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L’Assemblée plénière d’automne s’est achevée le 10 novembre 2019.

Mgr Eric de Moulins-Beaufort a prononcé un discours de clôture dans lequel il a synthétisé l’ensemble des travaux effectués lors de cette assemblée.

 

Point marquant de l’assemblée plénière

L’Écologie

Le Conseil permanent a demandé à chaque évêque d’inviter à participer à l’Assemblée plénière deux baptisés de chaque diocèse, femme, homme, laïc ou prêtre, diacre ou consacré… engagés dans une conversion écologique. Ces personnes qui participent à l’Assemblée plénière pour la première fois vont réfléchir, avec leur évêque, à l’avenir de la mission dans leur diocèse. Comment appréhendent-ils ces temps de travail ? Qu’attendent-ils de ces échanges ?

Ainsi, deux Lozériens, Théophile et Christophe, ont accompagné Mgr Benoît Bertrand, évêque de Mende.

Interview de Théophile :

Assemblée plénière de novembre 2019 : les impressions de Théophile Navecth du diocèse de Mende from tv.catholique.fr on Vimeo.

 

 

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Le père Louis Aldebert est retourné à Dieu le samedi 5 octobre 2019 à l’âge de 87 ans.

Ses obsèques ont été célébrées le 9 octobre en l’église de Chirac.

L’abbé Louis Aldebert est né le 12 septembre 1932 à Fournels. Il était l’aîné d’une fratrie de sept enfants. Son père, boulanger, es décédé alors qu’il n’avait que 10 ans.

Après l’école publique de Fournels et un passage en sixième à Marvejols, il a rejoint le petit séminaire de Mende en 1945. Puis il est entré au grand séminaire de Mende pour se préparer à sa mission de prêtre, vocation qui lui est venue vers l’âge de 10 ans. Sa formation est interrompue par le service militaire qu’il effectue à Béziers de 1953 à 1955. Il reprend ensuite le grand séminaire et est ordonné prêtre le 22 mars 1958 par Mgr René Boudon, à Mende.

Les grandes étapes de son ministère

Il commence à Villefort comme vicaire-instituteur puis comme vicaire (tout court) chargé, dans le secteur, de la Jeunesse agricole chrétienne (JAC). Après un bref passage à Chanac (vicaire), puis à Marseille (paroisse Saint-Marcel), il est envoyé au Collet-de-Dèze dans les Cévennes.
Être curé en Cévennes était considéré comme une punition. Ce ne fut pas le cas. Il y est resté 12 ans, aussi bien accueilli par les familles protestantes que catholiques.

Ses nombreuses affectations lui ont été enrichissantes. Les réformes conciliaires étaient bien acceptées. Son rôle de prêtre était aussi bien de rassurer les inquiets du changement, que de faire patienter ceux qui voulaient aller plus vite. Il a été très heureux d’avoir à collaborer à la mise en application du Concile Vatican II.

Outre son ministère en paroisse, il a été cinq ans aumônier de l’Action catholique des enfants (ACE) pour le diocèse de Mende, avec durant trois ans, une responsabilité régionale.

En 1982, il rejoint l’équipe pastorale de Marvejols. En 1986, il prend le large – Fidei donum – vers le diocèse de Carcassonne, à la paroisse Saint-Laurent de la Cabrerisse.

En 1992, il revient au diocèse de Mende à Langogne, puis devient prêtre auxiliaire à Marvejols en 1999.

En 2007, à l’âge de 75 ans, il se retire à Marvejols (rue du Couvent), puis à la Villa Saint-Jean de Chirac, en 2009.

A la suite d’une maladie assez longue, il s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus se suffire à lui-même et il a continué au ralenti son ministère de prêtre.

Cette année, et surtout les derniers mois, sa santé s’est dégradée. Il nous a quitté le samedi 5 octobre 2019 à l’hôpital de Marvejols.
Il rejoint les membres de sa famille et laisse parmi nous ses deux sœurs et ses nombreux cousins et amis.

Notre ami

Louis était un bon confrère, passionné, généreux, à l’écoute, fraternel.
Il était présent à tous et à tout ce qu’il faisait. C’était un prêtre de la génération Vatican II, ce qui veut dire : attention à la vie, attention aux personnes, importance du laïcat, place donnée aux laïcs, analyse des situations, curiosité intellectuelle et théologique, sens pastoral, sens de l’Église. Il était par ailleurs fin observateur de la vie de l’Église.

