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Aumônerie catholique des prisons du diocèse de Mende

Témoignage de Denis Schira, diacre diocèse de Mende, aumônier à la Maison d’arrêt de Mende.

Dans ce texte, je parlerai de la place de ma mission d’aumônier de prison. 
Un deuxième texte concerne l’expérience sur le chemin Saint-Jacques de Compostelle avec des personnes détenues.

Première partie

La mission d’aumônier de prison

Chaque lundi nous sommes deux aumôniers à entrer dans la Maison d’Arrêt. Après avoir franchi 7 portes, nous nous retrouvons dans une salle qui nous sert de rencontre d’aumônerie. La maison d’arrêt de Mende comprend 60 détenus en moyenne. Nous rencontrons deux groupes pour une heure chacun, total 10 à 15 personnes détenues. Il y a des catholiques, des musulmans, des évangéliques, des agnostiques…

Nous prenons tout d’abord un temps pour accueillir les nouveaux, pour écouter chacun sur ses projets de sortie, sur leurs conditions de détention et tout ce qui fait leurs vies carcérales.

Puis, nous distribuons à ceux qui en font la demande :
– des Bibles, des chapelets, des calendriers, des médailles (miraculeuses et autres), des croix…
– des Corans et horaires de prière pour les musulmans qui nous le demandent
– des dictionnaires (mongol, serbe, français etc.)

Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle avec des détenus - sur le diocèse de Mende

Enfin, nous prenons le temps de partager l’Évangile du jour (lundi) mais éventuellement nous pouvons prendre l’Évangile du dimanche précédent ou du mardi suivant, s’ils sont plus adaptés. L’Évangile du lundi est souvent merveilleux de partages, d’enseignements. Je suis et reste émerveillé de la pertinence, de la spiritualité de certains détenus. Ils reçoivent cette parole comme un cadeau qui libère, qui leur dit la tendresse de Dieu.

Souvent, nous dérivons sur la justice des hommes et de celle de Dieu. Nous abordons ensemble les grandes fêtes religieuses, les sacrements, les différentes religions, la relation à l’autre, la création, la terre… Nous terminons toujours ensemble par la récitation du Notre-Père.

À chaque grande fête religieuse, 4 ou 5 fois par an, nous proposons le sacrement de réconciliation le lundi précédent la messe du vendredi. Par exemple cette année 8 se sont inscrits pour la réconciliation et 12 pour la messe, c’est environ 20 % des détenus qui participent à ces rencontres.
« Les pauvres nous évangélisent », disait le pape François et je m’en émerveille. Il y a en eux et entre eux beaucoup de tolérance, d’attention, de « tendresse », ils sont dans la même galère. On fait ensemble communauté dans ces murs mais rattachés à la paroisse de Mende, de l’Église qui est en Lozère et de l’Église universelle.

Quand le père-évêque ou le vicaire général viennent pour le sacrement de réconciliation ou pour la messe, ils en sortent touchés, émerveillés de voir ces détenus rassemblés au nom de leur foi pour une relecture en vérité de leur vie passée et une recherche authentique de leur vie à venir. Oui, l’Esprit Saint souffle partout dans le monde et notamment en prison. Il traverse les murs, les grilles, les carapaces… je m’en émerveille.

Un autre point à souligner, c’est l’attention que nous portons au personnel de direction et aux surveillants. Notre fidélité chaque lundi (hors jours fériés, le directeur ne veut pas par manque de personnel), notre bienveillance, notre attention à eux aussi, fait que s’est créé certain climat de complicité, de sympathie. La loi de 1905 est parfaitement appliquée.

Denis Schira

Deuxième texte :