Église catholique en Lozère

14 septembre 2021 | 

Mgr Bertrand revient sur sa visite ad limina

Du 5 au 11 septembre 2021, Mgr Benoît Bertrand s’est rendu à Rome pour une visite ad limina avec le groupe 1 des évêques français, à savoir : les évêques des provinces de Montpellier, Marseille et Toulouse, de Monaco et des éparchies.

Ad limina signifie « sur le seuil de » (ad limina apostolorum, : « au seuil des apôtres »). Il s’agit d’un évènement qui a lieu environ tous les cinq ans (mais souvent plus).

Ce « rendez-vous » aux racines de la foi est un événement à la foi pour l’évêque lui-même, mais aussi pour le diocèse qui est présent dans le cœur et l’esprit de son pasteur.

Les quatre dimensions de la visite ad limina

1- Il s’agit tout d’abord d’un pèlerinage, dimension spirituelle de cette visite à la source de la foi et qui s’enracine à la foi des Apôtres Pierre et Paul.

Chaque jour la messe est célébrée dans une des basiliques : Saint-Jean-de-Latran, Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-Murs et Sainte-Marie-Majeure. Des moments intenses où l’évêque confie particulièrement son diocèse et la vie de personnes qui vivent telle ou telle situation.

2- Les rencontres avec les différents dicastères (ministères) ont été marquants. Cinq dicastères par jour au programme : dicastères pour les laïcs et la familles ; pour l’unité des chrétiens ; pour la cause des saints ; pour les religieux ; le dicastère sur la communication ; etc.

Par exemple, la rencontre avec le cardinal Marcello Semeraro du dicastère pour la cause des saints a permis de poser la question quant à l’éventualité d’une canonisation du Bienheureux Urbain V. Est-ce opportun ? Quelles sont les étapes de réflexion ? etc.

Dans ces rencontres, l’évêque ne travaille pas à son compte. Il a des comptes à rendre : au Seigneur ; au peuple de Dieu qui lui est confié (ses conseils et les personnes de son diocèse) ; au Pape ; aux représentants de la curie.

C’est une sorte de « go-between« , de « va et vient » : Rome a besoin d’entendre ce qui se vit en Lozère, au sein des Églises locales ; et en Lozère, d’entendre ce qui se vit à Rome.

Mgr Benoît Bertrand a été marqué par la profonde écoute des dicastères, leur proximité, leur désir de dialogue. Il les a senti vraiment au service !

Il a également été frappé par le rajeunissement et la féminisation de la curie des dicastères qui se sont révélés pas si âgés que ça et composés d’évêques, de laïcs, de consacrés, d’hommes et de femmes. Et tous, habités du désir de servir dans la proximité.

3- Le point d’orgue : la rencontre avec le Pape. 2h10 d’échange avec lui : un moment fort !

Mais à la fois un temps extrêmement simple, avec un pape de dialogue, d’humilité, de simplicité, qui a voulu montrer sa proximité d’avec les évêques.

Mgr Bertrand a trouvé notre Pape en forme, heureux de cette première visite depuis le confinement. « Vous m’avez fait du bien ! », a-t-il déclaré aux évêques présents.

Sa liberté de ton a été incroyable. A la fin de l’entretien, il a consacré dix minutes pour une petite catéchèse sur les quatre proximités de l’évêque :

– avec Dieu (par la prière) ;
– avec ses frères évêques (« soyez proches les uns des autres. Même si vous n’êtes pas d’accord, disputez-vous mais comme des frères ! ») ;
– avec les prêtres, en étant attentifs à eux (« Qu’ils aient tous le téléphone de l’évêque et que lorsqu’on demande un rendez-vous, que ce soit dans les jours qui suivent. »). Entretenir avec eux une relation paternelle, fraternelle et amicale ;
– avec le peuple de Dieu. Il a souligné le fait « d’aller à la rencontre », y compris avec les politiques et les élus (« Ne faites pas de politiques, mais échangez avec eux »).

4- La vie fraternelle entre évêque est la quatrième dimension de la visite ad limina. 75 km parcourus sur les pavés romains en cinq jours… « les pas poussent les mots ». Cela a participé au développement de la vie fraternelle, d’échanger sur les joies, les peines, les projets dans la vie de leur diocèse.

S’il y avait un thème qui a traversé l’ensemble de la visite ad limina, ce serait celui de la synodalité : faire l’expérience que tout le peuple de Dieu est envoyé en mission. Tous sont invités à témoigner de l’Évangile.

A la suite du Pape, nous allons vivre et mettre en œuvre la synodalité de l’Église :

  • les cinq paroisses travaillent à un projet paroissial missionnaire en associant le plus grand nombre.
  • l’Enseignement catholique entame lui un projet à construire ensemble.
  • les services diocésains vont travailler à toujours davantage travailler ensemble.

Ce lancement synodal sera vécu le 10 octobre prochain à l’occasion de la fête diocésaine pour les 400 (+ 1) ans de la consécration de la cathédrale, après que le lancement ait été vécu le matin à Rome.

Lors de sa rencontre personnelle avec le pape François, Mgr Bertrand a souhaité lui parler du monde agricole, en soulignant la co-naturalité du monde agricole et de l’Évangile.

« Ce voyage m’a renouvelé dans ma foi, déclare Mgr Bertrand, mais aussi une foi missionnaire. Je veux manifester l’Église de la rencontre et de la joie !« 

Propos recueillis par Nolwenn Bottou

Retour en vidéo réalisé par :
Patrick Zimmerman du journal La Lozère Nouvelle
et Jean-Claude Astruc de RCF Lozère

Retour en vidéo réalisé par la chaîne KTO TV :