L’ACE et l’action catholique en général, l’ont beaucoup marqué et il s’y est beaucoup investi. Il reflétait Dieu par son écoute, sa bonté, sa patience et son espérance.

Lors de ses obsèques, ses confrères ont rendu grâce pour tout le bien qu’a fait Louis. Et à lui : « Merci Louis.  »

P. Robert Solignac

 

 

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Comme son nom l’indique, la Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ.

Si un certain nombre d’entre eux ont été officiellement reconnus, à l’issue d’une procédure dite de « canonisation », et nous sont donnés en modèles, l’Église sait bien que beaucoup d’autres ont également vécu dans la fidélité à l’Évangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus.
Cette fête est donc aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles.

La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape Jean-Paul II nous l’a fait comprendre en béatifiant et canonisant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des figures aussi différentes que le Père Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou Mère Térésa…

La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l’actualité de la Bonne nouvelle et la présence agissante de l’Esprit Saint parmi les hommes. Témoins de l’amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement – ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain -, par leurs doutes, leurs questionnements… en un mot : leur humanité.
La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Ce lien avec ces deux grandes fêtes donne le sens originel de la fête de la Toussaint : goûter déjà à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l’espérance de la Résurrection.

 

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La lettre d’information du Denier de l’Église vient de paraître.

Publiée chaque année au moment de la Toussaint, elle vise trois objectifs :

– transmettre les remerciements de l’évêque de Mende à tous les donateurs et ses encouragements ;
– faire part du message de l’économe afin de communiquer sur la situation financière de notre Église de Lozère ;
– communiquer sur les évènements marquants de l’année écoulée dans notre diocèse.

>> Sans le Denier de l’Église, notre diocèse n’aurait pas les moyens de subvenir aux besoins de nos prêtres, ni de déployer ses actions sur notre territoire.
Nous sommes donc tous concernés.

>> 100% des ressources proviennent de vos dons. Ni le Vatican ni l’État ne versent une quelconque subvention à l’Église de Lozère.
Ainsi, votre charité, votre générosité sont partie prenante de la vie de notre Église, de la Mission !

Message de Mgr Bertrand

Chers amis,
Heureuse fête de la Toussaint ! Que les saints de Lozère qui nous
ont précédés et qui veillent sur notre Église de Lozère, continuent d’inter- céder pour nous. Que chacun puisse faire l’expérience de l’amour du Christ à l’œuvre dans nos vies.
Par cette lettre, l’occasion m’est don- née d’exprimer ma profonde reconnaissance à tous ceux qui sont solidaires de l’Église diocésaine et l’aident à subvenir à ses besoins financiers. Je suis le témoin de la bonne gestion des finances de notre diocèse et de ses efforts à limiter les dépenses. Grâce à vous, les missions d’évangélisation, de service et de prière continuent de se déployer sur notre département.
Votre nouvel évêque vous remercie de votre soutien fidèle,

+ Benoît Bertrand,
évêque de Mende

Message de l’économe

Chers amis,
C’est un fait indubitable : sans vous, l’Église de Lozère ne serait pas aussi vivante.
Vos petites et grandes attentions, constantes, sont un pilier pour notre diocèse. En 2018, le don en ligne a augmenté de 10,5% ce qui est encourageant. J’invite ceux qui le peuvent à utiliser ce service du don en ligne qui facilite grandement la gestion des dons.
Le prélèvement automatique reste quant à lui le moyen le plus efficace et pérenne pour soutenir l’Église en Lozère.
Je tiens à exprimer tout ma gratitude et mes sincères remerciements pour votre générosité et votre bienveillance.

Brigitte de Carvalho,
économe diocésain

Merci à France Inter pour cette vidéo très didactique !

 

Flash Rapport 2019 « Église en périphérie »

La Conférence des évêques de France (CEF) vient de publier son 4ème rapport « Église en périphérie ». Ce rapport est consacré cette année à la piété populaire et aux sanctuaires.

