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MgrJacolin

En conscience, citoyens !

Nous évêques, nous sommes vraiment nuls ! En effet, nous avons été incapables de dire pour qui – ou contre qui – voter au second tour de la présidentielle. Nous nous sommes contentés de rappeler certains principes essentiels tirés de l’Evangile. Manque de chance : ni l’un ni l’autre des deux candidats n’avait un programme qui honorait totalement ces principes incontournables ; alors chacun était renvoyé à sa conscience.

Naïvement, nous avions pris au sérieux les revendications, maintes fois exprimées par les catholiques et souvent à juste titre, pour qu’on les considère comme adultes capables de prendre par eux-mêmes leurs responsabilités, alors qu’au fond d’eux-mêmes ils attendaient qu’on leur dicte leur vote ! Mais non : en fait, chacun voulait que les évêques disent aux autres de voter comme lui !

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Alors que dire pour les élections législatives ? Eh bien, je ne peux que répéter : « Votez en conscience, citoyens ! »

Encore faut-il s’entendre sur l’expression « en conscience ». Il ne s’agit pas simplement de se fonder sur un ressenti plus ou moins superficiel, plus ou moins fluctuant ; encore moins sur un ressentiment qui ne peut qu’enténébrer la conscience.

Prenons le temps de nous laisser éclairer par ce que déclarent les Pères du Concile Vatican II :

Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera… Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale.

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Voici maintenant quelques éléments de réflexion à propos de ces élections législatives.

Le critère principal de discernement est le bien commun de tous nos concitoyens. Il s’agit d’élections nationales même si, pour favoriser la proximité des élus avec ses électeurs, le scrutin se fait par circonscription territoriale (l’ensemble de la Lozère pour ce qui nous concerne). Les députés ne sont donc pas des élus locaux : ils sont au service de l’intérêt général de la nation tout entière. Mais nul doute que chacun des candidats qui se présentent a cet objectif en vue !

Cependant, quel est aujourd’hui l’intérêt général de la France ? Il ne s’agit pas de rêver, mais de se déterminer en fonction de la situation actuelle de notre pays dans le contexte mondial. La priorité me semble être – je me prononce à titre personnel – de préparer les générations montantes à relever les défis de notre époque instable et de favoriser leur entrée dans le monde du travail.

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Ceci dit, bon vote ! Et n’oubliez pas qu’un moyen puissant de se mettre au service du bien commun de la France, c’est de prier pour elle !

+ François JACOLIN
Evêques de MENDE