Menu
En ce moment
Evénement Photo by Bruno van der Kraan on Unsplash

Message du père François Durand pour la fête de Pâques, en situation extra-ordinaire d’épidémie

Aucune traversée ne se fait sans danger. Aucun passage ne se fait sans péril. Aucune expérience vitale ne se fait sans vaincre la peur. Pâques est là, tout proche… et « les nations sont affolées et désemparées … Les hommes meurent de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde » (voir Luc 21, 25-26). L’épidémie violente que nous traversons nous plonge dans une tempête au silence inouï, silence du confinement… ponctué çà et là du bruit des nouvelles angoissantes.

« Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres », affirme l’écrivain tchadien Moustapha Dahleb tandis que le Pape François commente, face à une place Saint-Pierre vidée de ses fidèles et balayée par la pluie, le passage de la tempête apaisée (Marc 4, 35-41) : « Dans la barque, nous sommes seuls et ensemble… La tempête manifeste notre vulnérabilité ».

Qui aurait pu imaginer que notre Carême se prolonge dans une quarantaine mondiale ? Qui aurait pu penser, voici quelques jours encore, que nous ne pourrions pas nous rassembler pour célébrer la Semaine Sainte dans les églises ? Ces jours-ci, la prière des psaumes prend une saveur étonnante d’actualité. Affaiblis, nous crions vers le Seigneur. Poursuivis par un invisible Ennemi, nous nous jetons dans les bras du Seigneur en confessant notre péché commun.

Ce péché, le Pape n’a pas hésité à le nommer. Il résonne étrangement avec les insultes que Jésus subit sur la croix : « Sauve-toi toi-même… descends de la croix ! ». Notre ego superficiel, « tout ce qui nous fait avancer et ne fait pas avancer notre âme », dit le Pape, a entretenu en nous l’illusion de ne pas avoir besoin d’un Sauveur et de pouvoir esquiver la Croix. « Nous sommes allés trop vite. Nous ne nous sommes pas arrêtés devant les appels, les injustices. Nous n’avons pas bougé devant le drame des pauvres, des malades. Nous avons suivi notre chemin. » Dieu nous invite pourtant à le laisser nous conduire, à renoncer à tout maîtriser. A l’avant du navire, il est au gouvernail, par la Croix.

Le danger est toujours là. Les soignants partent au front « la boule au ventre », inquiets du risque qu’ils prennent, non pas tant pour eux-mêmes que pour leurs proches et pour les malades à qui ils sont envoyés. Des familles sont cruellement touchées par la perte d’un être cher, avec la douleur de ne pas avoir pu être à ses côtés alors qu’il souffrait. Des personnes fragilisées par le grand âge, le handicap, la maladie, la misère sociale, l’incarcération subissent de plein fouet un isolement aussi violent qu’inattendu. Des employeurs et des salariés sont inquiets des graves retombées économiques et sociales de la crise que nous traversons. Telle est la réalité que nous devons affronter aujourd’hui sans chercher à établir trop vite des analyses prématurées.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? » (Marc 4, 40). « Soyez sans crainte » (Matthieu 28, 10). Pour passer la mer, pour tenir bon dans cette épreuve, nous voici sommés de faire confiance, de grandir concrètement dans la foi. Nous n’avons pas le choix. Dans la prière et le service qui nous relient au Seigneur et à nos frères humains, Dieu agit et ouvre des chemins de salut. Il est là Celui qui a vaincu la peur. Rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ ; Il se donne jusqu’au bout. Par sa mort sur la croix et par sa résurrection d’entre les morts, il nous relève ; Il nous donne d’accomplir avec lui cette traversée périlleuse. « Il vit le Christ et il nous veut vivants ».

C’est ce que nous célébrons chaque dimanche et dans chaque sacrement. C’est ce dont nous avons à vivre chaque jour, en nous offrant nous-mêmes par amour. Désinstallés de nos habitudes, que cette Pâque inédite nous donne de redécouvrir la puissance du mystère pascal, la puissance de la mort et de la résurrection de Jésus, au plus concret de nos vies.

P. François Durand,
Vicaire général

 

Evénement

A l’occasion de l’évènement Illuminons l’Annonciation, Mgr Benoît Bertrand a souhaité adresser un message aux Lozériens

Pour la fête de l’Annonciation, l’ensemble des évêques de France ont invité les Français à un geste commun le mercredi 25 mars

Les catholiques ont souhaité donner une signification particulière en cette fête de l’Annonciation avec un temps de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays.

