Église catholique en Lozère
07 janvier 2026 |

Le pape Léon XIV en Turquie et au Liban

Du 27 novembre au 2 décembre 2025, le pape Léon XIV a entrepris, dès les mois suivant son élection, son tout premier voyage apostolique hors d’Italie. Le choix de la Turquie et du Liban, à la croisée des traditions chrétiennes et des défis contemporains du Moyen-Orient, en dit long sur les priorités de son pontificat : mémoire historique, dialogue œcuménique, proximité avec les fragiles, et message de paix.

Turquie : retour aux sources chrétiennes, appel à l’unité

Le 27 novembre, le voyage débute à Ankara. Après un accueil officiel, le pape visite le mausolée d’Atatürk et rencontre les autorités turques, les représentants diplomatiques et la société civile, un geste de respect pour l’histoire et le présent de ce pays. Dans la soirée, il rejoint Istanbul, point d’entrée symbolique entre l’Orient et l’Occident.

Le 28 novembre, à Istanbul puis à İznik (l’ancienne Nicée) le pape se joint à une rencontre œcuménique de prière, en commémoration du 1700ᵉ anniversaire du premier concile de Nicée. Cette étape, hautement symbolique, rappelle que l’unité des chrétiens est au cœur de sa démarche.

À travers ces gestes (visites officielles, prières, dialogue religieux) Léon XIV souhaite réaffirmer que l’histoire chrétienne n’est pas un héritage figé, mais une fondation vivante pour la fraternité et le dialogue entre confessions.

Liban : proximité, compassion et espérance

Le 30 novembre, le pape atterrit à Beyrouth. Dès son arrivée, il entame une série de rencontres : avec des responsables politiques, civils et religieux, mais aussi avec des fidèles (catholiques et d’autres confessions) dans un pays marqué par des crises économiques, sociales et un profond exil de populations.

Le 1er décembre, il se rend au monastère d’Annaya pour prier sur la tombe de Charbel Makhlouf, figure importante pour les chrétiens du Liban. Puis à Harissa, au sanctuaire de Notre-Dame du Liban, il rencontre des communautés catholiques des différentes Églises orientales, exprimant un souci œcuménique et de communion des Églises.

Le 2 décembre, avant de repartir, il visite un hôpital à Jal el-Dib, rencontre avec les malades et soignants, témoignant de la charité concrète de l’Église. Enfin, il célèbre une messe au « Beirut Waterfront », sur le bord de mer — un geste fort pour le peuple libanais, symbole d’espérance et de réconfort après des années de difficultés.

Une dimension spirituelle : mémoire, dialogue, compassion

Ce voyage n’est pas seulement diplomatique : il incarne une vérité profonde de la foi. En se rendant à Nicée, le pape revient aux racines de la chrétienté. Un rappel que l’unité chrétienne n’est pas un luxe du passé, mais une exigence du présent. En Turquie comme au Liban, il entend rapprocher les communautés, susciter le dialogue et fortifier la fraternité malgré les blessures de l’histoire.

Au Liban, son attention aux pauvres, aux malades, aux jeunes montre que l’Église se pose comme « Église-pauvre pour les pauvres », proche des fragiles, non pas en discours mais en actes. Et sa présence à Beyrouth, à Harissa, à Annaya, c’est une bénédiction, un message d’espérance pour un peuple éprouvé : croire qu’un avenir de paix, de dignité, de cohabitation est possible.

Dans le message qu’il a prononcé à son retour, le pape Léon XIV a insisté : « la paix est possible », appelant tous les croyants, de toutes les confessions, à s’engager dans le dialogue, la justice, la fraternité.