Église catholique en Lozère
21 août 2026 |

Pèlerinage à Notre-Dame de CENARET, le 31 mai 2026

Historique de Notre Dame du BON ESPOIR / Notre Dame Cénaret

« On décida que la Madone protectrice serait élevée sur le pic de Cénaret qui domine tous les alentours, comme si du haut de cette éminence, elle devait être mieux à même de veiller sur les environs. Un beau socle de granit fut édifié et le 16 août 1868, on le surmonta d’une statue monumentale en fonte dont le poids est évalué entre huit et dix quintaux. Notre Dame de Cénaret se trouvait désormais chez elle. »

Ici, sur les hauteurs de Barjac, nous aimons appeler la Vierge : ND de CENARET. Tout en sachant que son vocable 1er est bien : ND de BON ESPOIR ! Ce n’est pas rien !

La préférence familière, ND de Cénaret qui s’est imposée dans l’histoire, ne gomme pas l’autre, ND de Bon Espoir, nous le savons bien. Peut-être, d’ailleurs, que comme pour Lourdes où Marie est l’Immaculée-Conception, c’est le message propre d’un lieu, que la dénomination souligne.

3 indices de cela me semblent présents dans le passage du Livre de l’Exode que nous avons entendu tout à l’heure.

  • La montagne
  • La nuée
  • Le Nom de Dieu comme Il lexprime là : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein damour et de vérité »

Rien n’y manque !

La montagne

Cest à la fois, un lieu plus en hauteur, quelle quelle soit, comme ici. Le plus souvent ce lieu est bien choisi, la vue est dominante agréable. Le lieu est hospitalier… mais, car il y a un mais… ce peut être aussi un terrain qui nest pas sans risques.

Avant nous dautres sont montés ici, sur la hauteur moyenne de cette montagne. Pour sy implanter, pour y vivre ! Ils y ont bâti leur maison, et mis en culture ici, et plus bas. Ils ont donné vie ! Ils avaient leurs qualités, leurs limites, leur ardeur, leur foi aussi.

La réalité du monde créé, beau, certes mais aussi rude et fragile, les a quelquefois alertés, secoués, et même mis en risque : un terrain qui glisse nest pas sans risques multiples. Car glisser, nest jamais sans risques… et peut toujours se répéter.  Ils ont fait face, avec leur intelligence, les connaissances techniques dun temps, mais aussi et encore avec, leur foi ! Cest intéressant : intelligence, connaissances géologiques pratiques, et foi !

La nuée

Et donc, un peu plus haut que leur lieu de vie ordinaire, un peu plus haut, que leurs habitudes, que leurs actes répétés une fois et une autre, ils ont posé deux choses, deux signes : un socle de pierre et les lignes élancées dune statue, les mains tendues vers leurs maisons et le regard plein despoir tourné vers le ciel.

Dans lEcriture, le socle, la pierre, cest Dieu ! Le créateur, comme un Père sur qui on peut solidement compter. Cest encore Jésus, le Christ, « pierre angulaire ». Ce qui nest pas sans compter sur lharmonie que crée LEsprit.

Les mains sans replis, et le regard pur despoir, cest Marie de Nazsareth.  Marie devenant ici, Marie de Cénaret.

Un signe double, non pas dans les nuages, mais à hauteur de « Nuée ». Ce signe sûr de Dieu qui noublie pas, ne se désengage pas, ne fait jamais comme sIl ne savait pas. Preuve en est Cénaret est toujours là, et nous sommes rassemblés !

Le nom de Dieu

Oui, depuis plus d’un siècle, chaque année, nous venons et nous revenons fidèlement pour remercier, certes, mais aussi pour apprendre à ne pas glisser dangereusement dans le courant de la vie.

Les occasions ne manquent pas de laisser « l’espoir » de côté, dans un monde armé, une société où les intérêts rendent électriques les relations, où les familles s’égratignent parfois.

Ici à Cénaret nous reprenons des forces pour ce qui rend stable. Stables ensemble. Parce que le Nom de Dieu-Trinité, Père, Fils et Esprit-Saint, nous est proposé là où nous en sommes, et nous est redonné en grâce avec des petits-noms qui ne bronchent pas. « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » ! C’est du solide, qui tient bon ! Que ce soit notre choix !  AMEN

Homélie du Père Christian MICHEL,
Vicaire général du Diocèse de Mende