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Journée mondiale des lépreux avec l'association Raoul Follereau

65ème Journée mondiale des lépreux le 28 janvier 2018

65e Journée mondiale des lépreux

Communiqué de presse de la Fondation Raoul Follereau

Comme chaque année lors de la Journée Mondiale des Lépreux, la Fondation Raoul Follereau lance une campagne pour sensibiliser les Français à la lutte contre la lèpre. Au-delà de l’appel aux dons, ce moment est l’occasion pour elle de rappeler que, malgré sa disparition sous nos latitudes, cette maladie n’en continue pas moins à faire des ravages parmi les populations les plus pauvres de la planète. Pour cette 65e édition, l’objectif prioritaire est ainsi de faire comprendre l’importance du dépistage actif, afin de prévenir les invalidités. Cette fois encore, la Fondation soulignera l’importance de cette journée via une campagne d’affichage autour d’un message et d’un visuel soulignant l’inhumanité du handicap.

Une occasion de (re)découvrir la vie du Père Damien de Molokaï

On guérit de la lèpre, pas de ses conséquences

Chaque année, il devient plus difficile de mobiliser les générosités. En France la lèpre est considérée comme une maladie moyenâgeuse, éradiquée et donc invisible. Avec moins d’un cas pour 10 000 habitants, elle a même été déclarée éliminée en tant que problème de santé publique par l’OMS au début des années 2000. Une annonce prématurée qui, dans les pays touchés, a favorisé le recours quasi-systématique à un dépistage passif. Celui-ci oblige le malade à se rendre lui-même dans un dispensaire pour se faire soigner. Appartenant le plus souvent à une communauté isolée et coupée des systèmes de soins, ce dernier attend généralement d’avoir atteint un stade avancé de la maladie pour se déplacer. Or, si l’on sait soigner la lèpre, on oublie trop souvent qu’en s’attaquant aux nerfs, celle-ci entraîne des handicaps lourds (paralysies, amputations…), lorsqu’elle est détectée trop tard.

Résultat : 15 ans après la déclaration de l’OMS, on continue à observer une stagnation de la détection des nouveaux cas. En 2016, parmi ces cas, plus de 12 000 portaient déjà des infirmités visibles au dépistage. Ainsi, dans un pays où la lèpre est présente, le nombre d’anciens malades handicapés et qu’il faut prendre en charge est 10 à 20 fois supérieur à celui des cas dépistés dans l’année. Enfin, cette détection tardive accroît le risque de transmission au sein des communautés.

Mobilisations et actions se poursuivent !

Depuis plusieurs années, la Fondation Raoul Follereau œuvre pour faire reconnaître la nécessité du dépistage actif. Il s’agit d’aller à la rencontre des populations, dans les villages et au sein des communautés les plus exposées ou isolées, afin de détecter la lèpre, bien sûr, mais également d’autres pathologies de la peau. Partout où la Fondation a mis en place ce dispositif, le nombre de nouveaux cas de lèpre identifiés a augmenté.

Reste qu’après plusieurs années d’un dépistage passif, les compétences sur le terrain se sont diluées, pendant que les moyens dont disposaient les systèmes de santé nationaux se dégradaient. Aujourd’hui, il faut former les soignants, afin de leur permettre d’identifier la lèpre dès les premiers signes pour donner aux malades une chance de guérir sans séquelle. Il s’agit également de disposer de ressources logistiques suffisantes, telles que des véhicules adaptés pour se rendre auprès de ces populations, difficiles d’accès.