Par cette initiative mise en place depuis cinq ans, la CEF repère, fait connaître et promeut les actions créatrices de liens portées par les acteurs d’Église aux périphéries géographiques et existentielles. Chaque année, le rapport Église en périphérie met en lumière une réalité importante de la présence de l’Église aux périphéries. En 2019, ce 4ème rapport est consacré à la piété populaire et aux sanctuaires.

 Qu’ils soient connus ou méconnus les sanctuaires sont des lieux sources. Ceux qui y viennent peuvent rester sur place de quelques heures à plusieurs jours. Seuls ou en groupes, jeunes ou plus âgés, ces pèlerins viennent pour prier, déposer un fardeau, toucher une relique ou encore tenter de trouver une réponse à une quête de sens. Les sanctuaires deviennent alors des « hôpitaux de campagne » où on l’on vient soigner une existence marquée par une détresse matérielle, spirituelle, corporelle ou encore affective.

La piété populaire est particulièrement présente au sein des sanctuaires et ces lieux jouent un rôle d’interlocuteurs privilégiés des « périphéries ». En janvier 2019, l’Association des Recteurs de Sanctuaires (ARS) a réalisé une enquête afin de mieux connaître leurs typologies et ceux qui les visitent. L’ensemble de l’enquête* est présentée dans le rapport 2019 dont voici les principaux enseignements :

  • 70% des sanctuaires se situent en milieu rural ;
  • 60% sont dédiés au culte marial ; 29% à celui d’un saint et 7% à la figure de Jésus ;
  • 45% des sanctuaires connaissent une hausse de leur fréquentation (Les motivations des visiteurs sont diverses, tant spirituelles que touristiques) ;
  • Les sanctuaires se distinguent par l’importance des pratiques de piété populaire comme le chapelet (68%), les processions (53%) ; les chemins de croix (49%) ou les bénédictions (23%).
  • 39% des sanctuaires proposent des aides spécifiques afin de permettre aux pèlerins ayant des difficultés financières de pouvoir venir ;
  • 53% des sanctuaires sont animés par une congrégation religieuse spécifique (soit parce que le sanctuaire se rattache à une figure liée à la congrégation, soit parce qu’un choix pastoral a été fait en ce sens.) ;
  • 81% des sanctuaires font appel à des laïcs l’animation du lieu (plus de la moitié (53%) fait appel à un personnel salarié, la quasi-totalité (94%) a recours à des bénévoles.

* Enquête réalisée auprès d’une cinquantaine de sanctuaires présents lors du congrès annuel de l’ARS.

 

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Cette année, le Pape François a voulu que le mois d’octobre soit un mois entièrement donné à la prière et à l’action pour la Mission.

Non pas une seule semaine, mais quatre ! C’est dire l’importance que le Saint Père nous demande d’accorder à notre mission de chrétiens : nous sommes baptisés ET envoyés, baptisés POUR ÊTRE envoyés.

Nous sommes dans des temps inédits, à bien des égards. Il nous faut inventer de nouvelles façons d’être missionnaire, à l’échelle du monde forcément – un monde à la fois très ouvert et très fermé à la Bonne Nouvelle du Christ Jésus. Le monde immense des territoires qui n’ont pas entendu parler de l’Évangile, des territoires où le Nom même de Jésus est proscrit… mais aussi les parties du monde où les “Jeunes Églises “ ont besoin de notre aide. Sans oublier le monde de vieille chrétienté, nos paroisses, avec cette culture qu’on dit post-chrétienne et pour qui Jésus n’est ni un problème ni une question …

Comment faire ? Facile à dire, mais soyons tous en ce mois d’octobre inventifs. Soyons des envoyés de l’Évangile vers nos frères,  chacun à notre manière. Ne laissons pas passer un seul jour d’octobre sans agir ou prier pour la mission.

La Mission universelle de l’Église (coopération missionnaire) du diocèse vous propose une prière différente pour chaque jour du mois (voir ci-dessous). Ces intentions de prière ont été rédigées par le Père Jean-Louis Diatta que beaucoup ont connu notamment sur Florac. Il est responsable de la coopération missionnaire pour son diocèse de Ziguinchor (Sénégal). Un grand merci à lui pour cette coopération dans la prière !

