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Les sweats « Il te veut vivant ! » sont en vente

Ces sweats reprennent  le message clé de l’exhortation apostolique Christus vivit’ du pape François, à savoir : « Il te veut vivant ! ».

Les commandes de sweats sont donc ouvertes. Pour s’en procurer, utilisez le bon de commande ci-dessous (ou recopiez les informations sur papier libre). Vous pouvez aussi passez directement à la maison diocésaine à Mende.

 

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La Maisonnée Sainte-Angèle est une belle réalisation des Ursulines de Chirac

Les Ursulines ont engagé toute leur vie au service de la dignité de la personne à la manière d’Angèle. C’est dans cette continuité que la Maisonnée Sainte-Angèle se dévoile.

Les sœurs de la communauté de Chirac, avec le défi de leur âge, sont heureuses d’ouvrir leur maison communautaire à l’accueil de personnes laïques. Ce lieu de vie permet à des personnes retraitées autonomes ou semi-autonomes, de vivre dans un habitat accompagné et partagé, d’inspiration chrétienne, en proximité avec la communauté et les autres habitants, tout en ayant leur part de vie privée.

Qu’est-ce qu’une maisonnée

La maisonnée se veut un habitat inclusif au sens de l’article 129 de la loi ELAN et demeure un logement foyer au sens de l’article 633-1 du CCH.

Elle est constituée d’un ensemble d’espaces privatifs locatifs non médicalisés et d’espace communs. Elle est adaptée à la perte d’autonomie et au handicap, elle ne relève pas des règles liées à un établissement médico-social.

Le projet de vie sociale et partagée de la maisonnée est élaboré dans une logique de bien vieillir à domicile :

  • dans un cadre sécurisant,
  • par l’adaptation des locaux,
  • la présence rassurante des autres locataires,
  • une solidarité entre résidents,
  • les services proposés,
  • la présence d’une coordinatrice durant la semaine…

L’objectif est donc de favoriser le « vivre ensemble », pour limiter le risque d’isolement. Le projet de vie sociale et partagée intègre la prévention de la perte d’autonomie, il anticipe les risques d’évolution de la situation des personnes.

Portes ouvertes de la maisonnée

La Maisonnée Sainte-Angèle est maintenant ouverte depuis plusieurs mois.

Des portes-ouvertes sont prévues le jeudi 12 novembre 2020 de 10h à 17h.

Contact :

Marie ROCHETEAU 06 41 36 86 63 – maisonee.sainteangele@gmail.com

 

 

 

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Signée le 3 octobre, symboliquement à Assise, et publiée le 4 en la fête de Saint François, la nouvelle encyclique du pape François assurément fera date ! Il s’agit d’un texte fort, stimulant, audacieux sur la fraternité et l’amitié sociale. Il marquera le Pontificat. Cette Lettre adressée à tous est donc une encyclique avec son haut degré d’autorité. A la suite de Lumen Fidei (encyclique sur la foi), Laudato Si (encyclique sur l’écologie intégrale), Fratelli Tutti nous interroge : que fais-tu de ton frère blessé sur le bord du chemin ? Et ceci, à la lumière de la parabole édifiante du Bon Samaritain.

Par son style, les images, les références, les insistances, cette Lettre encyclique porte, d’un bout à l’autre, la signature, l’esprit et la lettre du pape argentin. Il nous encourage à vivre dans un monde ouvert, à développer la meilleure politique visant le bien commun et universel, une politique pour le peuple et avec le peuple. Il nous demande de vivre une fraternité en actes et pas simplement en paroles près des plus fragiles et des plus vulnérables. Savoir dialoguer est le chemin pour ouvrir et construire l’amitié sociale qui cherche la vérité. Fruit de ses rencontres, de son expérience personnelle et de sa méditation, le Saint-Père nous propose sa réflexion pour notre « monde d’après » la crise sanitaire. Les religions y sont appelées à se mettre au service de la fraternité pour vivre ensemble dans la maison commune que le Père nous a confiée.

Tous, nous aurons à cœur de découvrir et de lire les 8 chapitres et les 287 numéros de cette longue et nouvelle encyclique Fratelli Tutti. Elle est pour vous, elle est pour moi, elle est pour notre monde en attente de fraternité et d’amitié sociale qui s’éprouvent de proche en proche. C’est une parole au service du dialogue, de la paix et de nos relations interpersonnelles, au service de nos communautés au-delà des frontières… Méditez ces pages avec les trois questions suivantes : Que dit le pape ? Que me dit le pape ? A quoi m’appelle-t-il personnellement ? N’hésitez pas à partager entre vous sur cette encyclique, dans vos paroisses et vos mouvements. Osez en parler aussi autour de vous. Le pape nous demande, fraternellement, de passer de « l’entre-soi » à « l’autre soi » !