Un geste commun :

  • à 19h30 : déposer une ou plusieurs bougies sur sa fenêtre en communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays.
  • Méditer l’évangile de l’Annonciation (Évangile de Luc 1, 26-38)
  • Prier un  Notre Père  et 10  Je vous salue Marie

Demandons à Dieu par l’intercession de la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et d’amour pour qu’en cette épreuve, nous soyons davantage fraternels envers tous.

  • à 20h : les cloches des église sonneront, en cette fête, pour dire notre communion de prière et notre soutien envers le personnel soignant, au moment-même où les Français leur rendent hommage.

Le message des évêques de France

 

 

Flash

Mobilisation fraternelle et spirituelle

Frères et sœurs, Chers amis,

Des mesures de mobilisation générale viennent d’être annoncées par le Chef de l’Etat. L’ennemi est là ! Le COVID-19 est chez nous en France et en Lozère. C’est une réalité immédiate et pressante. Des mesures de protections exceptionnelles sont prises. Nous allons donc devoir rester dans nos maisons ou nos appartements… Il est assurément de la plus haute importance, que chacun et chacune, respecte cette décision à la fois grave et inédite. Je demande notamment aux prêtres, aux diacres, aux salariés et aux bénévoles du diocèse de rester chez eux. La maison diocésaine et les accueils paroissiaux sont ainsi fermés à partir d’aujourd’hui.

Entendons aussi le cri des soignants : nécessité des « mesures barrières », de confinement, de restriction de circulation et de contacts. Je le redis, cette épidémie nous oblige, comme citoyen et comme chrétien, à la responsabilité personnelle et collective. Ces décisions vont donc avoir un impact fort sur nos vies individuelles, familiales, ecclésiales, sociales et économiques.

Nous prierons, chaque jour, pour les malades et leurs proches. Nous confierons, chaque jour, au Père des miséricordes les défunts, ceux de nos familles et les très nombreuses victimes du virus à travers le monde. Il nous faut aussi être exceptionnellement reconnaissants envers les personnels soignants. Ils se battent, jours et nuits, pour sauver des vies. Peut-être, dans quelques heures, la nôtre ! Des médecins, infirmières ou aides-soignants vont probablement payer ce combat d’un prix fort, par leur engagement admirable.

Durant cette période si particulière, « que demeure l’amour fraternel » (Hébreux 13,1). Prenons le temps de communiquer avec nos proches, jouer avec les enfants, travailler au jardin, nous occuper des animaux, prier, lire et nous cultiver… Gardons le lien entre nous : téléphone, réseaux sociaux, service, prière… Au cœur de ce carême 2020, j’invite tous les catholiques à mettre l’Essentiel au cœur de l’urgence ! Que notre prière personnelle et familiale soit intense et profonde, une prière nourrie de la Parole de Dieu. Cette Parole veut nous encourager et nous apaiser, nous réconforter et nous convertir. Notre mobilisation doit être aussi spirituelle.

Après échanges avec les services de la Préfecture et des entreprises de pompes funèbres, je demande qu’à partir du mardi 17 mars et jusqu’à nouvel ordre, les funérailles chrétiennes ne soient plus célébrées dans les églises de Lozère. Une fiche sera proposée à la famille pour qu’elle puisse conduire elle-même un temps de prière chrétienne au cimetière. Prêtres, diacres et membres des équipes funérailles ne se rendront pas au cimetière. En revanche, une messe sera dite de façon privée (et donc en l’absence de fidèles) pour le défunt et sa famille, par l’un des prêtres de la paroisse, le jour-même de l’inhumation. Dès que les conditions sanitaires le permettront à nouveau, les curés inviteront les familles et les proches des défunts à participer à une messe dominicale. J’ajoute que les prêtres en Lozère, comme vous le savez, sont extrêmement dévoués mais que leur moyenne d’âge est actuellement de 82 ans. Leur santé et leur vie doivent aussi être protégées.