Le 12 octobre rejoignons la communauté d’Aumont-Aubrac avec la Messe pour la Mission à 18h. Ce jour-là encore, le diocèse s’est engagé pour la prière continue à l’intention de la Mission. Ayons à cœur de rejoindre cette prière commune, où que nous soyons.

Le 20 octobre, c’est le dimanche des Missions : soutenons activement, autant que notre situation économique nous le permet, les missionnaires par-tout dans le monde. La quête de ce jour est un excellent moyen d’agir !  Beau mois d’octobre à vous tous, baptisés et envoyés pour que -plus que jamais- vive la mission !

Enfin, une méditation pour le chapelet, rédigée par le père Jean-Louis Diatta est proposée. Ce chapelet sera prié notamment dans les communautés religieuses de la paroisse Saint-Frezal de Marvejols.

Philippe Rey,
pour l’équipe diocésaine de la Mission universelle de l’Église

Le message du Pape

A l’occasion de la Journée Mondiale pour les Missions, le 1er octobre, fête de sainte Thérèse de Lisieux, le saint Père a adressé un message à toute l’Église, dans lequel il demande de vivre un temps missionnaire extraordinaire au mois d’Octobre 2019. Dans sa lettre, il rappelle l’importance et l’urgence de la mission dans l’Église :

– Le chrétien est missionnaire du fait de son baptême. Baptisés dans la mort et la résurrection du Seigneur, les disciples sont envoyés jusqu’aux extrémités du monde ;

– Le baptême faisant de nous des enfants de Dieu, il nous donne une multitude de sœurs et de frères. Nous avons un devoir de sollicitude envers tout homme en ce monde pour lui révéler cette bonne nouvelle. La mission signifie aussi cette fraternité reçue. Elle n’est pas solitaire. Dans l’Évangile, Jésus envoyait ses disciples deux par deux ;

– À travers ses membres que le Christ envoie, c’est toute l’Église qui est en mission. Comme il importe de garder la communion avec elle !

– Nous n’oublions pas que la mission commence par notre propre évangélisation. Encore et toujours nous avons à rejeter les idoles et à nous convertir au vrai Dieu.
 

 

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Projet de loi sur la bioéthique,
l’évêque de Mende dit sa forte préoccupation

Tout le monde a le droit d’exprimer son opinion. Je décide de le faire publiquement. Avec les évêques de France, avec des personnes croyantes ou non, je souhaite dire combien le projet de révision des lois de bioéthique me préoccupe fortement. Bioéthique et société, que ferons-nous de l’homme ? Les enjeux sont immenses. Il convient de nous les approprier. Comment accompagner fraternellement tout en portant un regard lucide devant des situations souvent complexes et douloureuses ? Les échanges sont certes peu confortables mais ô combien nécessaires.

Avec le Président de la Conférence des évêques de France, j’entends la souffrance des femmes homosexuelles qui ne peuvent accueillir la vie ; je comprends aussi celle des hommes homosexuels qui se trouvent dans cette situation de manque. Mais le désir d’enfant ne peut devenir un droit à l’enfant. La puissance de la volonté des adultes respecte-elle aussi le droit des enfants ? S’il s’agit d’apprécier et d’encourager les progrès des sciences et des techniques qui honorent notre humanité – et nous devons dire notre profonde gratitude aux chercheurs -, il nous faut aussi reconnaître que certains pourraient la blesser et l’altérer. Tout ce qui est techniquement réalisable n’est pas licite et recommandable : que ferons-nous de l’homme ?

Les questions fondamentales sont posées. Celle de la filiation : avec la PMA pour toutes, un enfant peut-il être juridiquement et techniquement privé de père au point que celui-ci devienne comme « superflu » ? Celles des recherches et des manipulations sur l’embryon : le petit de l’homme peut-il être instrumentalisé avec, on le sait, la pression des puissances libérales et financières ? Celle de la marchandisation du corps humain : la GPA, gestation pour autrui, est désormais à l’horizon. Accepter aujourd’hui la PMA pour toutes les femmes obligera, dans un temps assez bref, à autoriser demain la GPA pour répondre techniquement à d’autres souffrances. Sylviane Agacinski, féministe engagée, a pris position : « Sous couvert de nouveaux droits et d’une quête éperdue d’égalité peut naître une nouvelle forme d’oppression ». Avec ces questions et d’autres encore, je m’interroge : que ferons-nous de l’homme ?