Être fraternel, avec la grâce de Dieu, n’est pas simplement une vision idéaliste, mièvre et douceâtre mais un programme concret, personnel et communautaire. Avec notre pape François et Fratelli Tutti redécouvrons la beauté de la fraternité : « Un mode de vie au goût de l’Évangile ».

+ Benoit Bertrand
   Évêque de Mende


 

 

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L’écologie intégrale telle que la conçoit Laudato Si’ est le thème de travail du nouveau Conseil diocésain de pastorale (CDP) constitué par Monseigneur Benoit Bertrand

Ce conseil, élu pour une durée de 3 ans, est constitué de vingt personnes d’horizons très variés, mais toutes sensibles à la question de l’écologie intégrale.

Réuni le 12 septembre 2020, le conseil a plongé dans ce vaste et passionnant sujet : comment prendre soin et habiter ensemble notre Maison commune ! C’est un défi majeur qui nous attend !

Pour commencer, l’expertise de William Clapier, du diocèse du Gard, nous a introduits et mis à l’écoute l’encyclique Laudato’si du Pape François. Il s’agit de contempler pour s’engager, et de comprendre qu’habiter la maison commune nécessite la participation de tous et le souci de chacun. L’écologie intégrale est une invitation à une conversion personnelle à recevoir la création et tout habitant de notre maison commune comme un Don et à vivre envers eux la charité fraternelle.

Notre prochaine rencontre fera l’objet d’un état des lieux.
Ensemble nous serons attentifs à la clameur de la terre et au cri du pauvre sur notre terre de Lozère. Nous nous mettrons à l’écoute d’hommes et de femmes de bonne volonté et nous dialoguerons afin de discerner les urgences pour notre territoire.

Ces urgences seront nos points d’attention qui mobiliseront le CDP par la suite dans l’objectif d’être force de propositions pour notre église diocésaine, nos paroisses et communautés mais également d’apporter notre humble contribution à la sauvegarde de la Maison commune en Lozère.

Étienne Rocheteau

 

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Le conseil épiscopal de rentrée s’est tenu du 1er au 3 septembre 2020

Deux jours de prière, de travail et d’échanges chez les sœurs ursulines de Malet (Aveyron), c’est ainsi que Monseigneur Benoît Bertrand et son conseil épiscopal ont débuté l’année pastorale.

Après avoir accueilli Christophe Trébuchon, diacre, nouveau membre du Conseil, et avoir échangé quelques nouvelles de l’été écoulé, nous nous sommes mis, personnellement et ensemble, à l’écoute du Seigneur, à travers une matinée de récollection. « Que devons-nous faire ? », cette question des disciples prend cette année une acuité particulière alors que nous traversons une crise sanitaire aux répercussions socio-économiques encore mal connues. Le récit de la tempête apaisée, en Mt 8, 23-27, nous a conduits à contempler Jésus montant dans la barque. La traversée est périlleuse ; la barque est submergée par les flots ; Jésus dort. Face aux convulsions du monde, Dieu semble garder le silence pour mieux rejoindre notre vulnérabilité et nous engager à la confiance en Lui et en son Eglise. Jésus menace les vents et la mer : « il se fit un grand calme »… calme intérieur d’une foi paisible qui n’oublie pas, au milieu des épreuves, de repérer la moindre source de vie.

Une telle méditation nous a préparés à un échange sur « le monde d’après » dans le diocèse de Mende. Après l’expérience du confinement, comment nous recentrer sur l’essentiel : la rencontre et la mission ? Nous sommes d’ores et déjà engagés dans une conversion pastorale qui suppose un changement des mentalités et rencontre nécessairement des freins. La dynamique initiée par la journée du 12 octobre 2019 : « Nos paroisses missionnaires, parlons-en ! », suivie de la formation « Quelle joie pour la mission ! » et de la session Talenthéo pour les prêtres, va se poursuivre cette année par l’appel et la formation des membres des équipes d’animation paroissiale (formation diocésaine et w-end Talenthéo les 8 et 9 mai), mais aussi par une rencontre des conseils épiscopaux de notre Province autour de cette thématique. Le but est d’annoncer résolument l’Evangile en allant à la rencontre de populations que nous ne voyons pas ou plus dans nos églises ; par exemple, pour la catéchèse, en rejoignant de jeunes parents là où ils sont et là où ils en sont.

