Église catholique en Lozère
28 octobre 2026 |

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Aux jours les plus sombres de 1944, l’abbé Félix Vidal, archiprêtre de la cathédrale de Mende (1928-1957), avait fait la promesse de célébrer avec le plus d’éclat et le plus tôt possible le 50e anniversaire du couronnement de Notre-Dame de Mende, si l’occupant épargnait la ville, ce qui fut le cas.

Mgr Rousseau, l’évêque de Mende (1945-1950) voulut mettre son épiscopat sous la protection de la Vierge et il décida que l’année 1946 serait pour le diocèse une année mariale. C’est ainsi qu’il convia tous ses diocésains à une grande célébration après la fête de l’Assomption : le 18 août 1946. Il y a eu 80 ans le 18 août dernier.

Le diocèse connut alors les 17 et 18 août 1946 des fêtes inoubliables au cours desquelles environ 35 000 pèlerins (selon l’hebdomadaire Lozère Nouvelle) venus de tous les coins de la Lozère ont célébré avec une ferveur enthousiaste Notre-Dame de Mende et les Madones lozériennes. Dans toutes les paroisses des triduum en l’honneur de la Vierge avaient rapproché les fidèles. Le 15 août, à Mende, les prédications du R.P. Philip, missionnaire diocésain surent raviver le culte que les mendois ont toujours porté à leur chère Madone.

A l’occasion de cette fête, les madones lozériennes qui sont l’objet d’un culte particulier et qui ont un pèlerinage organisé dans leur sanctuaire ont été amenées à Mende en grande solennité. Le programme prévoyait leur transport, en principe, sur un char orné et tiré à bras à deux ou quatre roues. Un trône, orné avec goût devait y être dressé. Il pouvait être dominé ou non par un baldaquin selon la taille de la Madone.

Liste des Madones venues à Mende le 18 août 1946 :

  • 1 Notre-Dame de la Carce, Marvejols
  • 2 Notre-Dame de Quézac
  • 3 Notre-Dame de Tout-Pouvoir, Langogne
  • 4 Notre-Dame de Nogaret, Saint-Pierre-de-Nogaret
  • 5 Notre-Dame de Beaulieu, Paulhac
  • 6 Notre-Dame de Pitié de Saint-Chély-d’Apcher
  • 7 Notre-Dame de La Malène
  • 8 Notre-Dame des Salelles
  • 9 Notre-Dame de la Santinelle, Nasbinals
  • 10 Notre-Dame du Rocher, Meyrueis
  • 11 Notre-Dame de Val-Francesque, Saint-Etienne-Vallée-Française
  • 12 Notre-Dame de la Salette, Saint-Privat-de-Vallongue
  • 13 Notre-Dame de Toutes Grâces, Le Cheylard
  • 14 Notre Dame de Serverette, Serverette
  • 15 Notre-Dame de Bouldoire, Montrodat (Bouldoire)

La soirée du samedi 17 août 1946

Les madones parées de guirlandes de fleurs et de verdure ont cheminé vers Mende les 16 et 17 août. Leur réception solennelle a eu lieu le samedi 17 août à 18h 30. Le cortège précédé de la fanfare Jeanne d’Arc traversa la ville de Mende ornée d’arcs de triomphe et d’allées fleuries. Les vierges des quartiers étaient, elles aussi, toutes décorées avec art et amour. Le dimanche, l’image de la Vierge de Csestochova (Pologne) vénérée par la colonie polonaise de Bagnols s’inséra dans le cortège. A l’entrée de la place Urbain V deux arcs de triomphe et une grande estrade pour le clergé avaient été aménagés. Au-dessus de l’autel, une seconde estrade était destinée à recevoir les madones. 

Après l’allocution de bienvenue de Mgr Rousseau, une procession aux flambeaux est organisée. Les pèlerins ont rempli la cathédrale pour une veillée de prières qui s’est achevée par la messe de minuit. Les Madones étaient rangées dans le chœur autour de Notre-Dame de Mende.

La journée du dimanche 18 août 1946

Pendant toute la matinée des centaines de personnes ont prié devant les Madones comme l’on prie devant la grotte de Lourdes. Avant la messe pontificale les Madones sont placées au-dessus de l’autel près du porche. Les autorités religieuses comme les autorités civiles (MM. Mazel, député-maire de Mende, Roujon, Président du Conseil général, Dr Morel, conseiller général de Mende, les conseillers généraux Buffière, de Flers, de Villeneuve, Peytavin, Alméras) avaient pris place.

Après la messe, un repas réunit les autorités religieuses et civiles au grand séminaire. A la fin du repas des prises de parole se succèdent. Chacun évoque à sa manière ces moments inoubliables « qui raffermissent des traditions de foi d’un passé dont nous n’entendons pas faire table rase » (propos de M. Roujon).

L’après-midi, après les vêpres, une longue procession des Madones rythmée par les prières et les chants fait le tour de ville et s’achève par la bénédiction du T.S. Sacrement. A 21 heures, l’embrasement de la cathédrale par un feu d’artifice rassemble une dernière fois des milliers de personnes.