Un temps fort de communication pour convaincre et sensibiliser

Les 26, 27 et 28 janvier prochains, près de 15 000 quêteurs bénévoles parcourront la France pour solliciter la générosité des Français. Créée en 1954 par Raoul Follereau, pour qui toute forme d’exclusion était insupportable, la Journée Mondiale des Lépreux se veut aussi un temps fort de communication. Cette année, la Fondation a choisi de mettre en lumière l’importance du dépistage actif. Pour cela, elle lance une campagne de communication autour du visuel d’une prothèse tibiale, accompagné d’un message clair : « Si la lèpre est détectée trop tard, la vie du malade change. Pour toujours. »

Les dons récoltés lors de ce grand week-end permettront à la Fondation de poursuivre la lutte de son créateur, notamment au travers d’actions de prévention et de dépistage actif, mais aussi de soins, de rééducation et de réinsertion des malades guéris, mais lourdement handicapés. Enfin, une partie sera reversée à la recherche d’un vaccin, seule solution pour éradiquer définitivement la maladie.

Édito de Michel Récipon
Président du Directoire de la Fondation Raoul Follereau

En trois décennies, la polychimiothérapie (PCT) a permis à des millions de malades de la lèpre de guérir. Avec moins d’un cas pour 10 000 habitants, la maladie a même été déclarée éliminée en tant que problème de santé publique par l’OMS au début des années 2000. Mais alors, dans ces conditions, comment expliquer que la Fondation Raoul Follereau, tout comme ses homologues dans d’autres pays, continue de solliciter la générosité du grand public chaque année à l’occasion de la Journée Mondiale des Lépreux ?

Tout simplement parce que 15 ans après les déclarations de l’OMS, le nombre de nouveaux cas de personnes infectées par la lèpre et dépistées chaque année reste le même, soit plus de 200 000. Et, pour toutes ces personnes identifiées, combien ne le sont pas ? En outre, depuis plus de 15 ans, la pratique la plus courante a été le dépistage passif, qui consiste à attendre que les cas suspects viennent de leur propre initiative pour une consultation dans des services de santé. Par conséquence, un nombre considérable de malades se trouve à des stades avancés d’infirmité, avec un risque de transmission toujours plus grand. Car, si l’on connaît le traitement pour guérir de la lèpre, on oublie trop souvent de parler de ses conséquences, dramatiques et souvent irréversibles lorsque le malade n’est pas pris en charge suffisamment tôt. Infirmités, paralysies, amputations… En touchant les nerfs, la lèpre entraîne des handicaps lourds, qui atteignent les plus vulnérables, ceux qui n’ont pas accès au système de santé, quand ces derniers ne sont pas eux-mêmes fortement dégradés. La vie de ces personnes s’en trouve brisée, sur le plan professionnel, social comme familial ! Ainsi, dans un pays où la lèpre est présente, le nombre d’anciens malades handicapés qu’il faut prendre en charge est 10 à 20 fois supérieur à celui des cas de lèpre dépistés dans l’année.

À la Fondation Raoul Follereau, la lèpre est notre ennemie intime et celle de tous nos collaborateurs engagés sur le terrain (médecins, infirmières, prothésistes…), qui la combattent chaque jour avec courage et détermination.

Attendre sans rien faire un éventuel vaccin, c’est laisser la lèpre reconquérir ses territoires perdus. C’est, à plus ou moins longue échéance, la voir revenir dans des pays où on la croyait éliminée. S’occuper du présent, c’est s’occuper de notre avenir à tous. Favoriser le dépistage actif au sein même des communautés, former des personnels soignants à l’identification précoce de la maladie, mettre à la disposition des handicapés de la lèpre les moyens de se réintégrer dans la société : c’est notre engagement. Mais, bien sûr, cela a un coût !

Plus que jamais, nous avons besoin de la solidarité de ceux qui n’ont plus à souffrir de la lèpre. La Journée Mondiale des Lépreux est un moment clé pour éveiller les consciences, mettre en lumière les actions de ces femmes et de ces hommes qui s’engagent aux côtés des populations les plus touchées et faire connaître cette maladie, qui frappe l’Homme depuis la nuit des temps ! Oui, nous croyons qu’un monde sans lèpre est possible, mais nous avons besoin de toutes les générosités pour en faire une réalité.

Pour en savoir plus

https://www.raoul-follereau.org/index.php/actions/aider-les-lepreux-et-soutenir-des-programmes-de-sante/jml