Les contraintes imposées par le confinement généralisé – notamment l’impossibilité de rendre visite aux personnes malades ou âgées – nous font prendre conscience, par contraste, de l’importance de la proximité et du rassemblement communautaire. La Lettre pastorale du 3 mars dernier insiste sur les « visitations » à mettre en œuvre dans nos communautés locales, villages, quartiers et hameaux et sur la nécessité de former des noyaux de disciples-missionnaires. Une telle transformation passe sans doute par une redécouverte du sens du Dimanche et de l’Eucharistie mais aussi par la reconnaissance de responsabilités confiées à des laïcs (économe paroissial, délégué paroissial pour la communication, etc.) et par une valorisation des charismes de chacun.

Nous avons ensuite partagé nos réactions à la lecture d’une interview donnée par Mgr Éric de Moulins-Beaufort pour la revue Noosphère : « L’Église en débat avec le monde ». Interrogé à partir de la pensée du Père Teilhard de Chardin sur les questions de l’actualité du monde et de l’Église, le président de la Conférence des Évêques de France affirme que les crises que nous traversons, sanitaires, écologiques, sociales, économiques, politiques, ecclésiales, sont un « avertissement pour l’humanité à vivre autrement ». « Tout est lié », selon le leitmotiv du Pape François dans son encyclique Laudato si’. Nous nous sommes plus particulièrement arrêtés sur la synodalité et la place des femmes dans la gouvernance de l’Eglise : « dans les structures ecclésiales, la voix de tous les laïcs baptisés à partir du moment où ils essaient de vivre chrétiennement, devrait pouvoir non seulement s’entendre mais compter autant que celle des clercs », mais aussi sur la nécessaire remise en cause d’un « imaginaire sacral du ministère ordonné » ou encore sur la mise en exergue d’authentiques « fraternités de vie ».

Notre réflexion s’est alors focalisée sur les liens de notre Eglise diocésaine et de nos paroisses avec le monde agricole, des liens à travailler et à renforcer. La population agricole est une population stable et bienveillante envers l’Eglise ; des agriculteurs sont en attente d’une écoute, voire d’une reconnaissance. Des évènements (fêtes des pâturages, célébrations pour la transhumance, bénédictions de champs et de troupeaux, etc.) et des occasions de rencontres existent déjà. Pour rester attentifs aux joies et difficultés du monde agricole, comment aller plus loin : Créer un observatoire diocésain ? Inciter les paroisses à être force de propositions ? S’inscrire dans le travail du nouveau Conseil diocésain de pastorale sur l’écologie intégrale ?

Depuis un an, un processus est engagé dans le diocèse quant à la préparation et à la célébration des obsèques : enquête auprès des équipes pastorales et des équipes locales d’animation (ELA), échanges en Conseil presbytéral, rencontre des curés et des personnes missionnées pour conduire les funérailles, en janvier 2020. Ce discernement aboutit à la rédaction d’un texte de notre évêque donnant quelques repères pour les funérailles chrétiennes en Lozère. Nous avons retravaillé ce texte qui sera soumis au Conseil presbytéral du 8 octobre prochain avant d’être diffusé aux prêtres, diacres, membres des ELA et laïcs engagés dans la pastorale des funérailles. Un dépliant sera réalisé pour la Toussaint. Des formations vont reprendre en novembre et décembre pour les équipes funérailles et les laïcs appelés à conduire des obsèques.

Enfin, en lien avec la 5ème orientation pastorale « Servir la rencontre avec le Christ », de la Lettre pastorale de Mgr Bertrand, nous avons abordé la question de l’accompagnement spirituel. On peut être accompagné personnellement ou en groupe, par des personnes du diocèse ou non. De plus en plus d’adultes demandent à être accompagnés, à échanger sur leur vie spirituelle ou tout simplement à être écoutés. Ce service requiert compétences, discrétion et donc une réelle formation. Une équipe, des lieux spirituels, des liens avec les diocèses voisins, des propositions de retraites spirituelles pourront stimuler dans notre diocèse la réalité de l’accompagnement spirituel.

D’autres sujets nous ont occupés comme la célébration des 400 ans de la consécration de la cathédrale, la préparation d’une sortie fraternelle pour les prêtres, la création d’un groupe de recherche vocationnel… Outre les thématiques abordées, ce conseil épiscopal de rentrée nous a permis de grandir dans une belle estime mutuelle.

P. François Durand

 

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Le départ des sœurs de l’Adoration pour rejoindre la communauté fondatrice de Poitiers approche.