Chers amis, croyants ou non, il nous faut mieux comprendre les risques et enjeux de ce projet de loi sur la bioéthique. Des documents sont à votre disposition : articles, fiches, ouvrages, vidéos… Certains d’entre nous seront convaincus qu’ils doivent manifester, d’autres décideront d’écrire aux élus de la Nation, d’autres encore seront conduits à suivre un module de formation sur les questions liées à la bioéthique et à expliquer leur position… La vie est un mystère grand et beau, les progrès des sciences sont respectables, les souffrances doivent être assurément accompagnées au mieux. Exprimer son désaccord avec un tel projet de loi, c’est aussi choisir, aujourd’hui, le type de société que nous désirons pour demain : que ferons-nous de l’homme ? 

+ Benoit Bertrand
  Évêque de Mende

Flash Église et bioéthique CEF

Un enjeu d’humanité

L’Église a toujours été présente aux débats qui touchent, d’une façon ou d’une autre, à la dignité de la personne humaine. Cette présence est constitutive de sa mission au service de l’homme en tant que « route fondamentale de l’Église.[1] » Selon la belle expression du Concile Vatican II, « il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho [2] » dans le cœur des chrétiens. Bien des questions ont ainsi résonné dans le cœur de l’Église au fil des siècles, telle la « question sociale » du XIXème siècle qui a conduit Léon XIII à publier l’encyclique Rerum novarum (1891), véritable acte fondateur de la Doctrine sociale de l’Église.

Depuis quelques décennies, une nouvelle « question sociale » a émergé en lien avec le développement des biotechnologies dans la mesure où elles risquent de forger une certaine conception de l’homme et de la société. Tout en encourageant les progrès des sciences biomédicales qui ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques [3], l’Église nous invite à un discernement. Il s’agit d’interroger le sens même de ces progrès d’autant qu’ils élargissent sans cesse le champ des possibles ; la question peut ainsi se poser en ces termes : tout ce qui techniquement possible est-il recevable du point de vue éthique ? En d’autres termes, quelles sont les limites à fixer aux progrès de la biotechnologie ? Notre responsabilité se trouve ainsi engagée si nous voulons que ces progrès demeurent au service de la personne humaine dans le respect de sa dignité inaliénable, et tout particulièrement des plus vulnérables : l’enfant à naître, les parents touchés par l’infertilité, la personne malade ou porteuse d’un handicap… C’est donc à un enjeu d’humanité que nous sommes confrontés.

Sans chercher à formuler des solutions « toutes faites » à des questions aussi complexes touchant à la souffrance, l’Église propose des repères en vue d’un discernement personnel, en conscience. Tel est le sens des documents présentés dans cette rubrique du site. Ils expriment le point de vue de l’Église et sa contribution au débat sur les différentes questions de bioéthique : la recherche sur l’embryon, l’avortement, la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, le don d’organes, le diagnostic prénatal, etc.

Notons que si cette contribution est éclairée par la foi, elle est également fondée en raison, elle est à ce titre accessible à toute personne, croyante ou non. Elle peut ainsi alimenter le dialogue auquel les catholiques ont, eux aussi, à prendre part, dans le respect de leurs interlocuteurs. Loin de constituer une simple confrontation d’opinions subjectives, le dialogue est « service du logos, c’est-à-dire de la vérité que les partenaires admettent ne pas confisquer mais veulent sincèrement chercher ensemble. [4] ». Nous avons ainsi à nous engager ensemble dans cette recherche d’une vérité qui nous dépasse et nous précède : la vérité sur l’être humain, seule mesure du progrès de la biotechnologie. Puissent les documents ci-dessous rassemblés aider chacun à mieux participer à ce dialogue « qui unit l’amour à la vérité et la vérité à l’amour. [5] »

[1]    Jean-Paul II, Lettre encyclique Redemptoris hominis, n. 14

[2]    Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 1

[3]    Voir, à titre d’exemple, le discours de Benoît XVI du 31 janvier 2008.

