Eric ANNINO, diacre permanent pour le Diocèse de Mende, nous parle du lien qu’il fait entre son ministère et son activité d’accueil en Chambres d’Hôtes.
Une présentation rapide : qui êtes vous ?
J’ai 51 ans, nous sommes mariés avec Emmanuelle depuis 22 ans, nous habitons au Chastel Nouvel. J’ai été ordonné diacre permanent en décembre 2021 avec Vincent Métral, après un temps de formation avec les diocèses de Nîmes et Montpellier. La mission confiée par l’Evêque est la question de la liturgie au niveau paroissial à Mende et au niveau diocésain. Mon activité professionnelle au Conseil Départemental de la Lozère est tournée vers les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Depuis quand avez vous des chambres d’hôtes ?
L’idée a germé en 2020 d’ouvrir 4 chambres au Chastel Nouvel, pour accueillir les gens qui souhaitent vivre un séjour en Lozère ou de passage. Nous étions avec Emmanuelle sur la fin de la formation au diaconat permanent. C’était aussi un moment de discernement à la fois vocationnel mais aussi pour la vie toute entière. Il s’agissait aussi pour nous de faire revivre cet endroit qui était un centre névralgique du village du Chastel Nouvel où ma belle-mère tenait le bar – restaurant – tabac – hôtel : un endroit chargé d’histoires, collectives, individuelles et familiales (déjà 3 générations). Nous nous sommes lancés et nous avons ouvert l’été 2021. Ce qui nous habitait, c’était l’envie de faire découvrir notre si belle région, d’en parler, de donner envie d’aller plus loin, de rentrer un peu plus en contact avec les personnes. Pour nous, il était important que les personnes soient bien chez nous : à la fois dans du beau et du confortable.
Quel lien faites vous entre votre ministère diaconal et le fait de gérer vos chambres d’hôtes ?
Je crois que c’est le mot « accueil » qui me vient en premier. Quelle joie d’accueillir les personnes en fin de journée. Même si c’est parfois bref, nous prenons toujours le temps d’apprendre à se connaître. Autour de la table, nous prendrons encore un peu plus de temps pour permettre aux hôtes de comprendre notre département, notre région et nous, de connaître, qui ils sont, ce qu’ils font. Cette activité me permet encore davantage de parfaire ce sens de l’accueil, de l’écoute, du partage. C’est par vraie envie de la rencontre que ce projet à pris corps et qu’il vit. La maison à côté de l’église au Chastel Nouvel m’invite à souvent reparler avec les personnes de la sonnerie de la cloche : de les rassurer pour la nuit, mais aussi de leur parler de l’angélus 3 fois 3 coups de cloche à 7 heures, 12 heures et 19 heures : Qu’ils ne pensent pas qu’il est 9 heures à 7 h pour faire la grâce matinée… Je suis étonné du nombre de personne qui découvre l’angélus : cette prière, trois fois par jour, en mémoire de l’incarnation du Fils de Dieu. Le clocher ne donne pas que l’heure, il rythme aussi la journée des chrétiens.
Cette activité me permet aussi d’être parfaitement enraciné dans notre époque : le fait de recevoir des personnes qui viennent pour des événements particuliers comme le Trèfle Lozérien, le Marvejols – Mende ou encore le Rallye Terre de Lozère, me permet d’être encore un peu plus attentif à toutes ces manifestations et de suivre cette quantité de bénévoles qui œuvre pour faire vivre notre pays. A notre mesure nous permettons à ces activités d’accueillir les participants et c’est beau de les entendre parler de ce qu’ils y vivent, même s’ils sont venus pour la gagne et qu’ils ne monteront pas sur le podium. Nous sommes ravis d’accueillir maintenant quelques « habitués » : ils sont presque chez eux.

Le ministère est parfois plus explicitement présenté : Par exemple quand les hôtes sont de la famille d’un baptisé que j’aurai la joie de baptiser le dimanche même. Quand ils me disent pourquoi ils sont là et que nous faisons le lien du rendez vous qui nous est fixé un peu plus tard dans le week-end. Ou encore, parce que le rendez vous d’accueil du samedi soir ou de petit déjeuner du dimanche doit être avancé pour me permettre d’être disponible à 18 h ou 10 h… je dois dire que l’accueil par les personnes du fait que je sois diacre est plutôt positif. Ces activités de rencontre, d’accueil, de mise à l’aise me permettent d’être complètement implanté dans le monde en plus de mes activités professionnelles, ministérielles ou associatives.
Même si l’activité d’Emmanuelle est très prenante, la gestion du centre d’Equitation Ethologique à Alteyrac, elle est à mes côtés aussi souvent que possible, notamment quand les personnes souhaitent dîner avec nous. Tenir des Chambres d’Hôtes est une vraie activité familiale.


Un mot de conclusion ?
Depuis maintenant 5 ans, nous accueillons des personnes qui passent du temps en Lozère, quelques jours, une soirée étape. Avec ce petit recul et même si c’est une activité chronophage, je peux dire que cette activité m’aide dans ma vie quotidienne et ecclésiale. Toujours développer ma capacité d’accueillir l’autre, celui que je connais pas, ou pas encore, de savoir prendre le temps de la rencontre : tel sont vraiment les enjeux et les objectifs de cette activité.
Nous vous attendons au Chambres d’Hôtes MALAVETULA !
– Eric ANNINO, diacre permanent pour le Diocèse de Mende