Les trois sœurs de la communauté de l’Adoration de Mende vont quitter la Lozère en cet automne 2020. En raison de leur nombre restreint, de leur âge et de leur santé, elles sont amenées à rejoindre la maison-mère à Poitiers.

Une messe d’action de grâce présidée par Mgr Bertrand sera célébrée le 29 novembre prochain en la cathédrale à 10h30, pour leur dire au-revoir.

Témoignage des sœurs

Une riche page d’histoire, lourde de 218 années, va se tourner… La tourner ne se fait pas d’un revers de main… Il y a de la tristesse, il y a des larmes, il y a des milliers de souvenirs, il y a des listes de noms de familles du cru, il y a une montagne de remerciements, il y a surtout une immense prière d’action de grâce…

Sœurs Jeanne Cécile, Albine et Jeanne Thérèse

Le 8 décembre 1802, Jean Baptiste de Chabot, évêque de Mende, signait le décret d’approbation de la maison des sœurs de Mende de la toute nouvelle Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration, déjà établie à Poitiers.

Quelques sœurs dites « de l’Adoration » sont arrivées de Poitiers après un voyage de neuf jours en juillet et très vite ont ouvert un foyer d’adoration, une école gratuite et un pensionnat. Adoration et enseignement-éducation, conjugués avec travaux de la maison et de la ferme, puis du jardin, seront durant des décennies l’essentiel de la vie des sœurs.

Dans la ville de Mende, les lieux animés par ces religieuses ont fait partie du paysage à plus d’un titre : on y mettait ses filles à l’école, on allait y prier, on allait aussi faire des visites à des proches, à des parentes…

En effet très vite bon nombre de jeunes filles ont été attirées par le genre de vie des religieuses de l’Adoration et sont venues grossir les rangs des missionnaires envoyées au-delà des mers pour évangéliser. Des sœurs lozériennes ont été de solides fondatrices de plus d’une mission en Amérique latine, aux Iles Hawaii, en Afrique et bien d’autres ont animé des communautés, dirigé des collèges en France et en Europe.

Comment de tout cela ne pas rendre grâce ?

Et peu à peu, la source de vocations lozériennes à commencer à baisser, elle s’est même totalement tarie… Ces vocations abondantes ont manqué pour la mission ici et ailleurs, elles manquent crucialement aujourd’hui.

Si les transformations vécues au long des deux siècles de présence dans la maison ont conduit le plus souvent avec bonheur les sœurs à s’adapter. C’est ainsi que l’école fut fermée, et les portes d’une maison de retraite s’est ouverte et s’est transformée en permanence selon les besoins jusqu’à devenir « l’Adoration » telle que nous la connaissons aujourd’hui où l’esprit des origines est demeuré vivant.

Aujourd’hui les responsables ayant considéré la réalité du petit nombre de sœurs à l’âge « avancé » et à la santé chancelante ont décidé la fermeture de la communauté et le départ des sœurs pour Poitiers.

Voyage de retour… sans regarder en arrière sinon pour remercier les Cœurs de Jésus et de Marie de leur fidélité envers toutes celles qui ont vécu, prié, œuvré dans ce beau lieu qui demeure imprégné de la présence de générations de femmes pétries de foi, de charité et d’espérance.

La Communauté des Sœurs de l’Adoration

 

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« Territoires de l’oubli »
L’exposition de Sara Harakat, une aventure comme un chemin d’humanité

Par Nolwenn Bottou
Publié le 17 septembre 2020

« Territoires de l’oubli » est une exposition de l’artiste Sara Harakat, inaugurée le 11 septembre 2020, dans le cadre de l’opération « Festival Transat : accueillez un artiste ». Une opération qu’elle a menée auprès de sept femmes yézidies* et de leurs enfants, accueillis en Lozère depuis un an par le mouvement Habitat et Humanisme*.

 

Naissance du projet

Vendredi 11 septembre 2020, à la chapelle Notre-Dame de Lourdes à Saint-Chély, je rencontre tout d’abord Maeva Chaplain, responsable culturelle du pôle Accueil des Réfugiés d’Habitat et Humanisme. Elle vient de Paris pour être aux côté d’Alain Poux, responsable du pôle Accueil des Réfugiés de Habitat et Humanisme sur Saint-Chély, à l’occasion du vernissage de Sara Harakat pour « Territoires de l’oubli ».

Maeva Chaplain et Alain Poux de Habitat et Humanisme

Maeva Chaplain m’explique que cette aventure a débuté avec le festival Transat, lancé par le ministère de la Culture et les Ateliers Médicis. Le but de ce festival est de proposer à des structures culturelles, bibliothèques ou centres aérés situés à la campagne ou dans un quartier prioritaire, d’accueillir un artiste en résidence pour animer un travail de création et de transmission auprès d’un public particulièrement isolé du monde artistique et culturel.