Si je le peux, je me rendrai – seul – en pèlerinage à la crypte de Saint Privat, en notre cathédrale, afin de prier notre Saint Fondateur pour les défunts et les malades mais aussi pour chacun et chacune d’entre vous. Je vous invite, en communion avec votre évêque, à réciter votre chapelet, chaque jour, à midi. Ce sera aussi notre rendez-vous quotidien de communion fraternelle près de Notre-Dame. Je vous demande, chaque dimanche, de suivre la messe à la radio ou à la télévision. La communion de désir ou spirituelle est une magnifique tradition ecclésiale dans l’attente de pouvoir, de nouveau, communier ensemble au Seigneur ressuscité. Des propositions diverses de méditations seront mises à votre disposition sur le site de la Conférence des évêques de France et sur celui du diocèse. Je vous invite à consulter régulièrement ce dernier pour vous tenir informés de l’évolution de la situation.

Que notre mobilisation soit fraternelle et spirituelle.

Je vous redis à tous, frères et sœurs, chers amis, ma profonde communion. Notre-Dame, Saint Privat et Saint Roch, priez pour nous.

Mende, le 16 mars 2020

+ Benoit Bertrand
Évêque de Mende

 

Flash

Aucune messe publique ne sera célébrée dans le diocèse de Mende jusqu’à nouvel ordre

 Suite à l’intervention de Monsieur le Premier Ministre ce samedi soir 14 mars, en accord avec notre évêque Monseigneur Benoît Bertrand, après échange avec la Préfecture de la Lozère, et face au développement de l’épidémie du COVID-19 y compris dans notre département, voici les nouvelles consignes à mettre en œuvre :

A partir du dimanche 15 mars inclus et jusqu’à nouvel ordre, les célébrations religieuses prévues le dimanche et en semaine sont suspendues. Ceci concerne les messes, les baptêmes et les mariages. Monseigneur Bertrand dispense les fidèles catholiques de l’obligation de la messe dominicale et invite chacun à un acte de communion spirituelle. Chacun pourra se joindre à la prière commune grâce aux messes radiotélévisées (Jour du Seigneur, KTO TV, France Culture), en méditant l’Evangile du jour (site AELF / Préparons dimanche sur le site du diocèse).

Les lieux de culte resteront ouverts.

Les prêtres célèbreront l’Eucharistie en privé (en l’absence de fidèles) en communion de prière avec les diocésains, particulièrement les personnes malades et les plus fragilisées. Les intentions de prière (offrandes de messes) données par des familles pour des défunts seront priées par les prêtres aux jours demandés par les familles.

Pour l’instant, seules les célébrations de funérailles peuvent avoir lieu dans une église, dans la stricte intimité familiale, à savoir les quelques personnes proches du défunt.

Les réunions, même lorsqu’elles concernent peu de personnes, doivent être annulées ou reportées à une date ultérieure encore indéterminée. L’accueil de la maison diocésaine et les accueils paroissiaux resteront fermés.

Chacun est encouragé à montrer l’exemple en respectant les geste-barrières et en évitant toute sortie ou rencontre non indispensables dans les semaines à venir.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution de la situation. Chacun est invité à consulter régulièrement le site internet du diocèse à cet effet.

Au cœur de cette épreuve, restons unis par la prière et la fraternité, comme nous le demande notre évêque, Mgr Bertrand, en priant chaque jour le Seigneur par l’intercession de Saint Roch pour nous accorder d’être libérés au plus vite de ce fléau et stimuler, en nous, une fraternité active.

 Glorieux Saint Roch, aimé et vénéré en Lozère,

animé d’une foi et d’une charité admirables,

tu as quitté une vie confortable pour servir tes frères malades.

Aujourd’hui tu es invoqué dans le monde entier.

Par ton intercession, que Dieu veille sur nous et sur tous ceux que nous te recommandons.

Qu’il nous délivre de tout mal du corps, de l’esprit ou de l’âme.

Inspire-nous les paroles et les gestes de réconfort ou de solidarité à l’égard de tous ceux qui souffrent sur nos chemins.

Fais de nous les témoins de l’amour et de la tendresse du Christ.

Garde-nous une santé suffisante pour assumer notre mission de chrétiens au service

de la paix, de la fraternité et des conditions de vie meilleure pour tous.

Enfin, après avoir fait route comme toi sur cette terre,

que nous obtenions la grâce d’être accueillis par toi dans la maison du Père.

Saint Roch, prie pour nous.

+ AMEN

14 mars 2020

Abbé François Durand

Vicaire général