Historique de Notre Dame du BON ESPOIR / Notre Dame Cénaret
« On décida que la Madone protectrice serait élevée sur le pic de Cénaret qui domine tous les alentours, comme si du haut de cette éminence, elle devait être mieux à même de veiller sur les environs. Un beau socle de granit fut édifié et le 16 août 1868, on le surmonta d’une statue monumentale en fonte dont le poids est évalué entre huit et dix quintaux. Notre Dame de Cénaret se trouvait désormais chez elle. »
Ici, sur les hauteurs de Barjac, nous aimons appeler la Vierge : ND de CENARET. Tout en sachant que son vocable 1er est bien : ND de BON ESPOIR ! Ce n’est pas rien !
La préférence familière, ND de Cénaret qui s’est imposée dans l’histoire, ne gomme pas l’autre, ND de Bon Espoir, nous le savons bien. Peut-être, d’ailleurs, que comme pour Lourdes où Marie est l’Immaculée-Conception, c’est le message propre d’un lieu, que la dénomination souligne.
3 indices de cela me semblent présents dans le passage du Livre de l’Exode que nous avons entendu tout à l’heure.
- La montagne
- La nuée
- Le Nom de Dieu comme Il l’exprime là : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité »
Rien n’y manque !
La montagne
C’est à la fois, un lieu plus en hauteur, quelle qu’elle soit, comme ici. Le plus souvent ce lieu est bien choisi, la vue est dominante agréable. Le lieu est hospitalier… mais, car il y a un mais… ce peut être aussi un terrain qui n’est pas sans risques.
Avant nous d’autres sont montés ici, sur la hauteur moyenne de cette montagne. Pour s’y implanter, pour y vivre ! Ils y ont bâti leur maison, et mis en culture ici, et plus bas. Ils ont donné vie ! Ils avaient leurs qualités, leurs limites, leur ardeur, leur foi aussi.
La réalité du monde créé, beau, certes mais aussi rude et fragile, les a quelquefois alertés, secoués, et même mis en risque : un terrain qui glisse n’est pas sans risques multiples. Car glisser, n’est jamais sans risques… et peut toujours se répéter. Ils ont fait face, avec leur intelligence, les connaissances techniques d’un temps, mais aussi et encore avec, leur foi ! C’est intéressant : intelligence, connaissances géologiques pratiques, et foi !

La nuée
Et donc, un peu plus haut que leur lieu de vie ordinaire, un peu plus haut, que leurs habitudes, que leurs actes répétés une fois et une autre, ils ont posé deux choses, deux signes : un socle de pierre et les lignes élancées d’une statue, les mains tendues vers leurs maisons et le regard plein d’espoir tourné vers le ciel.
Dans l’Ecriture, le socle, la pierre, c’est Dieu ! Le créateur, comme un Père sur qui on peut solidement compter. C’est encore Jésus, le Christ, « pierre angulaire ». Ce qui n’est pas sans compter sur l’harmonie que crée L’Esprit.
Les mains sans replis, et le regard pur d’espoir, c’est Marie de Nazsareth. Marie devenant ici, Marie de Cénaret.
Un signe double, non pas dans les nuages, mais à hauteur de « Nuée ». Ce signe sûr de Dieu qui n’oublie pas, ne se désengage pas, ne fait jamais comme s’Il ne savait pas. Preuve en est Cénaret est toujours là, et nous sommes rassemblés !
Le nom de Dieu
Oui, depuis plus d’un siècle, chaque année, nous venons et nous revenons fidèlement pour remercier, certes, mais aussi pour apprendre à ne pas glisser dangereusement dans le courant de la vie.
Les occasions ne manquent pas de laisser « l’espoir » de côté, dans un monde armé, une société où les intérêts rendent électriques les relations, où les familles s’égratignent parfois.
Ici à Cénaret nous reprenons des forces pour ce qui rend stable. Stables ensemble. Parce que le Nom de Dieu-Trinité, Père, Fils et Esprit-Saint, nous est proposé là où nous en sommes, et nous est redonné en grâce avec des petits-noms qui ne bronchent pas. « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » ! C’est du solide, qui tient bon ! Que ce soit notre choix ! AMEN
– Homélie du Père Christian MICHEL,
Vicaire général du Diocèse de Mende