Maeva se réjouit de la manière dont les choses se sont déroulées. Alain Poux a de suite été très enthousiaste sur ce projet, me confie-t-elle. Et Sara Harakat a créé un lien fort avec les femmes yézidies. Une très belle entente s’est installée et le projet « a été porté par la Grâce : à chaque obstacle, une solution était trouvée et tout s’est bien imbriqué ». La paroisse de Saint-Chély a été mêlée à ce projet et d’autres liens ont ainsi été tissés, liens importants pour l’après « Habitat et Humanisme » pour ces familles yézidies. Maeva ajoute : « La culture est un excellent vecteur pour découvrir et faire se rencontrer des cultures différentes. Elle permet l’acceptation de l’autre, de l’étranger. Elle casse la peur de ce qu’on ne connait pas. »

La mise en œuvre de l’opération Transat en Lozère a été à l’initiative de Sara Harakat. Pour son projet, elle a également rencontré le psychologue d’Habitat et Humanisme, spécialisé en traumatologie et kurmandjophone. Sur le terrain, le travail de Sara a de fait revêtu une dimension d’art-thérapie.

Témoignage de Sara

Sara Harakat, artiste parisienne d’origine libanaise et marocaine, a rapidement offert de participer à l’opération Transat. Jeune femme profondément humaine et sensible à la cause des réfugiés, elle s’est investie corps et âme dans ce projet :

« J’ai proposé un projet sur la notion d’horizon car nous sortions d’un enfermement : comment retrouver un horizon lointain ?

Habitat et Humanisme accueille des personnes yézidies* : sept femmes et leurs enfants. Comme j’ai beaucoup travaillé auparavant avec des réfugiés afghans, syriens, kurdes… et qu’ils ont vu ce que j’avais fait, ils ont été très favorables à mon projet.

La « résidence », dans le cadre de l’opération Transat, est financée par le ministère de la Culture, mais c’est à l’artiste de tout organiser. Cela a généré pas mal de stress et je n’ai eu qu’un mois, mais j’ai été vraiment ravie car c’est une communauté que je ne connaissais pas. Cela m’a poussée à faire des recherches, à m’intéresser à cette culture, à la religion yézidie. J’ai eu cette curiosité car j’ai ça dans mon ADN : j’ai vécu dans différents endroits, habitée par cette quête de comprendre comment les territoires que nous habitons peuvent construire notre identité ; et comment les personnes qui sont nomades arrivent à se reconstruire.

J’ai toujours eu une attirance pour les minorités, les réfugiés, les peuples nomades. J’ai grandi entre le Maroc, le Liban, le Sénégal… j’ai vécu un peu en Turquie, aux Etats-Unis… j’étais toujours comme ça, un peu vagabonde… Je n’ai donc jamais ressenti que j’étais enracinée dans un seul endroit et je mène la quête éternelle de trouver où je vais me sentir vraiment chez moi un jour.

Aujourd’hui, je travaille dans la scénographie, dans la direction artistique de films. Architecte de formation, j’ai exercé ce métier quelque temps mais cela ne me correspondait plus : rester derrière des écrans à parler budget, à préparer des concours, des compétitions… cela ne revêt pas des valeurs qui me rejoignent. Ce qui m’intéresse, c’est davantage d’observer comment les gens habitent les villes, de comprendre l’autre.

Dans ma démarche, il y a toujours eu la présence de l’anthropologie et du cinéma ensemble. Je me suis retrouvée à faire beaucoup de bénévolat dans des camps de réfugiés et dans des zones assez difficiles, au Liban, en Turquie, à la frontière en Syrie… C’est là que je me sentais vraiment en adéquation avec moi-même et que j’ai compris qu’il me fallait continuer.

Je cherche à comprendre comment les personnes se reconstruisent en ayant quitté leur territoire et en allant dans un nouveau territoire. Je fais une sorte de métaphore, un parallèle avec notre identité qui est toujours en chantier, en construction. Moi-même, avec une mère libanaise aux origines espagnoles et un père marocain, j’ai conscience que plus on voyage, plus on se nourrit de l’autre, des autres cultures et que cela nous permet d’avancer.

