« Le monde dans lequel nous sommes appelés à proclamer l’Évangile n’est pas un lieu, mais une personne ». Ou plutôt deux : deux hommes. L’un est le « bon Samaritain », « l’Etranger » protagoniste de la parabole de l’Évangile selon saint Luc. L’autre est son « prochain » : la personne que l’Etranger s’arrête pour soigner. Tous deux nous décrivent profondément et nous avons quelque chose à apprendre d’eux : les blessures, la solitude, la souffrance et ses causes d’une part ; la sollicitude de se pencher pour en prendre soin, d’autre part »
Dans l’évangile de Luc, le premier visage de l’homme, descend de Jérusalem à Jéricho et tombe « victime des brigands. Être victime de violence, c’est ce qui nous caractérise presque tous aujourd’hui, alors que nous vivons dans un « macro monde » » ravagé par 32 guerres en cours. Une agressivité qui touche également le « micro monde » d’aujourd’hui , où les enfants et les jeunes sont de plus en plus souvent victimes de violences de la part de leurs camarades à l’école. Des brimades qui commencent par un langage agressif pour aboutir ensuite à l’homicide et au suicide…

L’autre figure emblématique de l’homme d’aujourd’hui est le bon Samaritain. Un Etranger, un inconnu, voire un ennemi, toujours traité avec méfiance et prudence. Le Christ, nous invite à apprendre de lui. Aujourd’hui nous sommes appelés à construire « un hôpital moderne » pour l’homme battu, à connaître toutes ses blessures, mais aussi à aller à son école à lui le samaritain, et à apprendre humblement de lui, en le laissant être notre maître. C’est à partir de cet homme, que nous comprenons ce qu’est la compassion : ce sont précisément la miséricorde et la charité qui peuvent être un lieu de rencontre entre l’Église et le monde…
Deux figures où Dieu nous appelle à proclamer l’évangile dans le monde. »
– Méditation du cardinal RYS, archevêque de Cracovie, au Consistoire des cardinaux en juin 2026