[4]    Mgr Pierre d’Ornellas et allii, Questions pour un discernement, Lethieulleux-DDB, 2009, p. 10

[5]    Ibid, p. 11

 

actu bioethique
que dit l'eglise bioéthique
enjeux bioethique

En vidéos

 

Flash Église et bioéthique - CEF

Le 18 juillet 2019, le Conseil d’État, saisi par le gouvernement, a validé le projet de loi relatif à la bioéthique. Présenté en Conseil des ministres le 24 juillet 2019, il sera soumis au Parlement pour un vote prévu en octobre 2019. Le projet de loi prévoit notamment d’étendre l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

À cette occasion, la Conférence des évêques de France a livré ses positions lors d’un événement au Collège des Bernardins (Paris) le lundi 16 septembre à 18h30, en présence de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, responsable du groupe de travail sur la bioéthique, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la CEF et Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris.

Vidéo de la conférence en replay

 

Bioéthique : quel monde voulons-nous ?

Mgr Pierre d’Ornellas, du Groupe bioéthique de la Conférence des évêques de France publie un livre dans lequel il propose une réflexion simple et précise au moment des débats relatifs à la loi de bioéthique.

Bioéthique. Quel monde voulons-nous ? Discerner des enjeux d’humanité
par Mgr d’Ornellas

Le « modèle français de bioéthique » repose sur la dignité humaine. Il se construit en référant toute avancée scientifique et tout désir à une donnée stable : l’être humain. Celui-ci nous est donné comme un bien précieux à sauvegarder avec autant de détermination que celle que nous déployons pour protéger la planète qui nous accueille. « Tout est lié », proclame le pape François dans Laudato Si’.

Face aux techniques toujours plus sophistiquées et de plus en plus mises à la portée de tous, la bioéthique nous pose ces redoutables questions : Comment recevoir l’être humain comme un bien qui nous précède, de la même manière que nous avons à recevoir la planète dont les écosystèmes sont si précieux pour notre vie ? Comment protéger l’Homme en comprenant qu’il n’est pas transformable à volonté sous peine de lui nuire ? Comment mieux l’estimer, en particulier le plus fragile, et construire ensemble notre « fraternité » ? Voilà de beaux enjeux d’humanité !

Sur le projet de loi, ces pages montrent les inégalités créées vis-à-vis des enfants ainsi que les contradictions qui le traversent. Elles indiquent aussi la grandeur de l’ethique, source d’espérance.

Les auteurs du livre : Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Hervé Gasselin, évêque d’Angoulême, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude, Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, père Brice de Malherbe, diocèse de Paris, du Collège des Bernardins, père Bruno Saintôt, jésuite, du Centre Sèvres.

 

 

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Deux jours de prière, de travail et d’échanges chez les sœurs dominicaines de Langeac (Haute-Loire), c’est ainsi que Monseigneur Benoît Bertrand et son conseil épiscopal ont débuté l’année pastorale, les 2 et 3 septembre dernier.

Nous avons commencé par nous mettre, personnellement et ensemble, à l’écoute du Seigneur à travers une matinée de récollection. A la synagogue de Nazareth (Luc 4, 16-30), Jésus ouvre le rouleau du prophète Isaïe et « annonce une année favorable accordée par le Seigneur ». Seigneur, que veux-tu que nous vivions cette année ? C’est « aujourd’hui que ce passage de l’Écriture s’accomplit ». Portés par la prière de la communauté des religieuses, partageant avec elles offices et eucharisties, nous avons pris le temps d’approfondir des thématiques transversales mais aussi de préciser la mise en œuvre de projets pastoraux pour notre diocèse.

Deux sujets de fond ont nourri nos réflexions :

– annoncer l’Évangile dans le monde rural,
– promouvoir un esprit synodal dans nos paroisses et le diocèse.