Travailler avec ces femmes yézidies qui viennent d’un pays complètement différent d’ici, rejoint ce qui est important pour moi : savoir d’où l’on vient pour se construire à nouveau, reconstruire son identité. C’est ce que j’ai voulu travailler avec elles : les notions d’identité, de mémoire, de vécu, et pouvoir exprimer qui elles étaient et ce qu’elles veulent devenir aujourd’hui sur ce nouveau lieu. Nous avons travaillé sur la représentation de leur village, leur lieu d’origine, ainsi que le trajet qu’elles ont fait. Il y a eu différents ateliers en partant du dessin, du collage, de la photographie… Nous avons travaillé sur leur photo d’identité ; elles ont également photographié leur nouveau lieu de vie.

Tous les jours, j’apprends avec elles. Je les observe, je pose des questions… c’est passionnant pour moi. Pourtant, quand je suis arrivée ici, j’étais moi-même dans un état de fragilité parce que l’explosion venait d’avoir lieu au Liban et une partie de ma famille a été touchée. Ma famille me manquait. Du coup, un peu en miettes, je rencontre ces mamans qui ont vécu des choses terribles qui ont réussi à se relever, à se reconstruire… Et ce sont elles qui prenaient des nouvelles, me demandaient comment allait ma famille…

Nous avons été rapidement en confiance. C’était d’autant plus important que j’ai beaucoup travaillé avec des réfugiés et je sais qu’il est difficile de s’introduire de manière intrusive. Il faut y aller doucement. Il y a des gens qui parfois, veulent profiter de certaines choses ou tragédies pour « faire de la matière ». Mais moi, ce qui m’intéresse, c’est vraiment de tisser du lien, d’avoir une vraie relation humaine parce que c’est ce qui reste ; c’est ce qu’on garde dans la vie.

Lors de la préparation de l’exposition à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, à Saint-Chély, nous avons découvert « la crypte » : une petite salle en sous-sol agrémentée d’une reconstitution de la grotte de Lourdes avec les statues de la Vierge Marie et de Sainte Bernadette. Cette découverte était importante car je me suis aperçue en travaillant avec ces femmes, qu’elles n’avaient pas vraiment eu l’occasion de faire le deuil de leurs époux et de leur vie passée. J’ai voulu leur rendre une sorte d’hommage en leur permettant de vivre cela ; et qu’elles puissent avancer vers l’avant et construire leur vie sur ce nouveau territoire. Enfin, il leur est indispensable d’avoir endroit où se recueillir et où elles puissent faire leurs prières.

A l’automne, je souhaite revenir ici car il y a deux volets dans ce projet Transat : la transmission et la création. La transmission, ce sont les ateliers et les activités que nous avons fait ensemble. Et la création, c’est le projet personnel sur lequel je travaille : je me suis beaucoup intéressée à leur spiritualité et à la religion yézidie, et je travaille sur une sorte de film qui retrace tout cela. Mon idée, c’est de revenir pour le projeter car je n’ai pas eu le temps de tout finaliser. »


Rencontre et fraternité avec la communauté paroissiale

Dans cette aventure, Sara Harakat a rencontré une poignée de bénévoles de la paroisse Saint-Jacques de Saint-Chély qui ont joué un rôle non négligeable dans la mise en œuvre de l’exposition.

Tout a commencé un dimanche, alors que l’artiste, passant devant l’église de Saint-Chély, s’y arrête et y pénètre. C’est le moment des prières universelles et à ce moment, Marguerite Portal invite à prier pour le Liban marqué par la double explosion qui a ravagé le port de Berouth. Très émue, Sara rencontre Marguerite à la fin de la messe. Elle rencontre également Jeannine et Gaby Bernard et des liens amicaux se tisseront entre eux ainsi qu’avec les familles yézidies.

Les trois paroissiens offrent leur aide à Sara pour son exposition. En effet, l’artiste est seule pour tout monter et elle n’a même pas obtenu de salle. La Providence fait bien les choses ; et après l’acception des curés, Sara se voit proposer la chapelle Notre-Dame de Lourdes pour son exposition.

Grâce à Jeannine, Gaby et Marguerite, Sara trouvera l’aide nécessaire pour monter son exposition, trouver des tables, chaises, panneaux, etc. Et les généreux paroissiens ne ménageront pas leurs efforts et leur mobilisation est totale. Par leur implication, ils feront la connaissance des femmes yézidies et de leurs enfants. Des liens fraternels et amicaux sont tissés et donnent l’espoir de davantage d’échanges pour ces familles assez isolées au quotidien.

De façon providentielle, les femmes yézidies et Sara découvriront la crypte en aménageant la chapelle avec Jeannine, Gaby et Marguerite pour l’exposition. Les femmes sont très marquées de cette découverte et honorent de caresses la statue de la Vierge Marie. C’est à cette occasion que Sara Harakat pense au bien que ce lieu de prière peut représenter pour ces familles endeuillées.

