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Mgr Benoît Bertrand évoque les points forts de l’Assemblée plénière de cet automne 2019 dans une interview du service communication pour le diocèse

Nolwenn Bottou : Mgr Benoît Bertrand, vous avez participé à votre deuxième Assemblée plénière à Lourdes. Cette année, et pour la première fois, chaque évêque était invité à venir accompagné de deux laïcs. Le choix de ces personnes était basé sur leur implication dans la conversion écologique.

Mgr Bertrand : En effet, les deux premiers jours de l’Assemblée plénière ont été consacrés à l’urgence d’une conversion écologique intégrale. Je suis venu accompagné de Théophile Navecth, berger sur le Causse Méjean, et Christophe Ducrohet, professeur au lycée agricole Terre-Nouvelle. Cette rencontre avait des allures synodales de « joyeuse assemblée », où tout le monde était mélangé.

La première matinée, nous avons bénéficié de témoignages extrêmement forts qui ont provoqué une prise de conscience de l’urgence écologique. Nous avons notamment appris qu’entre 1998 et 2018, notre planète a dépensé autant d’énergie que toute celle consommée avant 1998 ! Par ailleurs, toutes les courbes sont exponentielles quant aux prévisions des experts. Cela aura des répercutions telles que l’augmentation de la température dépassera les 3°C prévus. Le déplacement des populations se fera en masse avec des risques de violences, etc.

Le Pape François a été précurseur d’une écologie intégrale avec son encyclique Laudato Si qui nous presse à vivre cette conversion intégrale au niveau environnemental, sociétal, social avec le souci porté aux pauvres. Les dimensions spirituelles, puisque tout est lié, sont aussi marquées par ce phénomène. Nous sommes des créatures. Dieu est notre créateur.

NB : Comment se sont déroulées ces deux premières journées ?

Mgr Bertrand : Ces deux jours sur le climat ont été très fraternels. Nous avons eu des témoignages et des interventions d’experts qui ont été suivis par des carrefours et des ateliers dans lesquels nous avons travaillé, évêques et laïcs. De nombreuses propositions ont été exprimées. Il faut maintenant que cela « mouline »… Il faudra aussi envisager de se former avec une théologie sur la création.

Pour notre diocèse, nous avons échangé sur cela en conseil épiscopal et nous continuerons d’y travailler. Théophile et Christophe viendront aussi apporter leurs témoignages. Nous communiquerons aussi par la presse.

NB : Quels autres sujets ont été traités lors de cette assemblée ?

Mgr Bertrand : Nous avons poursuivi le travail pour lutter contre la pédophilie dans l’Église. M. Jean-Marc Sauvé, président de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église), est intervenu pour donner son 1er rapport, devant les évêques et devant des victimes. Il y a eu 2800 appels, ce qui est très important…

Il est nécessaire que les personnes victimes se fassent connaître pour que justice et vérité soient faites, et permettre une reconstruction, un accompagnement, et qu’une reconnaissance se fasse. Les évêques sont prêts à offrir aux victimes une somme d’argent, unique et forfaitaire, pour dire concrètement qu’ils reconnaissent la souffrance et les blessures portées par les victimes.

Quatre groupes sont au travail :

  • un groupe pour la mémoire (création d’un lieu mémoriel) ;
  • un groupe pour la prévention ;
  • un groupe sur la somme d’argent à verser ;
  • un groupe pour l’accompagnement des auteurs d’abus, après qu’ils aient effectué leur peine.

Les évêques sont bien décidés à poursuivre la lutte contre ce fléau, à le regarder en face pour que ce travail de purification se fasse.
Gardons aussi à l’esprit qu’il s’agit d’un problème diffus dans la société d’aujourd’hui.

NB : Quels autres travaux avez-vous effectués le reste de la semaine ?

Mgr Bertrand : Nous avons procédé à toute une réflexion sur la formation des prêtres en lien avec la Ratio nationalis. La Ratio nationalis consiste en des repères pour la formation générale des séminaristes. Elle nécessite d’être inculturée par chaque pays. En France, trois points culminants sont dégagés :

  • la formation de pasteurs missionnaires ;
  • la formation humaine ;
  • la formation permanente des prêtres.

Par ailleurs, nous avons préparé la visite Ad limina en mars prochain, par groupes de 30 évêques. Cette rencontre avec le Pape sera un évènement ! Nous prierons sur les tombes des apôtres Pierre et Paul, nous irons aussi visiter les dicastères… Chaque évêque doit aussi préparer un rapport d’activité. Comme je viens d’arriver à Mende, je ne ferai qu’une note sur mes découvertes du diocèse.

Enfin, nous avons abordé d’autres questions : RCF, les comptes de la CEF et des diocèses. Cela a été aussi l’occasion pour les commissions de se réunir, et pour les évêques de se retrouver en Province.

L’Assemblée plénière s’est achevée avec Ancoli, le rassemblement des chanteurs en liturgie, qui a rassemblé 5000 choristes, donc une cinquantaine de Lozère. Il y a eu une veillée baptismale magnifique à la basilique Saint-Pie-X. La messe télévisée et le discours de clôture de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, ont été retransmis en direct sur France2 et KTO.