Nous avons unanimement apprécié la lettre pastorale des évêques d’Auvergne, parue en février dernier : « Espérer au cœur des mutations du monde rural ». Nous y avons reconnu la réalité et les défis dans lesquels l’Église de Lozère se trouve elle aussi engagée. Cette lettre pose un juste diagnostic et perçoit avec pertinence les appels adressés à l’Église dans les changements majeurs du monde rural. Elle ne donne pas de solutions mais invite les communautés chrétiennes à prendre des initiatives. Pour conjuguer fraternité, proximité et créativité, nous avons été sensibles à l’expérience de la présence de « veilleurs dans les hameaux les plus reculés » mais aussi au souci d’une pastorale « missionnaire », marquée par la visite des personnes et des communautés. « Par leur dimension spirituelle, les communautés chrétiennes apportent une proposition de sens et une vie en proximité avec tous » (p. 19) « Aujourd’hui, la mise en place de structures pastorales au service de la vie des communautés et de l’annonce de l’Évangile se déploie de manière heureuse et féconde lorsqu’elle est le fruit d’une collaboration étroite entre tous les fidèles : laïcs, prêtres et diacres, communautés religieuses. » (p. 29). Il nous semble important de pouvoir distribuer largement cette lettre dans le diocèse afin qu’elle soit lue et travaillée par les équipes de prêtres et diacres et par les équipes locales d’animation.

Une équipe se met actuellement en place dans notre diocèse pour préparer le rassemblement national Terres d’espérance d’avril 2020. Elle pourra travailler cette lettre avec différents acteurs du monde rural : infirmières libérales, agriculteurs, élus locaux, et être ainsi source de propositions. Dans l’année qui vient, et selon le souhait émis par le conseil presbytéral, un conseil diocésain de pastorale sera constitué. Pendant deux années, il consacrera l’essentiel de ces travaux à préciser concrètement comment notre Église peut être présente et agir au cœur des mutations de la ruralité.

Concernant la promotion d’un esprit synodal, nous nous sommes appuyés sur le discours du Pape François à l’occasion des 50 ans de l’institution du synode des évêques, un texte qui a fait évènement : « Le chemin de la synodalité est justement celui que Dieu attend de l’Église du 3ème millénaire ». Il s’agit de « marcher ensemble », idée facile à exprimer mais pas si simple à mettre en œuvre. Comment être renouvelés dans un esprit fraternel, missionnaire et synodal, à tous les niveaux de la vie du diocèse ? Nous ne partons pas de rien. La collaboration des équipes locales d’animation avec les prêtres et les diacres mérite d’être encouragée et dynamisée. La journée diocésaine du 12 octobre prochain : « Nos paroisses missionnaires, parlons-en ! » sera une journée de rencontre stimulante pour avancer davantage en ce sens.

La visite pastorale de notre évêque auprès des jeunes (collégiens, lycéens, étudiants et jeunes professionnels) est engagée. « Il te veut vivant ! » Cette citation du Pape François, dans l’exhortation Christus vivit, en est l’axe principal. Avec les rencontres de cet été (camps, écoles de prière, jeunes partis à Madagascar, etc.), la première phase « sur le terrain » est entamée. Elle va se poursuivre auprès des aumôneries de collèges et lycées, des groupes de scoutisme et d’ACE, des servants d’autel, des cinq collèges et cinq lycées de l’enseignement catholique. Monseigneur Bertrand ira visiter les uns et les autres, accompagnés de jeunes chrétiens du diocèse, avec le désir d’échanger avec le plus grand nombre. Une deuxième phase verra l’organisation de rencontres thématiques choisies par les jeunes eux-mêmes. Un rassemblement diocésain des jeunes sera le point d’orgue de la visite pastorale pour un envoi en mission festif. Des initiatives seront prises aussi à l’attention des jeunes qui s’interrogent sur une vocation spécifique, au sacerdoce ou à la vie consacrée.

Le service diocésain de la pastorale des familles mais aussi celui de la solidarité vont être remis sur pied. Cette session de rentrée nous a permis de repréciser ce qui est attendu de ces services et selon quelles modalités les reconstituer. Nous avons également évoqué la pastorale des funérailles, avec la nécessité de procéder à un état des lieux pour un meilleur accompagnement des laïcs, diacres et prêtres qui y sont impliqués.

D’autres sujets nous ont occupés comme la proposition de l’accompagnement spirituel dans le diocèse ou encore la volonté de nous informer sur le label « Église verte ». Des questions d’ordre matériel et immobilier, notamment l’avenir de l’aile Ouest de l’ancien grand séminaire, sont venues compléter cet ordre du jour déjà très dense.

Outre le travail et les thématiques abordées, ce conseil épiscopal de rentrée nous a permis de prendre davantage de temps ensemble et de grandir dans la connaissance réciproque, pour un meilleur service du diocèse.

P. François Durand