Dans la continuité de de ces rencontres, les familles yézidies ont été présentes à la messe d’installation des pères Michel Arnal et Jean Maurin le dimanche 13 septembre et se sont jointes à la fête de la paroisse qui a suivi.

Avec l’accueil de ces familles réfugiées par le Département de la Lozère et Habitat et Humanisme, avec le travail artistique et l’approche sensible de Sarah, avec la rencontre providentielle de paroissiens et les échanges vécus avec la population de Saint-Chély et des alentours, de beaux chemins d’humanité se sont ouverts. Malgré la tragédie humaine vécue par ces réfugiés yézidis, le projet artistique et culturel mené par Sara a permis de tourner la page vers ce que notre humanité a de plus beau : l’amour et la fraternité. Des semences ont germé mais tout reste à construire. Que chacun d’entre nous puisse porter sur l’étranger le regard du prochain, et la population continuer de soutenir ces familles yézidies.

* Le peuple yézidi

Le yézidisme est une religion monothéiste dont la communauté ethno-religieuse, essentiellement présente au Kurdistan, dans la province de Ninive (en Irak).

Ce peuple est depuis des décennies la cible d’attaques et de génocides perpétrés par l’Etat islamique.

Les sept femmes réfugiées avec leurs enfants et accueillies par Habitat et Humanisme à Saint-Chély font partie des nombreuses victimes des massacres de Sinjar en août 2014, au cours desquels leurs maris ont été tués.

* Habitat et Humanisme

Habitat et Humanisme est un mouvement créé en 1985 par Bernard Devert, devenu prêtre à 40 ans après un parcours riche dans le domaine de l’immobilier. Habitat et Humanisme a été pensé « comme une entreprise à caractère social, réconciliant l’économique et le social, l’humain et l’urbain » pour venir en aide aux personnes mal-logées.

Trois pôles d’actions organisent les activités d’Habitat et Humanisme :

  • Le pôle Accueil des Réfugiés
  • Le pôle insertion par le logement
  • Le pôle Ehpad

Le Pôle Accueil des Réfugiés a choisi d’accueillir à partir de mi-mai 2019, une vingtaine de familles yézidies, composées de femmes et d’enfants, arrivant des camps humanitaires gérés par les Nations Unies dans le Kurdistan irakien. Cet accompagnement s’inscrit dans le cadre de la promesse faite par le Président de la République le 26 octobre 2018 à Nadia Murad, jeune femme yézidie et Prix Nobel de la Paix, d’accueillir 100 femmes de cette minorité, et leurs enfants, en France.

En Lozère, Alain Poux, responsable du Pôle Réfugiés de Saint-Chély, a accueilli sept familles yézidies.

Pour aller plus loin :

Pour que je sois la dernière, de Nadia Mourad, aux éditions Fayard

 

 

 

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Le père Grolier s’en est retourné vers le Père le jeudi 17 septembre 2020

Il nous a quittés à l’âge de 98 ans, après trois semaines d’hospitalisation et malgré un dévouement sans faille du personnel de service.

Le père Pierre Grolier est né à Aumont en 1921.

Le père Louis Bouniol retrace sa vie :

Nous nous connaissons depuis notre entrée en 6ème au petit séminaire de Marvejols en 1932, après l’obtention du certificat d’études chez les frères des Écoles chrétiennes, lui à Aumont, moi à La Canourgue. Nous nous sommes toujours suivis de la 6ème à la 1ère, pour entrer ensuite à moins de 15 ans au grand séminaire.

Pour nous tous, le calme ne devait durer qu’un ans… car avec la guerre de 39/40, les camps de jeunesse, le S.T.O. en Allemagne, le maquis… des conditions délétères qui avaient favorisé des maladies infectieuses pulmonaires qui ne pouvaient être soignées que dans des établissements spécialisés tels Thorens en Haute-Savoie. Quelque temps, Pierre dut donc se résigner au repos. Il ne fut pas le seul.Certains confrères du cours en gardèrent d’interminables séquelles… Période bien noire pour Pierre, qui plus est, venait de perdre son frère au maquis dans des conditions affreuses.

Il sera ordonné prêtre le 21 décembre 1946 et nommé vicaire à Saint-Etienne-du-Valdonnez.
Il y laissera un excellent souvenir. Certains même de ses petits servant de messe, proches aujourd’hui de 90 ans, m’en causaient encore il n’y a pas si longtemps.

Il devint prêtre à Marvejols, la grande paroisse, pour une durée de sept ans. Il reviendra à Mende en 1955 comme aumônier diocésain de l’Action catholique durant trois ans.

