La venue du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre prochains suscite l’engouement. Dès le lendemain de l’ouverture des inscriptions aux différents temps de ce voyage, le Stade de France pour la veillée avec les jeunes affichait complet.
Le pape a choisi de venir à Paris, à Lourdes et à Metz. Si les deux premières destinations sont traditionnelles, la troisième peut étonner. Pourquoi le pape a-t-il souhaité à se rendre à Metz ? Metz n’a pas été choisie au hasard : le pape Léon XIV veut en faire une étape à forte portée européenne et spirituelle de son voyage en France. Le choix de Metz est principalement lié à sa dimension européenne, plutôt qu’à son importance démographique ou à la présence d’un grand sanctuaire

Metz est une ville symbole de l’Europe et de la réconciliation franco-allemande. Située près des frontières allemande, luxembourgeoise et belge, elle représente particulièrement bien l’idée d’une Europe construite sur la paix après les guerres. Le voyage doit notamment porter un message de paix au cœur de l’Europe. C’est la ville de Robert Schuman. Ancien ministre français, il est considéré comme l’un des pères fondateurs de la construction européenne. Catholique pratiquant, il défendait l’idée que des nations qui s’étaient fait la guerre pouvaient transformer leur relation en coopération et en réconciliation. « La mission de Robert Schuman a été d’être un grand jeteur de ponts, un homme de rencontre fraternelle et de dialogue fécond entre les peuples souvent opposés, un apôtre de la réconciliation et de la paix ». Son procès en béatification a été ouvert par le diocèse de Metz il y a près de 35 ans. Le 19 juin 2021, le pape François l’a déclaré vénérable.
C’est précisément cette histoire qui intéresse Léon XIV. Le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, a expliqué que la France et l’Europe ont connu « les pires atrocités » au XXᵉ siècle, mais qu’une réconciliation entre anciens ennemis a ensuite permis de faire naître un projet politique européen, porté notamment par Robert Schuman, Konrad Adenauer, Jean Monnet et Alcide De Gasperi.
Léon XIV insiste depuis le début de son pontificat sur une idée de paix par le dialogue, la diplomatie et la coopération, plutôt que par la confrontation. En avril 2026, devant des responsables politiques européens, il a notamment appelé les chrétiens engagés en politique à travailler à la collaboration active et au bien commun.
C’est le sens donné par l’Église de France à cette étape : prendre appui sur l’expérience européenne de la réconciliation pour « travailler à la paix » dans le monde actuel. Et le lieu choisi est particulièrement parlant : le pape participera à Metz à une rencontre interreligieuse en hommage à Robert Schuman, avant la messe de clôture dans la cathédrale Saint-Étienne.
Léon XIV ne va pas simplement à Metz pour honorer un homme politique catholique. Il va à Metz pour présenter une certaine idée de l’Europe : celle d’anciens ennemis qui deviennent partenaires, et d’une paix construite par le dialogue. C’est probablement pourquoi cette petite ville frontalière prend, dans son voyage, une dimension qui dépasse largement la France.
+ Monseigneur Jean Pelletier, évêque de Mende