de prier notre Saint Fondateur pour les défunts et les malades mais aussi pour chacun et chacune d’entre vous. Je vous invite, en communion avec votre évêque, à réciter votre chapelet, chaque jour, à midi. Ce sera aussi notre rendez-vous quotidien de communion fraternelle près de Notre-Dame. Je vous demande, chaque dimanche, de suivre la messe à la radio ou à la télévision. La communion de désir ou spirituelle est une magnifique tradition ecclésiale dans l’attente de pouvoir, de nouveau, communier ensemble au Seigneur ressuscité. Des propositions diverses de méditations seront mises à votre disposition sur le site de la Conférence des évêques de France et sur celui du diocèse. Je vous invite à consulter régulièrement ce dernier pour vous tenir informés de l’évolution de la situation.

Que notre mobilisation soit fraternelle et spirituelle.

Je vous redis à tous, frères et sœurs, chers amis, ma profonde communion. Notre-Dame, Saint Privat et Saint Roch, priez pour nous.

Mende, le 16 mars 2020

+ Benoit Bertrand
Évêque de Mende