Reconnaissant ses compétences et également ses qualités d’approche de bien des milieux, il sera nommé à Paris en 1958, aumônier national de la Jeunesse étudiante chrétienne.

Ses talents, sa foi et son dynamisme seront appréciés en haut lieu car en 1970, il aura la charge de l’Aumônerie européenne et à partir de 1972 jusqu’en 1978, il sera à la tête du Mouvement international des étudiants catholiques, en résidence à Bruxelles.

Il rejoindra la Lozère à la fin de 1977 et sera rattaché, huit ans durant, à la direction de l’Union départementale des associations familiales.

A l’automne 2019, se voyant seul et assez fragile, il rejoindra la maison de retraite de La Providence à Mende.

Que notre prière l’accompagne dans sa rencontre avec le Seigneur.

Ses obsèques ont été célébrées le 21 septembre 2020 en l’église Saint-Étienne d’Aumont, suivies de son inhumation au cimetière d’Aumont.

 

 

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La rentrée 2020 avec… le meilleur de nous-mêmes !

Un sondage récent nous indique que, devant cette rentrée 2020, 74% des français seraient inquiets. Il est vrai que des signes sanitaires et socio-économiques peuvent assurément nous préoccuper. Comment va donc se passer cette reprise ? A coup sûr, il va falloir garder intacte notre vigilance. Nous allons devoir avancer à vue sans tout savoir et sans tout pouvoir maîtriser. « Seigneur, que devons-nous faire ? ». Cette question des apôtres adressée à Jésus est sans doute aussi la nôtre.

Je vous invite, tous et de grand cœur, à vivre cette rentrée peu banale avec le meilleur de nous-mêmes. Il y aura, bien sûr, dans les semaines et les mois à venir une part d’incertain mais je vous appelle à avancer dans la confiance. Misez sur ce qui est solide : le sens de la solidarité lozérienne à l’égard de tous, votre expérience personnelle acquise durant les mois passés, votre capacité à résister et à entreprendre contre la morosité ambiante, la prise en compte de ce qui naît, de ce qui grandit et se fortifie plutôt que ce qui meurt, le regard sur les épreuves en n’oubliant pas ce qui est source de fécondité et de projet pour nos familles, nos entreprises, nos paroisses…

Demeurons aussi assurés que le Seigneur est avec nous dans la barque agitée par les flots de la tempête. Peut-être avons-nous tout simplement l’impression qu’il dort ! Entendons la réponse de Jésus lui-même, sous forme d’une question : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? ». Des projets personnels, professionnels, associatifs ou diocésains peuvent nous mobiliser. Beaucoup comptent sur notre implication, respectueuse des gestes barrières et de la distanciation physique bien évidemment… Beaucoup espèrent nous revoir avec le meilleur de nous-mêmes ! A quoi cela nous sert-il de rester sur le bord du chemin ou assis sur notre canapé devant des chaînes d’information en continu ?

L’enjeu majeur de cette rentrée 2020 est de demander la grâce d’une foi paisible et engagée ! Jésus est là présent à nos côtés : « N’ayez pas peur, c’est moi… Confiance, n’ayez pas de crainte… N’aie pas peur, il t‘appelle… Lève-toi et marche… Ne crains pas petit troupeau, j’ai vaincu le monde ». Toute la Bible est parsemée de ces paroles de défi… Oui, paroles de défi ! Elles chantent finalement la disproportion entre ce que les femmes et les hommes sont et ce qu’ils peuvent devenir dans la victoire du Christ sur la peur. Aux heures de découragement, remémorez-vous une parole de confiance du Seigneur. Qu’elle demeure en votre cœur. A tous, belle rentrée avec le meilleur de vous-mêmes et notre grande sœur. Elle se nomme Espérance !

+ Benoît Bertrand
   Évêque de Mende

 

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Avec la nouvelle année pastorale, de nouveaux parcours de formation sont proposés par le diocèse

Chaque année en effet, le service diocésain de la formation permanente organise différentes formations pour un public varié.

Comme l’explique Mgr Bertrand dans sa lettre pastorale Le royaume de Dieu s’est approché de vous : « La formation chrétienne, qu’elle soit biblique, théologique, pastorale ou spirituelle, demeure structurante pour notre vie et notre foi, nos engagements et nos missions. Tous, que nous soyons prêtres, diacres, consacrés, laïcs ou évêque, nous avons besoin, avec la prière personnelle et l’Eucharistie dominicale, avec le service de la fraternité et de la solidarité, de nourrir notre foi par le travail de la raison et de l’intelligence. »

 

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